Le jour où Obama a lâché Hollande sur le dossier syrien

Le jour où Obama a lâché Hollande sur le dossier syrien

Samedi, 19 mars, 2016
© Sercom APRnews Photo Barack Obama et François Hollande. (Ian Langsdon/AP/SIPA)
     Le président américain n’a aucun regret d’avoir décommandé à la dernière minute une opération de représailles contre le régime de Bachar al-Assad à l’été 2013.

A quelques mois de son départ de la Maison-Blanche, Barack Obama en est à l’heure du bilan. Et, plutôt que d’attendre le jugement des historiens, il façonne lui-même l’image qu’il entend laisser de sa présidence, en particulier en politique étrangère. Cela réserve quelques surprises. Le président américain s’est longuement confié à Jeffrey Goldberg, du magazine “The Atlantic”, qui publie ses confidences sous le titre ambitieux de “doctrine Obama”.

Sur le sujet le plus délicat, celui sur lequel se concentrent aujourd’hui les critiques, la Syrie, Barack Obama déclare qu’il n’a aucun regret d’avoir décommandé à la dernière minute une opération de représailles contre le régime de Bachar al-Assad, à l’été 2013, pour avoir employé des armes chimiques contre son peuple. Un épisode considéré par François Hollande comme une véritable trahison.

Obama va plus loin : “Je suis très fier de cet instant”, dit-il en évoquant l’un des moments clés de son mandat, allant à l’encontre de l’opinion de son entourage qui estimait que sa crédibilité et celle de l’Amérique étaient en jeu après avoir annoncé que les armes chimiques seraient la “ligne rouge” qu’Assad ne devait pas franchir. “En appuyant sur la touche pause à cet instant, je savais que ça me coûterait cher politiquement. Le fait est que j’ai pu m’extraire de ces pressions immédiates et réfléchir tout seul sur ce qui était dans l’intérêt de l’Amérique, non seulement par rapport à la Syrie mais par rapport à notre démocratie : c’est l’une des décisions les plus difficiles que j’ai prises – et je crois profondément que c’était la bonne.”

Pas de “plan B”

Cette certitude n’est pas partagée par ceux qui jugent sévèrement, aujourd’hui, la non-intervention américaine, et considèrent que c’est une faute aussi grande que celle de son prédécesseur d’être allé en Irak. Si elle ne le dit pas ouvertement, c’est ce que semble penser Hillary Clinton, et c’est assurément l’opinion de l’Elysée qui faisait déjà chauffer les réacteurs des Rafale lorsque Washington a décommandé l’opération.

Les détracteurs du président américain font valoir que le vide stratégique laissé par les Etats-Unis a permis à Vladimir Poutine d’intervenir et de changer la donne en Syrie, et, surtout, que la poursuite de la guerre deux années de plus a fait des dizaines de milliers de morts, laissé prospérer le plus grand défi terroriste de l’heure, et provoqué l’exode des Syriens qui déstabilise aujourd’hui l’Europe.

On connaît les conséquences de la non-intervention, mais on ne connaîtra jamais le scénario qui aurait suivi un début d’intervention occidentale. Barack Obama s’est fait élire sur la promesse de sortir les Etats-Unis des deux guerres sans fin dans lesquelles les avait plongés George Bush, et il n’a pas voulu se laisser entraîner dans un nouveau conflit (même s’il y est aujourd’hui engagé dans les airs et à travers les forces spéciales). Son tort est sans doute de ne pas avoir eu de “plan B”, de stratégie alternative à l’intervention massive dont nul ne voulait réellement, transformant une décision peut-être raisonnable en passivité coupable.

Sur le site de “The Atlantic”, l’historien conservateur Niall Ferguson, qui avait soutenu Bush en Irak, ironise sur cette “doctrine” d’un président qui se croit plus intelligent que tout le monde, mais qui laissera un Moyen-Orient plus instable que jamais. Pour autant, Obama a-t-il eu raison d’appuyer sur “pause” le 30 août 2013 ? Les historiens décideront dans l’avenir si le 44e président des Etats-Unis avait raison d’être fier de cette décision fatidique.

Source : Le nouvel Observateur

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