La violence contre les femmes: une lutte sans merci ! par Dr. Pierrette Herzberger-Fofana

17. Africafestival 2005Les Nations Unies ont décrété le 25 novembre Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, à la suite de l’assassinat des sœurs Mirabal qui sont trois activistes dont l’exécution a été ordonnée par l’ancien dictateur de la République dominicaine.

La violence contre les femmes est l’une des violations des droits humains les plus répandues dans le monde. Elle touche toutes les couches de toutes les sociétés, qu’elles soient occidentales, orientales, africaines, d’essence judéo–chrétienne, musulmane ou autre.

Environ 70% des femmes en sont victimes. Selon les statistiques de L’ONU, une femme sur trois peut faire l’objet d’un acte de violence au cours de sa vie. Que de fois, lorsqu’un homme bat une femme, on entend dire «oui, mais c’est sa femme ». Comme si cela justifiait un tel délit!

Toujours selon les statistiques de l’ONU, plus de 500 millions de femmes vivent dans des pays où la violence conjugale n’est pas pénalisée. Certes, de nombreux progrès ont été accomplis au cours des deux dernières décennies. Ainsi, aujourd’hui 125 des 193 pays membres de l’ONU pénalisent la violence conjugale. Toutefois, il faut noter que, même si la plupart d’entre eux condamnent la pratique de l’excision, les mutilations génitales féminines (MGF) ne sont toujours pas abolies dans les 28 pays d’Afrique concernés et en Indonésie où elles se font encore.

Actuellement, les pays occidentaux font face à de sérieux problèmes de pornographie juvénile, infantile et de séquestration de femmes, ou trafic de femmes pour l’industrie du sexe. Ces nouvelles formes de violence prennent de l’ampleur. Chaque année, au moins deux millions de femmes et de filles sont victimes de la traite des personnes à des fins

de prostitution, ou de servitude. Le cas de violence à l’encontre des domestiques dans les familles nanties est bien souvent synonyme d’esclavage moderne. Qu’elle soit féminine ou masculine, la violence est inacceptable.

La campagne mondiale pour la prévention de la violence (2012-2020), initiée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), met en exergue les conséquences économiques d’un tel délit pour les pays. En effet, il occasionne des frais de soins de santé et des pertes de productivité qui font peser des charges énormes sur les budgets des pays.

La violence se manifeste sous diverses formes, notamment l’infanticide des filles dans les pays qui marquent une préférence pour la naissance de garçons. Les mariages précoces ou forcés, les actes de pédophilie sur de jeunes mineures, les viols collectifs en période de guerre, le repassage des seins, le gavage des filles, les disques labiaux, les femmes-girafe, les mutilations génitales féminines, les crimes « d’honneur» et autres formes de violence et pratiques discriminatoires perpétrées contre les femmes font régulièrement la une de l’actualité mondiale.

En 2010, le Conseil de sécurité a déclaré que la violence sexuelle en période de conflit est un crime de guerre ou crime contre l’humanité. D’importants progrès ont été accomplis dans la prévention et la récurrence de tels crimes, au Congo, par exemple, où la collaboration entre la Confédération Syndicale Internationale et les mouvements féminins locaux a permis de mener une campagne qui a abouti à l’adoption d’une loi pénalisant la violence contre les femmes qui prévoit une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 5 ans. Toutefois, de nombreux viols collectifs ont encore lieu dans les zones de guerre.

La “Conférence Mondiale des Femmes de la Confédération Syndicale Internationale ”, réunie à Dakar du 19 au 21 novembre 2013, a consacré un volet à la violence sexiste au travail, car le harcèlement sexuel a de lourdes conséquences non seulement sur l’économie d’un pays, mais aussi sur le devenir des femmes.

La Convention Européenne pour prévenir et combattre la violence à l’encontre des femmes, signée en mai 2013 à Istanbul, s’est fixé des objectifs précis en matière de prévention, de protection des victimes et de poursuite judiciaire des auteurs.

Parmi les mesures positives, notons qu’au Sénégal la mise en œuvre de la Loi sur la Parité a permis à plusieurs femmes d’accéder à des postes de décision. Par exemple, une femme a été nommée à la tête de la police nationale. On ne peut que se réjouir d’une telle promotion qui donne espoir à toutes celles qui font du travail leur devise.

Presque partout dans le monde, les nouvelles législations en faveur de la protection des femmes se heurtent cependant au problème crucial du manque de ressources financières pour la mise en œuvre des lois qui peuvent favoriser l’épanouissement des femmes.

drpherzbergerfofana@gmail.com

Dr.Pierrette Herzberger-Fofana.  Journée internationale pour l’élimination de la violence envers les femmes

In the Spotlight

Boris Johnson rétablit le subventionnement d’Al-Qaïda via le CSSF

by Seutou Lat Dior in A LA UNE 0

Le ministère britannique des Affaires étrangères a discrètement rétablit le subventionnement d’Adam Smith International (ASI), interrompu depuis deux mois. En décembre 2017, l’émission Panorama (BBC) avait montré qu’ASI, soutenu par le gouvernement de Sa Majesté pour former [...]

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*