Législatives : les candidats indépendants écartés, les politiques s’adjugent les députés de la diaspora

Les élections législatives du 30 juillet à venir n’intéressent pas que les partis politiques.

Les Sénégalais de l’extérieur entendent également participer à ces joutes électorales. Seulement, avec les conditions de participation établies par le chef de l’Etat qui a mis la barre très haut, nombre d’entre eux sont éliminés avant même d’y prendre part.

L’opposition a contesté le chiffre qu’elle juge exagérée. Mais rien n’y fait. Les Sénégalais établis à l’extérieur auront quinze représentants. Par le décret n° 2017-442, le président de la République a, le 15 mars dernier, procédé à leur répartition dans la plus grande discrétion.

Ainsi, la zone Afrique aura sept représentants, l’Europe six (deux pour la seule France), Amérique et Océanie un et la zone Asie Moyen-Orient un député.

Seulement, cette répartition, pour le moins arbitraire, fait moins réagir que les conditions de participation à ces élections législatives. Beaucoup de candidats au poste de député de la Diaspora ont, en effet, mis de l’eau dans leur vin depuis la publication desdites conditions.  Et s’insurgent contre ces critères qui les éliminent avant l’heure.  

«On nous a expliqué qu’il faut d’abord au moins 1000 signatures à collecter dans 7 régions différentes. Pour nous qui sommes de la diaspora, il n’est pas possible de rassembler autant de signatures dans des  régions dont nous ne sommes pas censés représenter les populations », indique Cheikh Abdoulahat Mbacké que nous avons contacté.

Très actif au sein de la communauté sénégalaise vivant aux USA, ce dernier avait, nous indique-t-il, entamé des tractations avec d’autres Sénégalais pour doter à cette zone un représentant digne du nom. Selon lui, beaucoup de ses compatriotes sont laissés en rade et ne sentent même pas la présence des représentants de l’Etat dans leur circonscription.

C’est pourquoi, souligne-t-il, les émigrés étaient très enthousiastes à l’idée d’avoir leurs propres représentants. Seulement, à l’annonce des conditions de participations, beaucoup ont déchanté.

« Je ne parle même pas de la caution, mais matériellement comment rassembler autant de signatures avant la date buttoir en étant hors du Sénégal », s’interroge le leader du Rassemblement des Sénégalais de l’extérieur pour une Diaspora unie et dynamique (RSE).

Même si la caution a été revue à la baisse passant de 20 millions à 15, ces Sénégalais établis à l’extérieur trouvent que tout n’est pas fait pour faciliter leur participation.  Selon eux, ces critères leur sont taillés sur mesure. Car, estiment-ils, s’il est facile pour un parti politique digne du nom de rassembler ces signatures, la tâche est beaucoup plus ardue pour eux qui se trouvent à des kilomètres du Sénégal.

L’opposition qui n’a pas fait état de ces écueils, espère, à l’instar du pouvoir, ne pas être barrée par les candidatures indépendantes et engranger le maximum de députés.

« Malgré tous ces obstacles nous allons nous battre jusqu’au bout. Nous allons multiplier les initiatives pour voir dans quelle mesure nous pourrons participer à ces élections. Puisque nous tenons le moyen de nous faire bien représenter, nous allons en user. Les Sénégalais méritent des députés acquis à leur cause », soutient Cheikh Abdoulahat Mbacké.
 
Mame Birame WATHIE

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