Le rapport 2015 de l'OFNAC n'avait-il pas proposé le limogeage du Directeur du Centre des Œuvres Universitaires de Dakar ?

Au moment où le Maire de Dakar est convoqué par les enquêteurs de la Division de Investigations Criminelles, je souhaite partager ici quelques faits. 

Le rapport 2015 de l’OFNAC avait proposé le limogeage du Directeur du Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (ici sur la photo), accusé de détournement de deniers publics, pour avoir laissé filer plus de 454 millions de francs CFA de subventions versées frauduleusement à des tiers, sans identification formelle des bénéficiaires.

L’OFNAC avait également constaté le recrutement, par le COUD, «à titre posthume», d’un agent décédé en novembre 2014 dans un accident de la circulation. Ses salaires ont été versés jusqu’en janvier 2015. 

Le Directeur du COUD est toujours en poste tandis que Madame KEITA qui, de manière fort courageuse, avait mis à nu ces pratiques frauduleuses a été remerciée et mise au frigo depuis la publication de son rapport. 

Dans un autre dossier, on apprenait pas plus tard qu’en décembre 2016, que le Ministre de l’Hydraulique et beau-frère du Président était au cœur d’un scandale financier de 6 milliards de francs au sujet d’un obscur projet de construction de toilettes publiques dans les cités religieuses. On ne parle plus de cette affaire. 

J’ajoute que dans la mission qui vaut à Khalifa Sall des poursuites, l’IGE ne s’est pas intéressée uniquement à la marie de Dakar. Elle a également fouillé dans la gestion des mairies de Fatick, Guédiawaye, Saint-Louis, Pikine, Kaolack et Thiès. Quel est le contenu de ces autres rapports et que compte en faire le Président de la République ? Silence radio. 

La liste des affaires est longue dans notre pays. Elles sont frappées de poursuites judiciaires ou d’impunité selon que les personnes incriminées évoluent dans le camp présidentiel ou dans celui d’en face. Pire, ceux qui osent dénoncer ces pratiques sont immédiatement écrasés par l’État. 

Personnellement, je suis favorable au principe de la reddition des comptes, mais je pense que la procédure qui vise aujourd’hui le maire de Dakar a tout l’air d’une machination politique destinée à liquider un adversaire. Tous les démocrates pensaient en avoir fini avec ces pratiques depuis le départ de Wade en 2012. Triste pays !

Je souhaite apporter une précison de taille concernant la procédure intentée contre le Maire de Dakar. En effet, une fois que l’Inspection Générale d’Etat remet son rapport au Président de la République, ce dernier est le seul à pouvoir donner suite à tel ou tel dossier. C’est donc le Chef de l’Etat en personne qui saisit le Procureur de la République.

Dans le cas d’espèce, c’est donc bien Macky Sall qui a placé le dossier entre les mains de la Justice. J’ai voulu apporter cette clarification afin que nul n’en ignore et pour éviter qu’on embrouille encore les Sénégalais. Je m’en arrête là. Chacun fera son appréciation.

Notre pays est malade non pas uniquement de ses élites mais aussi de tous ses citoyens qui ne sont plus disposés à se montrer intransigeants vis à vis de ceux à qui ils ont confié les rennes de leur destinée. Les dirigeants dont nous déplorons sans arrêt les pratiques ont le sentiment d’être au-dessus des lois parce que nous n’avons cessé de leur donner cette liberté. Au fond, le problème du Senegal n’est pas dans le “Macky”.

Il est dans cette demission quasi collective de ceux qui, pourtant, sont les seuls à mériter le titre de patriote. Le changement ne viendra que de NOUS. Je termine par cette phrase mythique de Jean-Paul N’goupandé : “Crevons si tel est notre choix, mais ne nous en prenons qu’à nous-mêmes. 

Sur le mur Facebook d’Omar Ba Ecrivain

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