Le building administratif rebaptisé Mamadou Dia

Le Président de la République, Macky Sall, a réceptionné le Building administratif rénové, qui porte désormais le nom de feu Mamadou Dia. Décédé le 25 janvier 2009 à Dakar, Dia était l’ancien Président du Conseil des ministres, de 1957 à 1962 « Pourquoi j’ai baptisé le Building administratif Mamadou Dia » « J’ai décidé, au nom de la nation sénégalaise, de rendre hommage aux illustres fils du pays à travers le défunt président du Conseil des ministres, Mamadou Dia, dont le Building administratif rénové porte désormais le nom». C’est ce qu’a déclaré le Président de la République Macky Sall lors de la réception de cet immeuble. Par cet acte, dira-t-il, « j’ai voulu honorer ce grand serviteur de l’Etat et magnifier ce combattant émérite d’un Sénégal digne, confiant, rayonnant, prospère et solidaire. Mamadou Dia reste assurément, pour notre jeunesse, les agents publics et la classe politique, un exemple de citoyenneté, un travaillant infatigable, un modèle d’engagement de rigueur et de probité ». A l’en croire, cet édifice administratif a incarné, pendant près que 60 ans, l’Etat dans son action quotidienne au service de ses concitoyens. Il a été le cœur de l’action gouvernementale, un laboratoire où s’organise le service public. Un haut lieu de la République où se déploient les actions issues des décisions stratégiques qui engagent la vie et le sort de la nation. Ce patrimoine historique classé a défié le temps. « Ce bâtiment est un fer de lance de notre stratégie d’émergence» A cette occasion, il a rappelé que le building administratif a connu une dégradation avancée, présentant des risques de sécurité civile pour les occupants et les usagers. « C’est la raison pour laquelle j’ai lancé sa rénovation en 2013 par groupe Bamba Ndiaye. Il a fallu entreprendre la rénovation de ce bâtiment pour rendre ce précieux bien public digne d’une administration moderne, fer de lance de notre stratégie d’émergence », a souligné le président de la République. D’après Macky Sall, ce projet sans précèdent traduit son attachement particulier à la protection des biens publics et à la préservation du patrimoine national. Plus qu’une rénovation de façade, le building a fait l’objet d’une restauration en profondeur, privilégiant l’amélioration de la solidité du bâtiment principal ainsi que la sécurisation et la fonctionnalité des locaux, dans le respect des normes environnementales et sociales modernes. « Ce bâtiment écologique permet une gestion efficace de l’eau, mais aussi d’importantes économies d’énergie grâce à son système photovoltaïque, d’une puissance électrique de 546 kW. Il dispose entre autres d’un système innovant permettant une gestion centralisée et informatisée de toutes installations », a-t-il expliqué. Le Building en chiffres Pour sa part, Christian Adovelande, Président de la Banque Ouest africaine de Développement (BOAD), a fait savoir que cette importante infrastructure permettra d’améliorer le confort et le cadre du travail, de réduire les dépenses énergétiques, entres autres. « C’est à cet égard que le projet qui dégagé un taux de rentabilité économique de 18%, a été aisément approuvé par les instances de décision de la BOAD », a-t-il soutenu. Selon lui, la contribution de cette institution financière pour le financement de cette opération, s’élève à 25 milliards de FCFA, portant ainsi à 919 milliards le cumul de leurs engagements au Sénégal, tous secteurs confondus. En effet, les différents travaux d’extension et de modification ont été réalisés pour améliorer considérablement le cadre de travail dans le building. Ils concernent l’augmentation du nombre de pièces, qui passe de 539 à 634, et 9 salles de réunion, 32 salles d’attente, 53 toilettes individuelles, 61 blocs de toilette, 23 entrepôts, 67 locaux techniques, 12 dortoirs pour les services de sécurité. Exit du rajout d’un 10ème étage comprenant une salle de conférence de 275 places, une salle de réunion de 70 places, la réalisation de deux restaurants au niveau R-1 et au 10ème étage de 286 et 318 places respectivement, avec équipements de cuisine modernes ; l’augmentation du nombre d’ascenseurs qui passe de 7 à 12 et 2 monte-charges ; le réaménagement des cabinets ministériels situés sur les ailes Nord et Sud de chaque niveau des étages courants (3ème au 8ème étages) avec l’ajout d’un bureau avec toilette intérieure, d’une salle d’attente et d’un bureau d’assistante pour le Secrétaire général et toilette intérieure pour le Directeur de cabinet de chaque ministre. Un parking couvert sur 2 niveaux, d’une capacité totale de 174 places Ce n’est pas tout, puisqu’un bureau est prévu pour le Secrétaire général adjoint du Gouvernement. Un parking couvert sur 2 niveaux d’une capacité totale de 174 places de stationnement a été également construit. Et six (06) ascenseurs et deux (02) monte-charges ont été rajoutés dans l’immeuble. C’est aussi le cas pour les blocs sanitaires avec vingt-deux (22) nouveaux. L’aménagement au 9ème étage d’un bureau pour le deuxième Secrétaire général adjoint du Gouvernement, l’installation d’un système de renouvellement d’air à partir de deux centrales de traitement, conformément aux dispositions normatives relatives à la santé et la sécurité au travail ; l’installation d’un système GTB (Gestion Technique du Bâtiment), une première en Afrique, qui permet de centraliser la commande et le suivi des installations techniques sur un poste informatique, sont les autres spécificités du bâtiment. Qui enregistre également différentes installations asservies, notamment éclairage des bureaux, climatisation des bureaux, stores des bureaux, centrales de traitement d’air, onduleurs, éclairage extérieur, suppresseur, groupe électrogène, ascenseurs, énergie solaire et système de sécurité incendie. Aussi, la réalisation de vitrage à basse émissivité : réduction de la transmittance thermique ; l’arrêt automatique de la climatisation en cas d’ouverture des portes et/ou fenêtres ou bureau inoccupé ; l’éteinte automatique des lampes après 10 mn (temps paramétrable avec la Gtb) si bureau inoccupé ; la régulation de l’éclairage en fonction de la lumière du jour et de la présence d’occupant ; la pose de lampes de type Led ; le circuit fermé des fontaines ou encore l’installation d’un système de détection des fuites d’eau… viennent conforter l’intelligence de la bâtisse. Pour ce qui est de la mise aux normes actualisées de la sécurité incendie, plusieurs mesures ont été prises. En effet, avec la réalisation du 10ème étage, le Building devient un IGH (Immeuble à Grande Hauteur) requérant des exigences normatives particulières en sécurité incendie. Ainsi, en étroite relation avec la Direction de la Protection civile, les installations idoines respectant les dispositions normatives ont été réalisées. Ce sont principalement la protection passive des planchers par enduit résistant au feu ; la réalisation d’un réseau de désenfumage ; la reprise et mise en conformité de l’alimentation électrique et d’eau potable ; l’installation d’un réseau de détection incendie ou encore l’installation d’un réseau de RIA (Robinet d’Incendie Armé), de colonnes humides et de bouches d’incendie. Zachari BADJI

