Le ministre Haïdar El Ali sur les accords de pêche : «Mon seul tort c’est d’avoir régularisé une situation frauduleuse»

Le ministre de la Pêche et des Affaires maritimes, Haïdar El Ali, a indiqué samedi à Ziguinchor que beaucoup de lobbies gangrènent l’économie sénégalaise. Des groupes mus par leurs seuls intérêts et qu’il est prêt aujourd’hui à combattre par tous les moyens.

Le ministre de la Pèche et des Affaires maritimes a tenu à apporter samedi, à Ziguinchor, des clarifications sur le protocole thonier de 2006 qui permettait aux bateaux européens de capturer 15 000 tonnes au Sénégal sans compensation financière.

Selon Haïdar El Ali, c’est la remise en cause aujourd’hui de cette situation «anormale» et la régularisation du débarquement de thon au Sénégal qui justifient cette campagne de «désinformation» menée à son encontre par des  gens «mal informés».

«Ils racontent aux pêcheurs artisans que j’aurais signé des accords de pêche avec l’Union européenne, alors que ce n’est pas le cas», martèle-t-il.

Le ministre rappelle que c’est dès son arrivée à la tête du département de la Pêche qu’il a convoqué les armateurs et les pêcheurs pour leur parler de cet accord exceptionnel qui permettait à des étrangers de pêcher au Sénégal 15 000 tonnes sans une compensation financière pour l’Etat ; tout en leur indiquant que cela ne saurait durer.

Il fallait donc, argue-t-il, négocier avec l’Ue la régularisation de ce débarquement de thon dans notre pays. «Et c’est cela que je suis allé régulariser», informe l’ancien patron d’Océanium.

La semaine dernière, Greenpeace est montée au créneau pour fustiger cet accord de pêche. Demandant la révision des termes de l’accord, l’Ong déplore, entre autres, l’approche peu inclusive des autorités sénégalaises.

«Ces Ong qui disent que nous avons signé des accords, où est-ce qu’elles étaient quand des accords secrets permettaient de pêcher 15 000 tonnes de poisson par an sans payer un seul franc à l’Etat du Sénégal ?», s’interroge le ministre.

Sur la régularisation  de la situation, Haïdar El Ali estime que c’est la première fois que des accords de pêche sont négociés dans le monde avec l’Ue à tel niveau. «15 millions d’euros sont collectés  aujourd’hui sur la pêche pour 14 000 tonnes de poisson à débarquer par an. Contrairement aux 15 000 tonnes qu’on débarquait auparavant au Sénégal sans aucune compensation financière et sur la seule base d’un protocole thonier», souligne-t-il.

Ensuite, ajoute M. Haïdar, pour la première fois dans l’histoire de ces accords, «le commissaire au développement de l’Ue est d’accord pour accompagner le Sénégal sur quatre volets prioritaires et importants, notamment la recherche, la surveillance pour faire face au pillage de nos ressources. Sur le plan de la surveillance, il est important que nous agissions et le commissaire européen au développement va aider le Sénégal sur ce plan».  A cela, il ajoute d’autres projets, notamment le programme de restauration des écosystèmes dégradés.

Le ministre de la Pêche et des Affaires maritimes précise que les sardinelles, les «démersaux» côtier, les dorades, les poulpes et toute la pêcherie artisanale ne seront pas touchés. «Seul le thon est concerné et les capacités de pêcherie du Sénégal pour cette espèce sont estimées à plus de 50 000 tonnes et nous n’avons ouvert que pour 14 000 tonnes», soutient-il. Avant d’affirmer : «Mon seul tort, c’est d’avoir régularisé une situation frauduleuse, une situation hors la loi.»   

  • Écrit par  Ibou MANE

imane@lequotidien.sn

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*