Le président sortant de la Turquie Recep Tayyip Erdogan a annoncé sa victoire à l’élection présidentielle dès le premier tour

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a proclamé dimanche sa victoire au référendum sur le renforcement de ses pouvoirs que les résultats provisoires lui accordent de justesse.

Le chef de l’Etat turc a revendiqué sa victoire dimanche soir au cours d’une déclaration à Istanbul. Le président de la commission électorale (YSK) a confirmé ce résultat.

Le président sortant de la Turquie Recep Tayyip Erdogan a annoncé sa victoire à l’élection présidentielle dès le premier tour, dimanche 24 juin. « Les résultats non officiels des élections sont clairs.

Selon eux, notre nation m’a confié la responsabilité de président de la République », a déclaré M. Erdogan lors d’une déclaration à Istanbul. Le chef d’Etat a également revendiqué la victoire de l’alliance dominée par son parti, l’AKP (islamo-conservateur), aux législatives qui se sont également tenues dimanche.

Le président de la commission électorale (YSK) a conformé cette victoire. « D’après les résultats, il apparaît que Recep Tayyip Erdogan a remporté la majorité absolue des voix valides », ce qui lui permet d’être réélu au premier tour, a indiqué le chef du Haut comité électoral (YSK), Sadi Güven, lors d’un point presse à Ankara.

D’après l’agence de presse étatique Anadolu, M. Erdogan arrivait en tête de la présidentielle avec un score de 52,5 % après dépouillement de plus de 99 % des urnes, et l’alliance dominée par l’AKP menait avec 53,61 % dans le volet législatif du scrutin.

« Le peuple turc a élu Erdogan comme premier chef de l’Etat dans le nouveau régime présidentiel turc. Le peuple turc a dit : “Continuons” avec le président Erdogan », s’est félicité le porte-parole du gouvernement, Bekir Bozdag sur Twitter.

Mais ces chiffres sont contestés par l’opposition. Le parti Républicain du peuple (CHP), qui avait envoyé des représentants dans la plupart des 180 000 bureaux de vote, affirme que ses propres chiffres montrent que M. Erdogan a obtenu moins de 50 % des voix et qu’un second tour est nécessaire. Le député du CHP Bülent Tezcan a dénoncé « une manipulation grossière » de l’agence Anadolu qui transmet des résultats « irréels », selon lui.

Plus de 56 millions d’électeurs turcs étaient appelés aux urnes dimanche pour les élections présidentielle et législatives. Le chef de l’Etat, Recep Tayyip Erdogan, briguait un nouveau mandat après quinze ans de règne sans partage. Ce double scrutin marque le passage en Turquie d’un système parlementaire à un régime hyperprésidentiel souhaité par M. Erdogan et validé lors d’un référendum en 2017.

Le parti prokurde HDP à l’Assemblée ?

A Diyarbakir, les responsables du parti prokurde HDP estiment que le seuil des 10 % lui permettant d’entrer à l’Assemblée est acquis. Un chiffre confirmé par le président de la commission électorale.

Haro Paylan, candidat de la liste HDP à Diyarbakir s’attendait à un score entre 11 et 12 % dans le meilleur des cas. La perspective de voir M. Erdogan élu au premier tour suscitait en revanche une déception sensible. Dans les rues, autour du siège local du Parti pro-kurde, les manifestations de joie se poursuivaient dans l’attente des résultats définitifs et de la confirmation du score qui permettra au HDP de rester au Parlement.

L’opposition dénonce des tentatives de fraude

Le principal rival de M. Erdogan, Muharrem Ince, dimanche à Ankara. Au cours de la journée électorale, le CHP avait dénoncé des tentatives de fraude. « De nombreuses plaintes nous sont parvenues », surtout de la province de Sanliurfa (sud-est), a déclaré le porte-parole du CHP (social-démocrate), Bülent Tezcan, lors d’une conférence de presse au siège de son parti à Ankara. « Nos amis sont intervenus au moment où c’est arrivé », a-t-il ajouté.

Il a énuméré plusieurs exemples de tentatives de bourrage d’urnes, avec notamment une urne comptant déjà une centaine de bulletins de vote, tous pour l’alliance dominée par le parti au pouvoir AKP (islamo-conservateur) de M. Erdogan, avant même l’ouverture des bureaux. Il a également diffusé une vidéo, qu’il affirme avoir authentifiée, d’un homme affirmant qu’il y avait plus de bulletins que d’électeurs déjà passés dans un bureau de vote à Suruç.

Le procureur public de Sanliurfa, dont dépend Suruç, a annoncé avoir ouvert une enquête sur ces accusations et quatre personnes ont été arrêtées, selon l’agence de presse étatique Anatolie. Craignant des fraudes, en particulier dans le sud-est à majorité kurde, opposants et ONG ont mobilisé plusieurs centaines de milliers d’observateurs pour surveiller les urnes. « Dans la région, il y a eu des assauts, des menaces pour arrêter nos observateurs », a affirmé M. Tezcan.

lemonde.fr

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