Le Guide suprême Ali Khamenei accuse « les ennemis de l’Iran » de fomenter des troubles

A handout photo provided by the office of Iran's supreme leader Ayatollah Ali Khamenei on January 2, 2018, shows him delivering a statement in the capital Tehran. Khamenei said Iran's "enemies" were orchestrating a plot to infiltrate and target the regime as he broke his silence on the days of unrest rocking the country. The portrait on the wall shows the late founder of the Islamic republic, Ayatollah Ruhollah Khomeini. - RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO / HO / IRANIAN SUPREME LEADER'S WEBSITE" - NO MARKETING NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS / AFP / IRANIAN SUPREME LEADER'S WEBSITE / ATTA KENARE / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO / HO / IRANIAN SUPREME LEADER'S WEBSITE" - NO MARKETING NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS

Une vingtaine de personnes ont été tuées en cinq jours de manifestations. Ali Khamenei a déclaré, mardi, qu’il s’adressera à la nation iranienne « en temps voulu ».

Alors que la vague de manifestations qui agitent l’Iran ne faiblit pas, et connaît ses premières victimes, le Guide suprême iranien, Ali Khamenei a accusé, mardi 2 janvier, « les ennemis » de l’Iran de fomenter des troubles dans le pays. « Ces derniers jours, les ennemis de l’Iran ont employé divers moyens, argent, armes, politique, appareil de renseignement, pour créer des troubles dans la République islamique », a déclaré le plus haut dirigeant du pays, cité par les médias officiels. M. Khamenei a ajouté qu’il s’adressera à la nation iranienne « en temps voulu ».

Mardi matin, la télévision d’Etat iranienne a annoncé que neuf personnes ont été tuées dans la nuit de lundi à mardi, dont six dans la seule ville de Qahdarijan (centre du pays, près de Nadjafabad et Ispahan). En tout, 21 personnes – dont 16 manifestants – ont été tuées depuis le début, jeudi 28 décembre, des rassemblements contre les difficultés économiques et le pouvoir, qui ont commencé à Machhad (nord-est) pour se propager rapidement à l’ensemble du pays.

Bâtiments publics incendiés

Lundi, au cinquième jour du mouvement, un policier a été tué et trois autres ont été blessés par « des tirs d’arme de chasse » à Nadjafabad, selon un site de la télévision d’Etat. Mardi matin, l’agence de presse ILNA, réputée proche des réformateurs et citant le vice-préfet de Téhéran, estimait à 450 le nombre de personnes arrêtées dans cette seule ville ces trois derniers jours.

D’après des médias iraniens, plusieurs « meneurs » ont été arrêtés lundi soir après un rassemblement dans le centre de Téhéran de petits groupes de manifestants, dont certains ont scandé des slogans contre le pouvoir. Dans la soirée, la situation était, selon ces médias, revenue au calme dans la capitale, où la présence policière était dense.

Contestation inédite depuis 2009

Le mouvement, parti jeudi de Machhad, la deuxième ville du pays, s’est propagé à travers le territoire, gagnant même Téhéran. Des protestations contre la vie chère et le pouvoir corrompu qui sont sans pareil dans le pays depuis 2009.

Selon des vidéos mises en ligne par les médias iraniens et les réseaux sociaux, les manifestants ont attaqué et parfois incendié des bâtiments publics, des centres religieux et des banques ou des sièges des bassidjis (milices islamiques étatiques). Les manifestants ont aussi mis le feu à des voitures de police.

Pour tenter de limiter l’ampleur des manifestations, l’accès à Internet et aux réseaux sociaux a été restreint par intermittence depuis ce week-end. Dimanche après-midi, l’accès à la messagerie cryptée Telegram, très utilisée en Iran, était limité.

« Fauteurs de troubles et hors-la-loi »

Les violences de dimanche soir ont eu lieu malgré un appel du président, Hassan Rohani, au calme. Dans un discours diffusé à la télévision nationale dimanche soir, le chef de l’Etat a tenté à la fois de ménager les manifestants et ses propres adversaires conservateurs. Hassan Rohani a condamné « la violence et la destruction de biens publics », mais il a affirmé qu’il fallait créer « un espace pour que les partisans de la révolution et le peuple puissent exprimer leurs inquiétudes quotidiennes ».

A la suite de cette nouvelle nuit de violences, le président Rohani a déclaré lundi que le peuple iranien répondrait aux « fauteurs de troubles et hors-la-loi ». Depuis le début des troubles, quelque 400 personnes ont été arrêtées, dont 200 à Téhéran, selon les médias. Une centaine ont ensuite été libérées.

De son côté, le président américain, Donald Trump, a déclaré que « le temps du changement » était venu en Iran. Revenant à la charge contre Téhéran, un de ses cibles favorites, le dirigeant a ajouté que « les régimes oppresseurs ne peuvent perdurer à jamais ».

L’Union européenne a dit lundi soir « espérer » que le droit de manifester sera « garanti », dans un communiqué de la porte-parole de la cheffe de sa diplomatie, Federica Mogherini. La Turquie s’est dite « inquiète » mardi par le mouvement de protestation et a mis en garde contre une « escalade » et des « provocations ».

Le Monde.fr avec AFP

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