La suspension de Sonko est un acte de lâche, c’est du gangstérisme

birame-waltako-ndiayeOusmane Sonko est suspendu, nous dit-on pour avoir violé son devoir de réserve, pour avoir révélé des secrets professionnels. Encore du droit qui nous est servi comme mode et mécanisme de protection des magouilles estampillées « underground », comme système de défense et de couverture de la razzia sur les ressources publiques. Reflexe de brigand coincé qui invoque ses droits à une justice conforme. Ousmane Sonko n’est pas en cause dans le bordel administratif homologué. Saturé, désarmé et révolté devant tant de trafic, tant de perte et tant de pillage sur les deniers publics, il s’est braqué.

Pas besoin d’épiloguer sur ces notions abstraites et imprécises de devoir de réserve, son sens et ses limites ; cette fois-ci, c’est le degré de saturation citoyenne devant l’injustice qui a franchi un nouveau cap. Les lois et les règles n’y feront rien, Ousmane Sonko n’en pouvait plus de se taire et de ravaler ses souffrances et ses frustrations nées d’une part du choc entre des convictions ou croyances qui honorent et d’autre part de l’appel haïssable à faire comme presque tout le monde : s’empiffrer, s’exécuter et s’asservir.

Il se peut qu’il ait outrepassé les prescriptions couchées sur des feuilles législatives ; ce débat peut être lancé en pâture pour assouvir les passionnés juristes. En voilà des techniques juridiques de musèlement d’indomptables fonctionnaires qui ne résistent pas à la gravité des accusations et à l’urgence signalée de redressement dans les pratiques courantes de la bande des détrousseurs. Violation du devoir de réserve, dites-vous? Macky Sall et Amadou Ba et leurs courtiers ont entamé, cette fois-ci, la dernière réserve de crédibilité, des attentes de rupture et de gouvernance sobre et vertueux.

Si c’est pour donner une leçon à tous ceux qui sont tentés de dénoncés les petites et les grandes magouilles opérées sur le dos courbé de misère des paysans et autres déshérités, Macky Sall et ses ouailles ne peuvent plus prétendre représenter les leaders justes et efficaces dont le Sénégal a tant besoin. Si c’est pour mettre de l’ordre dans le fonctionnement de l’administration, ils se trompent de cible par mollesse, par carence et par mépris des sénégalais. L’inspecteur des impôts et domaines, Ousmane Sonko aurait pu s’engoncer dans son titre prometteur, monnayer son silence coupable, rançonner et rejeter les roturiers. Tout à son honneur, il s’est illustré droit dans ses bottes et digne dans son rôle d’acteur public.

En attendant le temps qui passe, les contremaitres du système de prédation qui l’ont cloué au pilori se disent : dans quelques mois, les sénégalais passeront à autre chose, et M. Sonko sera perdu à jamais. Faux! Ils n’ont pas encore compris que les temps ont changé, que le génie sénégalais est attentif dorénavant aux sacrifices sentis et consentis en sa faveur. Si Macky Sall n’était pas démis de ses fonctions de président de l’Assemblée Nationale, légalement somme toute, il ne serait certainement pas devenu président de la République. Bande de brigands, vous qui avez suspendu Ousmane Sonko pour avoir tiré sur la sonnette d’alarme, vous le payerez dans le déshonneur total.

Ainsi soit-il!

Birame Waltako Ndiaye

waltacko@gmail.com

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