L’allemand, le russe et l’italien supprimés au collège : Haro sur une réforme

edu_smt_1Dans le cadre de la promotion de l’enseignement des mathématiques, des sciences et de la technologie, les langues vivantes que sont l’allemand, le Russe et l’Italien ne sont plus enseignées en classe de quatrième à compter de l’année scolaire 2016/2017 et ne seront non plus enseignées en troisième à compter de l’année scolaire 2017/2018.

La Note de service du ministère de l’Éducation nationale aux inspecteurs d’académie fait l’objet d’une controverse auprès des acteurs du système. Les syndicats d’enseignant parlent d’une réforme impopulaire et lourde de conséquences, pendant que les parents d’élèves ruent dans les brancards, dénonçant une réforme impréparée.

En attendant l’entrée en vigueur d’une telle réforme sur les langues au niveau des Collèges d’enseignement moyen (CEM), les syndicats d’enseignants attendent une réponse de leur ministre de tutelle sur la pertinence d’une telle mesure.

REACTIONS… REACTIONS… REACTIONS..

MAMADOU LAMINE DIANTE, COORDINATEUR DU GCSE : «Nous y voyons une politique de rationalisation du personnel enseignant»
«La promotion de l’enseignement des mathématiques, des sciences et de la technologie ne peut nullement justifier la suppression des langues vivantes, notamment l’Allemand, le Russe et l’Italien dans les enseignements. C’est un prétexte trop léger. C’est une décision scélérate. Nous y voyons une politique de rationalisation du personnel enseignant. Alors, que faire des départements mis en place dans les universités publiques pour permettre aux nouveaux bacheliers d’approfondir leurs connaissances dans une des langues ? L’introduction de ces langues est le fruit d’une coopération entre le Sénégal et ces pays. Ces derniers ont toujours été des partenaires techniques et financiers du Sénégal dans le cadre du pilotage du système éducatif. Cette réforme a bafoué le droit de l’enfant de choisir ces langues. C’est du n’importe quoi. Il faut redimensionner le programme dans le moyen. Le pilotage du système éducatif par Serigne Mbaye Thiam répond à un autre agenda que celui voulu par la communauté éducative. Il fait des calculs d’épicier».

OUMAR WALY ZOUMAROU, SELS/O : «Il faut des mesures d’accompagnement pour une telle décision»
«C’est une décision que nous déplorons et dénonçons. Des gens ont été formés pour enseigner ces langues. Cette suppression n’existe dans un aucun pays du monde; même les langues en voie de disparition sont dispensées. Arrêter l’enseignement de ces langues est une faute lourde de conséquences, d’autant plus que les élèves n’ont plus cette opportunité d’obtenir des bourses d’étude dans ces pays. C’est une mesure impopulaire qui ne peut booster les enseignements des mathématiques, des sciences et de la technologie. Pour la promotion des sciences, il faut des mesures d’accompagnement. Les écoles doivent être équipées en matériels de laboratoires».

ABDOU FATY DU FUSE : «Nous déplorons l’absence de dialogue pour cette réforme»
«Il doit y’avoir de la concertation dans ces genres de mesure. Nous déplorons l’absence de dialogue pour cette réforme. La suppression de ces langues n’a rien à avoir avec la promotion de l’enseignement des mathématiques, des sciences et de la technologie. L’enseignement des sciences répond à des exigences, notamment des matériels didactiques scientifiques, des laboratoires. Nous allons interpeller le ministre demain (aujourd’hui, ndlr) sur la pertinence d’une telle mesure».

ABDOULAYE FANE, PRESIDENT DE L’UNAPESS : «Il faut penser à la reconversion de ces enseignants»
«Nous sommes surpris par cette décision inopportune du ministère de l’Education. C’est de l’impréparation. C’est une réforme qui demande de la réforme, car il faut penser à la reconversion de ces enseignants. Toutes les langues constituent une richesse pour notre enseignement. Nous le regrettons fortement».

Sud Quotidien

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