LAMPEDUZA – Naufrage ce lundi de 400 immigrants subsahariens : Le drame emporte des Sénégalais

Le drame se noue chaque jour à Lampedusa. Profitant du chaos qui règne en Lybie, les migrants clandestins tentent toujours de rallier l’Eldorado européen par tous les moyens. Hier, une embarcation a trahi plus de 400 personnes et provoqué 36 morts, 42 portés disparus et 52 rescapés. Dans ce lot, on cite beaucoup de Sénégalais dont une femme enceinte.

Le dernier drame, qui s’est produit il y a une semaine, n’a été rapporté que ce dimanche par la marine libyenne. Originaires d’Afrique de l’Ouest pour la grande majorité, les victimes dont une grande part de Sénégalais ont fait naufrage à quatre kilomètres au large des côtes méditerranéennes à l’est de Tripoli. On dénombre 36 morts, 42 portés disparus et 52 rescapés des eaux, selon la marine libyenne. Ce lundi, ce sont 400 migrants qui ont fait naufrage entre cette même Libye et l’île italienne de Lampedusa.

Ce drame jette la lumière sur les risques que plusieurs Subsaha­riens prennent pour tenter de rallier l’Eldorado européen. Le colonel Ayoub Kassem, porte-parole de la marine libyenne, a rapporté à l’Agence France presse que la coque endommagée de l’embarcation a cédé au poids du nombre de ses passagers. Ce qui scella le sort bref de la tentative de traversée.

Faisant écho à ce nouveau naufrage, la marine italienne a annoncé ce lundi avoir sauvé 200 migrants d’un naufrage qui s’est produit le même jour à 11 heures au sud de l’île de Lampedusa.

En raison d’une météo clémente et de la situation anarchique régnant en Libye, les départs depuis les côtes de ce pays se sont multipliés ces dernières semaines. Depuis le début de l’année, près de 22 000 migrants et réfugiés sont arrivés par bateau sur les côtes italiennes, soit dix fois plus que sur la même période de 2013, selon Rome.

Quelque 20 000 immigrés sont morts noyés dans les vingt dernières années en Méditerranée, selon des organisations humanitaires. Cette situation de non-retour a autorisé le ministre libyen de l’Intérieur par intérim, Saleh Mazek, à demander de «faciliter» le transit des clandestins vers l’Europe si l’Union européenne (Ue) n’aidait pas la Libye à lutter contre ce fléau.

Toutefois, son gouvernement a tenté dimanche d’atténuer par un communiqué les propos de son ministre, affirmant sa volonté de lutter contre l’immigration clandestine et de «continuer à collaborer avec tous les pays concernés en particulier l’Italie pour limiter l’affluence des migrants».

Le gouvernement a souligné qu’il respectait tous les traités et accords internationaux ou bilatéraux dans le domaine de la lutte contre l’immigration clandestine. Pour Boubacar Sèye, président de l’Ong Horizons sans frontières, cette limitation de l’affluence ne répond pas au problème. Il prône le droit à l’immigration qui se justifie aussi bien sur des valeurs morales qu’économiques.

L’Euro­pe sait que ces flux migratoires constituent une soupape face à la balance démographique négative en son sein. Selon lui, au lieu de se bâtir comme une forteresse, elle devrait se construire comme une puissance intégratrice de ces flux migratoires. La solution est à situer dans le renforcement du processus d’intégration qui nécessite de la part des Européens l’instauration d’un cadre de débat en ce sens, mais qui reste absent de l’actuelle campagne électorale pour renouveler le Parlement européen hormis l’intrusion de ces drames dans l’actualité.

Écrit par Bastien DAVID

bdavid@lequotidien.sn

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