L’affaire Gbagbo/Goudé, est-ce l’échec ou l’honneur de la CPI?

La CPI se fait-elle l’écho d’intérêts occidentaux? La critique est récurrente, et historique, dans la bouche de beaucoup d’Africains. Qu’elle condamne ou qu’elle acquitte, la juridiction de La Haye est toujours accusée de servir un sombre programme politique anti-africain. Illustration avec les derniers rebondissements de l’affaire Gbagbo.

«Procureur contre Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé»: jamais l’affaire de l’ex-Président ivoirien et de son ancien bras droit n’a mieux porté son nom, qui apparaît en haut de tous les documents de ce procès tenu devant la Cour Pénale Internationale (CPI).

Après l’acquittement des prévenus, mardi 15 janvier, et la contestation de leur libération immédiate par le procureur, peu après, la 1re Chambre n’a pas ménagé ses mots à l’encontre de l’Accusation, le lendemain, en estimant ses preuves «exceptionnellement faibles». Quelques heures plus tard, et alors que la libération des deux anciens coaccusés semblait acquise, le bureau du procureur revient à «la charge» et fait appel du refus de maintien en détention.

Dès le 15 janvier, le porte-parole de la juridiction internationale avait souligné à Sputnik que la décision de rendre leur liberté aux anciens coaccusés pouvait faire l’objet d’un appel. L’hypothèse la plus probable voulait alors que l’appel soit interjeté, plutôt, par la défense. Peu d’observateurs pariaient que la Cour enfoncerait le clou, mercredi 16, en déboutant le bureau du procureur. Vendredi 18 janvier, nouveau coup de théâtre, avec l’acceptation du recours de l’Accusation par la Chambre d’appel. Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé demeurent en détention, au moins jusqu’au mois de février.

L’incompréhension des partisans de l’ancien Président n’avait d’égal, ce vendredi, que leurs cris à «l’acharnement» du procureur, présumément téléguidé par l’actuel président ivoirien, Alassane Ouattara, par l’intermédiaire de la France. Une théorie se basant sur un rôle controversé joué par la France dans la crise post-électorale de 2010-2011 en Côte d’Ivoire. L’ancien Président ghanéen s’en faisait écho, mardi 15 janvier, en regrettant que «huit ans de la vie [de Gbagbo] aient été gâchés par les machinations de la France et de Sarkozy».

fr.sputniknews.com

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*