Le Colonel NDAW prié de rappliquer à Dakar

colonel Abdoulaye Aziz Ndaw et General FallL’heure de la confrontation a sonné pour le colonel Abdoulaye Aziz Ndaw.

L’Etat semble avoir pris sa décision quant à la marche à suivre concernant les révélations contenues dans son livre “Pour l’honneur de la gendarmerie sénégalaise”. 

Il a été prié de rentrer au bercail, selon des sources proches de l’ambassade du Sénégal à Rome où il est attaché militaire.

A propos des révélations du colonel Abdoulaye Aziz Ndaw, il est clair que chaque Sénégalais va se forger ses propres convictions. 

Mais aux yeux de l’Etat, l’ancien numéro deux de la gendarmerie n’aurait jamais dû faire ces révélations.

Ainsi, des sources biens informées assurent qu’une lettre officielle a été adressée au colonel Ndaw en poste à l’ambassade du Sénégal à Rome. La missive lui enjoint de rentrer au bercail.

Autant donc dire que l’étau se resserre autour de ce héraut des temps modernes. Mais des sources cette fois proches de l’officier de gendarmerie ne semblaient pas au courant d’une telle missive.

Dans tous les cas, la lettre existe, a pu s’assurer EnQuête de sources dignes de foi. L’officier était déjà dans les dispositions de rentrer au bercail avant la fin du mois, selon ses proches. 

Cette tournure des évènements, depuis plus d’une semaine que cette affaire a éclaté dans les médias, était prévisible. 

D’ailleurs les sorties combinées du ministre des Forces armées et du ministre de la Gouvernance locale, du Développement et de l’Aménagement du Territoire, par ailleurs porte-parole du gouvernement, laissaient présager cette tournure des événements. 

Jeudi, à travers une menace à peine voilée, le ministre des Forces Armées Augustin Tine déclarait à propos du colonel Ndaw et de la portée de ses révélations :

“Il sait très bien ce qu’il a écrit et il a dû en soupeser les conséquences. C’est un colonel et donc c’est en toute connaissance de cause qu’il s’est exprimé. Parce que ce qu’il a écrit aura forcément des suites et s’il plaît à Dieu, nous ferons tout ce qui doit être fait”.

Ce n’est pas la sortie du Porte-parole du gouvernement, quelques heures plus tard, qui avait démenti cette impression.

Affirmant que le colonel n’aurait jamais dû écrire les deux tomes de son ouvrage sur la gendarmerie, Me Oumar Youm considérait que le gendarme en poste à Rome avait “violé” “son serment de respecter les éléments de déontologie de la Gendarmerie”, après avoir “reçu tous les honneurs de l’Etat du Sénégal”. 

La question aujourd’hui est de savoir si le colonel Abdoulaye Aziz Ndaw compte déférer à cette convocation, lui qui vit dans la capitale romaine avec sa famille. 

En effet, les réactions des autorités étatiques laissent présager pour lui des sanctions, voire des poursuites judiciaires.

Mais, si l’on en croit ses propres déclarations faites à travers les colonnes d’EnQuête, dans son édition n°927 du mercredi 16 juillet dernier, il est tout disposé à venir s’expliquer. 

Interpellé sur d’éventuelles sanctions, il répondait avec calme :

“c’est normal, j’ai outrepassé mes droits. Je m’y attends. C’est normal qu’il y ait des poursuites lorsque vous accusez les gens. Je viendrai répondre de mes écrits. Mais dénoncer des crimes est autrement plus important. Ces crimes avaient déjà été dénoncés à l’Etat, mais sans réaction (…). On a aussi essayé de salir mon honneur, après 40 ans de service, sur la base d’informations fausses, comme je le démontre bien dans le livre”. 

Même s’il est prêt à se mettre à la disposition des autorités, le colonel est loin d’être un agneau du sacrifice, ce qu’il a clairement laissé entendre :

“Autant j’ai risqué ma vie pour la défense des intérêts nationaux, autant je défendrai avec toute l’énergie requise mon honneur et mon nom”, disait-il avec force. 

D’ailleurs, d’agneau, il pourrait se révéler un redoutable loup, puisqu’il assure qu’il n’a pas tout dit et qu’il détient des preuves de ce qu’il avance.

Donc si le colonel Aziz Ndaw détient encore plusieurs atouts sous sa manche, sa mise en accusation probable augure de révélations plus sensationnelles et plus renversantes. Car sa mise en garde résonne encore : “Je suis prêt à tout.” 

Dans cette affaire, il faut également souligner la position tranchée de la société civile qui, d’une voix unanime, appelle de tous ses vœux que la lumière soit faite sur les révélations du l’ex-numéro deux de la gendarmerie. La balle est donc dans le camp de l’Etat.

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