Le Pca veut devenir Pdg : Kane Amadoue la Bnde

Des personnes bien au fait des réalités du secteur bancaire sont convaincues que l’ancien ministre Amadou Kane cherche à cumuler son poste de Pca de la Bnde avec celui de Dg de la même institution. Cela, pour, de concert avec l’actionnaire majoritaire, changer la direction de la Bnde et en faire une banque commerciale ordinaire, pour le plus grand malheur des Pme.

Le magazine Jeune Afrique et le journal EnQuête ont dévoilé l’info selon laquelle, bien que nommé Président du conseil d’administration de la Banque nationale de développement économique (Bnde), Amadou Kane continue de viser le poste de Directeur général de la banque. Cette information, relayée par d’autres sources bien placées, même si elle est démentie par l’intéressé, est destinée à avoir  une répercussion profonde dans la gouvernance de cette banque des Pme nouvellement mise en place.

Un banquier qui ne croit pas aux Pme
En effet, des personnes qui le connaissent bien, et surtout, ceux qui l’ont vu au moment où il pilotait le processus de transformation du Fonds de promotion économique (Fpe) en Bnde, témoignent qu’en privé, le ministre de l’Eco­nomie et des Finances Amadou Kane ne cachait pas son scepticisme quant à la viabilité d’une banque destinée à financer les Petites et moyennes entreprises. M. Kane disait à des proches que, fort de son expérience bancaire plus que trentenaire, il pouvait garantir que le financement des Pme pouvait se comparer à remplir le tonneau des Danaïdes.

Est-ce pour cela qu’il est allé chercher comme partenaire stratégique, quelqu’un qui comme lui, n’est pas non plus convaincu des vertus d’une banque pour les Pme ? En tout cas, le patron de l’ivoirienne Bridge Bank Group n’a jamais caché sa conviction que le contexte économique ouest-africain n’était pas propice à une structure de financement des entreprises. La preuve, lui avec sa banque, ne se plaçaient pas dans cette optique.

C’est pourtant ce personnage et sa structure que les autorités sont allées chercher, en acceptant même sciemment de tordre le cou aux textes qui devaient régir la Bnde.

Avantages au partenaire stratégique
Il était en effet indiqué que le partenaire stratégique devait être de nationalité sénégalaise. Or, Bridge Bank Group est une société de droit ivoirien, et n’a de sénégalais que la nationalité de son premier actionnaire.

Et par ailleurs, le niveau de capitalisation de la Bridge Bank ne lui permettait pas d’acheter des actions dans une banque qui avait environ deux fois son niveau de capitalisation. Mais les autorités ne voulaient personne d’autre que Yérim Sow, et on a obligé les fonctionnaires des Finances à fermer les yeux sur ces quelques impairs. Mais la Com­mission bancaire a très longtemps traîné les pieds pour donner son aval. Des connaisseurs disent même qu’il a fallu faire une gymnastique juridique pour emporter son aval, qui s’est longtemps fait désirer.

Mieux que cela, des personnes bien informées assurent que le partenaire stratégique a obtenu les actions de la Bnde à un coût moindre que celui de la mise en marché. Ce qui, précisent ces spécialistes, lui a permis, «avant d’opérer une quelconque opération, de réaliser une plus-value d’au moins 1,5 milliard de francs Cfa dans l’opération».

Mais Yérim Sow n’est pas venu dans la Bnde pour réaliser des opérations de bout de chandelle. Il se dit que ce qui l’arrangerait, c’est une Bnde plus tournée vers le financement des opérations commerciales, sur laquelle un groupe comme Teylium entre autres, pourrait s’appuyer pour des investissements immobiliers, par exemple. Mais pour imposer ce changement de gouvernance, rien de mieux que la majorité des voix dans le Conseil d’administration, ce qui n’est pas encore le cas.

Contrôler la gouvernance de la Banque
A un moment, M. Sow avait espéré acquérir les actions libérées par l’ancien Administrateur du Fpe, Mme Ndèye Khady Guèye. Ces dernières étant détenues par la Banque sahélo saharienne (Bsic), en garantie de la créance due par Mme Guèye, n’ont pas été cédées. Il reste alors à courtiser les autres actionnaires. Certains avouent en privé avoir été approchés, mais se sont montrés assez réticents. Ce qui n’empêche pas à l’actionnaire majoritaire d’espérer.

Et dans cette optique, il peut toujours compter sur un allié en la personne d’un Pca qui pense comme lui. Et l’idéal serait que le Pca se transforme en Pdg. Ainsi, même sans la majorité des voix, l’actionnaire majoritaire pourrait demander à la Direction générale d’appliquer les décisions qu’il souhaite. Cela serait d’autant plus facile qu’il y a dans le protocole créant la banque, des dispositions sur lesquelles il pourrait jouer. 

Il se dit d’ailleurs que des manœuvres auraient déjà commencé en interne ainsi qu’auprès des autorités, pour convaincre que M. Kane remplirait mieux la fonction que l’actuel Dg, que l’on cherche autant que possible, à faire passer pour un «pion» de l’ancien Premier ministre Abdoul Mbaye, défaut rédhibitoire de nos jours. D’ailleurs, comme pour mieux le surveiller, le Pca a tenu à avoir des bu­reaux au même niveau, dans le même immeuble. Pour mieux le surveiller ?

Quoi qu’il en soit, Le Quotidien a tenté, depuis trois semaines environ, d’entrer en contact avec M. Kane. Un rendez-vous a même été pris, pour son «retour du voyage entre le 23 et le 25 mai». Mais depuis lors, l’ancien ministre est resté sourd à nos appels au téléphone et aveugle à nos Sms. Pour Yérim Sow, par contre, aucun de ses contacts n’a accepté de nous mettre en rapport sans son consentement préalable. 

mgueye@lequotidien.sn

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