L’AFRIQUE, zone de croissance et de richesses 2014 vœux pour le Sénégal !

«Nous avons décidé d’accélérer la marche de notre pays vers une économie émergente, une société solidaire et inclusive, dans un Etat de droit, avec une Administration rénovée.» (Aminata Touré)Mme Aminata Mimi Touré Premier Ministre

L’année 2013 vit ses derniers instants. Ponctuée de joies, de doutes, d’humeurs et d’espoirs, elle aura connu, comme de coutume, des hauts et des bas. Sorti d’une année 2012 plus qu’éprouvante, avec les soubresauts politico-sociaux ayant conduit à la chute de Me Abdoulaye Wade le 25 mars 2012, l’Homo senegalensis n’a pas cru devoir accorder un état de grâce au nouveau «maitre du jeu» Macky Sall. Normal, devrait-on dire.

Car, tout était urgence. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que le Premier ministre Abdoul Mbaye a été limogé pour «insuffisance de résultats», le 1er septembre 2013. Pour l’avoir très tôt compris, son successeur à la Primature a clamé, dès sa nomination, qu’elle comptait placer son action sous le signe de «l’accélération des réformes». Aminata Touré a donc la lourde charge de secouer le cocotier pour «faire rêver» nos compatriotes. Toutefois, elle avait profité de sa Déclaration de politique générale pour refréner les ardeurs de ceux qui pensaient, peut-être à tort, que les choses allaient bouger très vite. «Les changements attendus sont entamés dans un environnement international et national particulier. Les effets de la crise économique et financière continuent d’affecter l’économie mondiale. Certains de nos partenaires stratégiques historiques sont en difficulté.
Aussi, nous avons décidé d’accélérer la marche de notre pays vers une économie émergente, une société solidaire et inclusive, dans un Etat de droit, avec une Administration de missions rénovée. C’est pour dire que, malgré nos nombreux défis, l’Afrique et le Sénégal sont des zones de croissance économique et de création de richesses», avait-elle averti.

«L’Afrique, notre avenir»

Comme pour venir en écho aux propos de Mme Aminata Touré, un groupe de travail du Sénat français publie, le 30 octobre 2013, un rapport choc sur «la présence française dans une Afrique convoitée». C’était à quelques semaines du Sommet de l’Élysée pour la paix et la sécurité en Afrique. Tenu les 6 et 7 décembre 2013 à Paris, il fut un événement historique qui témoigne de l’évolution politique des relations de la France avec les pays africains. Adopté à l’unanimité par la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat, le rapport de Jean-Marie Bockel et Jeanny Lorgeoux souligne le paradoxe d’une France qui, après avoir entretenu des relations multiséculaires avec l’Afrique, s’est vue coiffée au poteau par les Chinois, les Indiens, les Brésiliens, les Américains, les Marocains et les Turcs. En somme, l’intervention au Mali ne doit pas faire illusion, alors qu’une partie de l’Afrique subsaharienne connaît une croissance et une transformation sans précédent, et que l’autre sombre dans le sous-développement. Mieux, une Afrique de 2 milliards d’habitants, à 14 km du sud de l’Europe avec autant d’opportunités et de risques, devrait être une préoccupation centrale. Aussi, le rapport définit 10 priorités et 70 mesures pour relancer les relations de la France avec les pays africains dans un partenariat d’égal à égal, fondé sur des intérêts communs. Parmi les 70 propositions figurent un Livre blanc sur l’Afrique, la création d’un ministère de la Coopération internationale de plein exercice, une meilleure association de l’Agence française de développement (Afd) à la défense des intérêts français…

«Djotodia n’a rien pu faire»

Compte tenu des enjeux de sécurité, le rapport souligne la nécessité de donner une dimension africaine à la présence militaire française de manière à accompagner les efforts de l’Afrique pour assurer sa propre sécurité. D’ailleurs, les deux sénateurs insistent sur la nécessité de conserver les huit points d’appui militaire en Afrique (Abidjan, Dakar, la zone – à savoir Mali, Niger et Burkina Faso -, Libreville, Ndjamena, Bangui, Djibouti et La Réunion). Le groupe de travail appelle aussi à une réflexion donnant lieu à l’écriture d’un livre blanc pour redéfinir la position stratégique de la France en Afrique. Considérant qu’une partie importante de l’avenir de la France est en Afrique, les sénateurs souhaitent, à travers ces propositions, relancer les relations de la France avec les pays africains fondées sur des intérêts communs dans un partenariat rénové. Un électrochoc voulu par les sénateurs pour pointer le “manque de stratégie à long-terme” de la France et mettre sur la table des propositions pour y remédier et tenter de contrer l’influence de Pékin et de Washington sur le continent.

Au fil des dix mois de recherches et d’entretiens à Paris, Addis-Abeba, Pretoria et Johannesburg notamment, les sénateurs ont acquis la certitude que “la politique africaine de la France a évolué moins vite que l’Afrique elle-même”. Convaincu que «Michel Djotodia n’a rien pu faire», François Hollande a déclenché, sous les auspices de l’Onu, l’opération Sangaris qui se complique, au fil des jours, avec les accusations dont fait l’objet l’armée française. Pis, les soldats tchadiens de la Misca sont vivement critiqués par les forces d’autodéfense chrétiennes.

«Ni atlantisme, ni fédéralisme»

C’est dans un tel contexte qu’un ancien ministre français des Affaires étrangères enfonçait le clou dans un autre rapport. Hubert Védrine, puisque c’est de lui qu’il s’agit, préconise que la France développe sa propre politique étrangère vis à vis des pays africains. En effet, il constate que la France, malgré une baisse d’influence sur la scène internationale, n’en est pas mois perçue comme «un pays arrogant». L’ancien ministre souligne le retour permanent, dans les discours, à cette “vocation universelle” qu’aurait la France dans la propagation des valeurs de la démocratie.

Il préconise donc un changement de “ton” qui concerne directement les diplomates, mais aussi les hommes politiques, les journalistes, les intellectuels et ou les gens de culture. De manière générale, Hubert Védrine propose de renoncer à l’idée de “diplomatie transformationnelle”, c’est-à-dire d’une diplomatie qui agit de l’extérieur pour transformer en démocratie des régimes non-démocratiques. Après les “mésaventures” irakiennes des Etats-Unis, il se prononce pour plus de prudence. Il faut, selon lui, traiter la démocratisation “comme un processus souhaitable, mais périlleux et non comme une conversion aisée”. Cela passera par la prise en compte de sociétés hétérogènes, dans lesquelles la tenue d’élections ne suffit pas à implanter la vraie démocratie. Dans le domaine culturel aussi, les «experts» français tirent la sonnette d’alarme sur les difficultés que rencontre la Francophonie malgré une dynamique démographique favorable. Non sans prôner un assouplissement des conditions d’entrée et de séjour en France. C’est, sans doute, le sens de la proposition de créer une université à Dakar, à l’image de Paris-Sorbonne-Abou Dhabi, pour booster l’enseignement supérieur numérique à distance.

Papa Souleymane KANDJI

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*