L’Afrique n’est ni un désert médical, ni un no man’s land scientifique »

Le Chef de l’Etat a présidé, hier, l’ouverture du Forum et du Prix Galien international. Selon Macky Sall, si les questions de santé publique continuent encore de se poser avec acuité dans les pays africains, il faut, en même temps, rappeler que l’Afrique n’est ni un désert médical, ni un no man’s land scientifique. Il a regretté le fait que malgré les formidables progrès de la science médicale et pharmaceutique, des millions de personnes continuent de souffrir et de mourir de maladies évitables, guérissables ou contrôlables, faute d’accès aux médicaments et aux soins.

 Instauré depuis 1970, le Prix Galien international, à l’instar du Prix Nobel, récompense chaque année des chercheurs dont les réalisations contribuent à améliorer la condition humaine grâce au développement de traitements innovants. Cette année, notre pays l’accueille pour la première fois en Afrique, après son lancement en 2009 à New York. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Chef de l’Etat, Macky Sall qui estime que le forum Galien offre une plateforme d’échanges scientifiques de haut niveau sur des questions d’intérêt commun liées à la santé. « A travers les âges, la santé a toujours été un souci permanent des sociétés humaines. Ce souci est encore plus manifeste en ces temps où, par l’accroissement considérable du volume et de la vitesse des échanges, les maladies se transportent et se transmettent d’un point à un autre du globe en seulement quelques heures. Toute menace locale est potentiellement globale et appelle, en conséquence, une collaboration au-delà des frontières », soutient le Chef de l’Etat.

Selon Macky Sall, l’acceptation s’inscrit dans l’esprit d’excellence attaché au Prix et au Forum Galien qui contribue à élargir le cercle vertueux du savoir en Afrique. « De tout temps, c’est le savoir qui détermine le progrès de la science, qui démarque les Nations qui avancent de celles qui stagnent. Et c’est le savoir qui valorise le capital humain », martèle-t-il. Et de renchérir : « Nous voulons former des ressources humaines de qualité, lutter contre les inégalités sociales et territoriales, et offrir à nos populations un meilleur accès aux soins. Le renforcement des filières scientifiques dans notre système éducatif, la promotion de l’apprentissage aux métiers par la formation technique et professionnelle, les programmes de Bourses de Sécurité familiale et de Couverture Maladie Universelle s’inscrivent dans cette dynamique ».

Le Chef de l’Etat est d’avis que si les questions de santé publique continuent encore de se poser avec acuité dans les pays africains, il faut, en même temps, rappeler que l’Afrique n’est ni un désert médical, ni un no man’s land scientifique. « Ici même au Sénégal, la tradition d’enseignement et de recherche universitaires dans la médecine moderne remonte déjà à l’époque coloniale, avec la création, en 1896 à Saint-Louis, d’un laboratoire de microbiologie de recherche sur le paludisme et la maladie du sommeil. Ce laboratoire sera ensuite transféré à Dakar en 1913, pour devenir l’Institut Pasteur de Dakar, un établissement répondant aux meilleurs standards en matière d’analyse, de formation, de recherche, mais aussi de production et de distribution de vaccins. Et en 1915 fut créée l’Ecole africaine de Médecine et de Pharmacie de Dakar, devenue, en 1959 l’Université de Dakar, aujourd’hui Université Cheikh Anta Diop », tient-il à rappeler. Sur cette liste, il y ajoute l’inauguration en juillet 2017, à Diamniadio, de l’Institut de recherche en santé, de surveillance épidémiologique et de la formation, créé par le Pr Souleymane Mboup, dont l’expertise dans l’enseignement et la recherche fait autorité avec la découverte du VIH2.

« De plus, j’ai engagé un programme élargi de construction et d’équipement de cent laboratoires et de mise en place de plateformes mutualisées d’équipements en microscopie électronique, biotechnologie, génétique moléculaire, calcul scientifique et modélisation. Certaines de ces infrastructures sont en cours de réalisation ici même, dans la Cité du savoir de la nouvelle ville de Diamniadio. Et mon ambition est de faire encore beaucoup plus pour stimuler le progrès de la science et de la technologie au Sénégal », renseigne-t-il.

« L’accès aux médicaments et aux soins reste un véritable défi »

Cependant, Macky Sall fait noter que malgré les formidables progrès de la science médicale et pharmaceutique, des millions de personnes continuent de souffrir et de mourir de maladies évitables, guérissables ou contrôlables, faute d’accès aux médicaments et aux soins. « Ce paradoxe des temps modernes explique tout le débat éthique lié à la protection abusive des brevets, au-delà des standards internationaux admis par l’Organisation Mondiale du Commerce. L’on sait que cette protection excessive continue de créer une situation de quasi-monopole qui renchérit les prix des médicaments et freine la fabrication de produits génériques sûrs, à des coûts plus abordables pour le plus grand nombre », regrette-t-il. Pour ce fléau, il y ajoute la contrefaçon et la vente illicite de médicaments. « En Afrique, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), près de 100 000 décès par an sont liés au commerce de médicaments contrefaits.

Seule une coopération internationale efficace peut aider à faire face aux multiples ramifications de ce trafic criminel. Ainsi, en collaboration avec 18 pays africains, l’Organisation mondiale des Douanes a intercepté près de 260 millions de médicaments impropres à la consommation en juin 2017 », informe le Chef de l’Etat.

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