L’Allemand Martin Kobler déchargé du dossier libyen : les dessous d’un limogeage

L’Allemand Martin Kobler, le Représentant spécial des Nations unies pour la Libye, n’aura pas tenu longtemps. Le nouveau Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, vient de le remplacer au pied levé par le Palestinien Salam Fayyad. La décision du successeur de Ban Ki-moon ne constitue par vraiment une surprise dans la mesure où Martin Kobler a échoué à mettre en œuvre l’accord signé par les parties libyennes à Skhirat en décembre 2015. Mais ce n’est pas tout.

L’Allemand est également perçu en Libye comme un obstacle à la paix. Il est rejeté notamment par la chambre des représentants dans l’est de la Libye, qui le considère comme étant trop aligné sur les positions des Frères musulmans libyens. Dans un récent entretien accordé à la presse, le maréchal Khalifa Haftar l’avait même qualifié de «diable» et insisté sur le fait que «Martin Kobler n’est pas aimé par les Libyens». L’ancien officier supérieur de l’armée de Mouammar Kadhafi a également affirmé que «discuter avec l’Envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU était une pure perte de temps».

Antonio Guterres n’avait donc d’autre alternative que de chercher un successeur à Martin Kobler qui ne faisait plus l’unanimité parmi les différents belligérants libyens. La décision de M. Guterres intervient 24 heures après le discours prononcé par Martin Kobler devant l’Assemblée générale des Nations unies, un discours annonçant que les discussions avancent sur un nouveau gouvernement d’unité libyen.

L’ex-représentant spécial du Secrétaire général et chef de la Mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul), Martin Kobler, avait évoqué également un possible amendement de l’accord politique libyen (LPL) qui pourrait intervenir dans les prochaines semaines. L’année «2017 doit être l’année des décisions sur d’éventuels amendements de l’accord politique libyen permettant à la chambre des représentants d’entériner le Gouvernement d’unité nationale», avait-il déclaré au cours d’un briefing au Conseil de sécurité sur la situation en Libye.

En choisissant Salam Fayyad pour poursuivre les efforts de paix de l’ONU en Libye, le nouveau Secrétaire général de l’ONU a fait un choix de raison. L’ancien Premier ministre de l’Autorité palestinien dispose, sans aucun doute, de plus de chances de réussir là où Martin Kobler a échoué. Il connaît évidemment mieux la culture des Libyens et la «grammaire» de la géopolitique maghrébine. Salem Fayyad part également avec l’avantage d’être respecté et apprécié par tout le monde.

Comme chef de la Mission des Nations unies en Libye (Minul), Salam Fayyad hérite donc d’une des crises les plus complexes en Afrique. Les principales forces politiques n’arrivent toujours pas à s’accorder pour gouverner un pays plongé dans une grave crise depuis l’assassinat de Mouammar Kadhafi en 2011 et qui peine à se débarrasser des groupes terroristes Daech et Al-Qaïda.

Premier ministre de l’Autorité palestinienne de 2007 à 2012, Salam Fayyad a, rappelle-t-on, également travaillé pour le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale (BM). Réputé homme d’affaires, il est apprécié par les Etats-Unis qui le décrivent comme une figure de la lutte contre la corruption et les malversations dans son pays.

Khider Cherif

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