L’axe Rockefeller / Morgan

En 1904, John Moody, fondateur de la Moody’s Investor Services, a déclaré qu’il était impossible de parler des intérêts des familles Rockefeller et Morgan comme séparés. En 1975, des 14,5 milliards de dollars de revenus en provenance du pétrole moyen-oriental arrivant aux Etats-Unis, 78% étaient déposés dans juste 6 mega-banques: Chase Manhattan, Morgan Guaranty Trust, Citibank, Bank of America, Manufacturers Hanover Trust et Chemical Bank. Dans les années 1960, l’économiste Peter Dooley identifia 15 groupes financiers majeurs aux Etats-Unis. Le groupe Rockefeller/Morgan faisait passer les 14 autres pour des nains. Il contrôlait 5 ou 6 des mega-banques mentionnées ci-dessus. La Bank of America quant à elle était contrôlée par les Rothschild. Le groupe contrôlait également le fond banquier du Banker’s Trust et Master Card.

Une étude faite en 1980 par le comité sénatorial sur les affaires gouvernementales intitulée “La structure de la concentration entrepreneuriale”, dit ceci: “Les institutions financières, parties ou extensivement inter-reliées  avec le complexe Rockefeller/Morgan, sont les forces dominantes de l’économie.” L’axe Rockefeller/Morgan contrôlait la télévision américaine au travers de 23% des parts de CBS, 25% des parts d’ABC et 7% de NBC. Le groupe contrôlait la 20th Century Fox, le New York Times, Columbia House, et AOL Time Warner. Il possédait les compagnies aériennes Northwest, American et United Airlines. Dans le secteur minier, le conglomérat contrôlait ASARCO, Reynolds et Kennicott. Leur Citigroup menait la charge dans la formation de holdings bancaires, qui permettaient aux mega-banques de consolider leur contrôle sur le monde et son économie au travers une propriété directe des actions des multinationales.

Le sénateur Lee Mercalf (D-MT) a fait une enquête au milieu des années 1970 sur la concentration du pouvoir économique aux Etats-Unis. Il a trouvé que la Chase Manhattan Banks des Rockefeller était parmi les 10 premiers actionnaires de 42 entreprises utilitaires de haut niveau américaines. Citibank une des 10 top propriétaires de 41 de ces entreprises. Manufacturers Honover était parmi les top 10 actionnaires de 31 entreprises. Ces trois là plus Chemical Bank contrôlaient 38% de tous les dépôts étrangers aux Etats-Unis Un rapport de la banque fédérale de 1973 a dit que 9 mega-bannques de New York détenaient 90% de la dette de l’industrie pétrolière, 75% de la dette des industries du caoutchouc et chimique et 66% de la dette de la sidérurgie et de la métallurgie.

Presque tous les présidents de la Fed sont venus des rangs du conglomérat Rockefeller/Morgan. Paul Volcker venait de la Chase Manhattan. Lorsqu’il est parti de la Fed il est devenu le président de la Commission Trilatérale fondée par David Rockefeller. Assumons qu’il ait eu une promotion… Alan Greenspan a succédé à Volcker comme président de la Fed. Il venait du Morgan Guaranty Trust  et a servait au comité directeur d’Exxon-Mobil des Rockefeller. Le premier gouverneur de la Fed fut Paul Warburg de la dynastie banquière allemande, tandis que le premier gouverneur de la Fed de New York fut Benjamin Strong de chez Morgan.

Le conglomérat Rockefeller/Morgan contrôle trois des quatre cavaliers du pétrole, essentiellement au travers de sa holding banquière et des comités directeurs inter-reliés, Il n’était que naturel qu’en 2000, la Chase Manhattan, qui avait déjà absorbée Manufacturer’s Hanover Trust et Chemical Bank, fusionne avec la descendante de la banque Morgan la Morgan Stanley et le Morgan Guaranty Trust et J.P. Morgan & Company pour former la JP Morgan Chase. Les géants banquiers Morgan et Rockefeller, grands recycleurs des pétrodollars en provenance d’Iran, d’Arabie Saoudite et des autres émirats membres du CCG, étaient maintenant unifiés.

Avec l’évènement du marché des futurs pétroliers en 1973, l’industrie pétrolière devint de plus en plus sous le contrôle des banquiers d’investissement. Comme l’a si bien dit une ancienne source de l’industrie du transport pétrolier du Fearnly’s Research de Norvège: “Aujourd’hui, entre le moment où un pétrolier est chargé disons à Dubaï et le moment où il est déchargé disons dans une raffinerie de Rotterdam, ce chargement pourrait être vendu 15 ou 20 fois ou même plus. Les marchés dérivatifs ont rendu tout cela possible… soit sur le London International Petroleum Exchange où se négocie le Brent de la Mer du Nord ou sur le Nymex (New York Mercantile Exchange), à New York, où les contrats du west Texas Intermediate sont négociés. Aujourd’hui le marché est complètement dominé par les traders, les courtiers.

En 2000, le raffineur de pétrole Tosco, qui avait acheté bien des raffineries obsolètes suite au passage de la loi sur l’air pur de 1990, a enregistré une action légale de 10 millions de dollars dans le district sud de New York et son tribunal fédéral. L’affaire accuse Arcadia petroleum, la compagnie commerciale pétrolière du japonais Mitsui, ainsi que le courtier pétrolier suisse Zug, d’utiliser des dérivatifs et des futurs pour étouffer le marché sur le London Exchange, ce qui a fait s’envoler le prix de l’essence.

Une semaine plus tard,  le président vénézuélien de l’OPEP Ali Rodriguez contra la propagande des médias américains disant que l’OPEP était responsable du pic des prix pour 2000, en émettant un rapport documentant que 8 US$ par baril est pompé par les courtiers sur la spéculation des marchés futurs. Le rapport argumentait que “la spéculation sur les marchés futurs et la manipulation des cours du marché du Brent sont les véritables causes de l’explosion des prix du pétrole ces derniers 15 mois…”

Les joueurs dominants des marchés futurs du pétrole sont les géants de l’investissement de Wall Street Morgan Stanley Dean Witter, Lehman Brothers, Golsman Sachs (par sa filiale de J.Aron), Citigroup’s Salomon Smith Barney (par Philbro), Merrill Lynch, UBS Warburg et Banker’s Trust.

Dean Henderson

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