Les ânes du Kenya menacés par l’insatiable demande chinoise

Workers hold a donkey's hide before curing at a licensed slaughterhouse specialised in donkeys in Baringo, on February 28, 2017. The emergence of the global trade in donkey hide attributed mainly to the rise of China’s middle class and an increased perception of the medicinal efficacy of a gelatine derived after boiling the hides, that is a key ingredient in a medicine called 'ejiao' has raised the price and the rate of slaughter of the animal. / AFP PHOTO / TONY KARUMBA

En Chine, la peau des ânes, transformée en poudre, est parée de vertus pour lutter contre l’anémie, le vieillissement ou le manque de libido.

vant d’acheter son âne, Mohamed Sempele avait établi tout un business plan. Grâce à un prêt, ce Masaï avait acquis en 2015 un animal pour démarrer une activité de transport et de revente de bidons d’eau à Kisaju, son village de bord de route, situé à 50 km au sud de Nairobi. « Un âne, c’est beaucoup mieux qu’une vache parce qu’avec lui on peut générer un revenu quotidien, le mien me rapportait jusqu’à 1 000 shillings [environ 8 euros] par jour ! », raconte ce père de quatre enfants qui prévoyait de rapidement rembourser les 50 000 shillings investis, charrette comprise.

Mais après douze mois de labeur, l’âne a disparu. Et les recherches auprès des voisins n’ont pas permis de retrouver l’animal, laissé en liberté mais marqué aux oreilles comme le veut la tradition masaï. « Maintenant, je n’ai plus que la charrette et je dois encore payer le prêt, c’est très dur », lâche-t-il, un rictus de dépit accentuant sa fine moustache.
Kisaju n’a pas été épargné par l’explosion de vols d’ânes qui touche depuis quelques années la plupart des régions du pays ainsi que d’autres contrées d’Afrique. Selon l’ONG Donkey Sanctuary, qui œuvre à la protection de ces animaux, leur population au Kenya est passée de 1,8 million en 2009 à seulement 900 000 en 2017. Un rapide déclin qui fait craindre une extinction.

Depuis toujours, la bête, dont la viande n’est que très peu consommée, est incontournable dans les zones rurales. En aidant aux champs, elle contribue à la sécurité alimentaire des familles. En transportant les vivres et les matériaux, elle donne accès à des emplois peu qualifiés. On hérite de son âne, ou on l’achète pour la vie.
Ce marché restreint, limité au niveau local, a été totalement bouleversé à partir de 2014, quand le Kenya a décidé d’ouvrir des abattoirs réservés à cet animal et visant l’immense marché chinois. Plus que sa viande, c’est surtout sa peau qui est recherchée par les…

In the Spotlight

Cet homme a été acquitté après 11 ans de prison

by Babacar Diop in SOCIETE / FAITS DIVERS 0

inculpé pour association de malfaiteurs et incarcéré depuis 2007, cet homme, Saliou Fall, a été acquitté le 11 juillet 2018 par la Chambre criminelle du tribunal de grande instance de Thiès. Il aura perdu 11 [...]

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*