L’armée française en Côte d’Ivoire n’a pas vocation à y intervenir, selon son commandant

Photo d’archive – Des chars de l’armée française ont patrouillé certains quartiers d’Abidjan| Reuters

Les Forces française présentes en Côte d’Ivoire (FFCI) n’ont pas « vocation à interférer » dans les affaires du pays, désormais base d’appui pour les opérations que la France mène contre le terrorisme au Sahel, a affirmé samedi leur commandant à Abidjan.

« C’est très important, nous ne sommes plus l’opération Licorne. Les dispositions du traité de partenariat ont changé et les Forces françaises n’ont aucune vocation à intervenir en Côte d’Ivoire », a affirmé le colonel Jean Luc Kuntz lors d’une conférence de presse.

Les FFCI ont succédé en janvier 2015 à la force Licorne, mise en place en septembre 2002 après une tentative de coup d’Etat contre le président de l’époque Laurent Gbagbo et la prise de contrôle d’une partie du pays par des rebelles. Licorne fut un acteur majeur et controversé de la décennie de crise politico-militaire (2002-2011) ivoirienne.

« Base opérationnelle avancée » en Afrique de l’Ouest, les FFCI assurent la logistique et fournissent d’éventuels renforts aux opérations Barkhane (Sahel) et Sangaris (Centrafrique).

« On est très loin de quelque velléité interventionniste ici en Côte d’Ivoire », a-t-il insisté. « Aujourd’hui (…) le centre de gravité des opérations conduites par la France c’est au Nord, au Mali, au Burkina, au Niger (…) c’est là bas que ça se passe », a expliqué le chef des FFCI.

Les militaires français contribuent en outre à la formation de l’armée ivoirienne, notamment ses unités de lutte contre le terrorisme qui sont intervenues lors de l’attentat contre la cité balnéaire de Grand Bassam le 13 mars 2016.

En janvier, la Côte d’Ivoire a été secouée par une mutinerie d’anciens rebelles intégrés dans l’armée, puis par une fronde de militaires et gendarmes qui a fait quatre morts à Yamoussoukro (centre).

La Côte d’Ivoire a lancé en 2016 une ambitieuse loi de programmation militaire jusqu’en 2020, qui prévoit la modernisation et des achats d’équipements pour 1,2 milliard d’euros et une refonte des effectifs.

Initialement chargée de la protection des ressortissants étrangers, Licorne s’était ensuite transformée en force d’interposition, puis d’appui aux Casques-Bleus de l’ONU.

Si ses partisans affirment qu’elle a permis d’éviter un bain de sang, les fidèles du président Gbagbo l’accusent d’avoir aidé à le renversant en pilonnant sa résidence en 2011 lors de la « bataille d’Abidjan », née du refus de celui-ci de reconnaître sa défaite à la présidentielle contestée.

Abidjan a abrité de 1978 à 2009 le 43e Bataillon d’Infanterie de marine (43e BIMa), dans le cadre d’un accord de défense entre la France et la Côte d’Ivoire.

Un nouveau partenariat de défense a été signé en 2012 entre la France et la Côte d’Ivoire.

AFP

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