Le calvaire des élèves-maîtres

En attendant la réaction du gouvernement sur le mouvement du Syndicat des inspectrices et inspecteurs de l’Éducation nationale du Sénégal (Siens) qui envisage d’organiser une marche nationale, demain vendredi, dans le cadre de leur 9ème plan d’actions, les 2995 élèves maitres souffrent dans le silence. Les grèves des camarades d’El Cantara Sarr, Secrétaire général du Siens, les plongent dans une situation d’incertitude sur leur formation. Le coordinateur national de l’amicale nationale des élèves maitres de la 6ème promotion soutient : «Depuis plus de trois mois, nous ne » faisons que 8 jours de cours dans le mois ». Djidiack Faye est revenu sur le montant insuffisant de la bourse allouée à ses camarades, non sans inviter l’Etat à trouver des solutions dans un contexte de rentrée des classes.

2995 élèves maitres dans le désarroi

«Aujourd’hui nous sommes 2995 élèves maitres. 2500 élèves maitres, option Français et 495 en option Arabe. Nous sommes répartis dans 13 Centres régionaux de formation du personnel enseignant (Crfpe).

Nous étions 26 000 candidats à participer au Concours de recrutement des élèves-maitres (Crem). On a fait l’amphi de rentrée au mois de janvier 2018. Nous sommes partis en stage d’imprégnation et revenus faire des cours. Nous sommes retournés dans les écoles pour une phase d’observation qui a duré 21 jours. Après quelques jours de formation dans les Crfpe, nous sommes retournés en stage de responsabilité entière.

Nous sommes dans le désarroi depuis le mois de mai. L’inquiétude gagne les élèves-maitres avec les mouvements des inspecteurs formateurs. Les cours ne se déroulent pas normalement. Ce qui impacte négativement sur la qualité de la formation».

«Depuis plus de trois mois, nous faisons que 8 jours de cours dans le mois, alors qu’ils nous restent beaucoup à faire. Nous devions présentement finir la formation en septembre et espérer recevoir nos ordres de service pour aller servir. Jusqu’ici, nous avons aucune visibilité sur le calendrier, avec la grève du syndicat des inspecteurs de l’Education et de la Formation qui compte organiser une marche nationale dans le cadre de leur 9ème plan d’actions. Les camarades de El Cantara Sarr, secrétaire général du Siens, disent qu’ils ont décidé de boycotter l’examen certificatif de fin de stage. Sur le déroulement de la formation, nous avons déjà terminé 50% du programme prédéfini».

«Nous avons fait certaines matières, tout comme d’autres élèves-maitres ne les ont pas terminé. Ces matières constituent des parties intégrantes des évaluations».

«Les inspecteurs formateurs sont en train d’exercer un droit reconnu à travers la constitution : le droit de grève. L’Etat nous a recruté et promis une formation de qualité. On a fait des sorties dans pratiquement tous les centres pour alerter l’Etat.

Quelques démarches ont été entamées à travers des autorités du ministère pour essayer de trouver le socle minimal de compétences installées. Il s’agit pour nous, d’arriver à des évaluations qui seront à la portée des élèves maitres. Nous sommes à l’écoute pour une date des évaluations ou un réaménagement du calendrier.

La question de la bourse

La bourse était prévue normalement pour juste 9 mois de formation. Au cas où on prolongerait la formation, quelle serait la posture de l’Etat par rapport à cette bourse-là. Beaucoup d’élèves maitres n’habitent pas dans les localités où se trouvent les Crfpe. Nous ne comprenons pas le montant de la bourse qui est très en deçà des attentes. Comment un étudiant boursier qui reçoit 36 000 FCfa par mois à l’université, admis à un concours très sélectif, touche finalement 25 000FCfa. Cette modique somme ne nous permet pas de payer la location, de se restaurer alors que les étudiants ont été subventionnés ou se soigner. L’absence d’infirmerie dans les Crfpe est déplorable. Sans oublier les fascicules que nous devons photocopier. C’est difficile.

L’Etat invité à trouver des solutions

Nous invitons les autorités à trouver des solutions à ce problème et nous permettre de suivre convenablement les cours, faire nos examens et être opérationnels pour regagner les classes. La matérialisation du concept Ubbi Tey, Jang tey, doit passer, entre autres, par la mise à disposition des enseignants. Nous demandons aux acteurs de se retrouver, de négocier, de trouver des solutions pour qu’on puisse terminer la formation en beauté».

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*