Le nouveau building administratif inauguré, hier mercredi, 30 janvier, porte désormais le nom de Mamadou Dia. Par ce geste, le chef de l’Etat a voulu rendre un hommage aux Sénégalais qui se sont sacrifiés pour la patrie. « Par cet acte, j’ai voulu honorer ce grand serviteur de l’Etat et magnifier ces combattants émérites d’un Sénégal digne, confiant, rayonnant, prospère et solidaire. Mamadou Dia reste assurément pour notre jeunesse, les agents publics et la classe politique, un exemple de citoyenneté, un travailleur infatigable, un modèle d’engagement, de rigueur et de probité », a témoigné Macky Sall. Qui souligne que le président de Dia est reconnu comme l’inspirateur de l’architecture administrative du Sénégal moderne. « Cet homme multidimensionnel méritait bien de la Nation, cette reconnaissance exceptionnelle », a estimé le chef de l’Etat. Instituteur, féru d’économie et de droit, né le 18 juillet 1910, à Khombole, Mamadou Dia est décédé le 25 janvier 2009 à Dakar. Il a eu à occuper, tour à tour, les fonctions de sénateur du Sénégal, de député à l’Assemblée nationale française, de Vice-Président du Conseil de gouvernement de la loi-cadre et de Président du Conseil des ministres à l’indépendance. En décembre 1962, Dia est évincé par le président Senghor au cours d’une lutte de pouvoir que ce dernier dénonce comme une tentative de coup d’État constitutionnel.Il est condamné à la perpétuité puis libéré en 1974 et amnistié en 1976.

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