Le mea culpa d’Emmanuel Macron

Aurelien Morissard / IP3; The interview on TV show TF1 of the President of the Republic Emmanuel Macron, from the Charles de Gaulle aircraft carrier, in France on November 14th, 2018.

A trois jours de la mobilisation des « gilets jaunes », le président a fait part, mercredi, sur TF1, de sa volonté de diriger le pays « d’une manière différente » à l’avenir.

Emmanuel Macron n’était jamais allé aussi loin dans l’autocritique. Alors que les « gilets jaunes » ont prévu des actions de blocage contre la hausse des taxes sur les carburants, samedi 17 novembre, le président a accordé une interview à TF1, mercredi. Un entretien qu’il a terminé par un mea culpa peu habituel pour un chef de l’Etat après un an et demi d’exercice du pouvoir. « Je n’ai pas réussi à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants », a-t-il regretté à bord du porte-avions Charles-de-Gaulle, prêt à reprendre la mer après un an et demi de travaux.

Et, s’il a répété sa détermination à poursuivre les réformes, le chef de l’Etat a également fait part de sa volonté de diriger le pays « d’une manière différente » à l’avenir. « Nos concitoyens aujourd’hui veulent trois choses : qu’on les considère, qu’on les protège, qu’on leur apporte des solutions. Pas des déclarations. Des solutions. La considération, on ne l’a sans doute pas assez apportée », a-t-il développé. Avant de poursuivre : « Considérer c’est entendre quand les gens se plaignent, (…) les respecter ».

M. Macron semble avoir tiré les leçons d’un été et d’une rentrée où plusieurs de ses déclarations avaient suscité l’incompréhension. Comme celle sur les « Gaulois réfractaires au changement » qu’il avait évoqués devant la reine du Danemark le 29 août. Ou son dialogue, lors d’une visite à Colombey-les-Deux-Eglises pour célébrer le 60e anniversaire de la Constitution le 4 octobre, avec une retraitée en colère : « La seule chose que vous n’avez pas le droit de faire, c’est de se plaindre », lui avait-il lancé, en évoquant là une règle de vie de Charles de Gaulle.

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Une hostilité « enracinée »

Depuis la rentrée, c’est la troisième fois que M. Macron reconnaît ses erreurs. Le 27 septembre, lors d’un voyage aux Antilles, il avait esquissé des excuses, dans l’émission « Quotidien » diffusée sur TMC, en reconnaissant que sa sortie sur les « Gaulois réfractaires » était « une erreur ». Il avait franchi un pas supplémentaire dans cet exercice le 16 octobre, le jour de l’annonce du remaniement qui a suivi la démission de Gérard Collomb, à l’occasion d’une allocution à la télévision. « Parfois, par ma détermination ou mon parler-vrai, j’ai pu déranger ou choquer certains », avait-il alors reconnu, en référence aux petites phrases comme le « pognon de dingue », dont il est friand. « J’entends les critiques », avait-il affirmé.

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