Les avocats de Habré sur l’interdiction faite à leur client de porter un turban : «Une décision prise sur l’initiative du Procureur Mbacké Fall»

Les avocats de Hissein Habré sont formels. La décision interdisant à leur client de porter le turban lors des audiences des Chambres africaines extraordinaires (Cae) est le fait du procureur général près les Cae, Mbacké Fall. Cette réaction transparaît dans le communiqué des avocats de l’ex-Président tchadien parvenu au journal Le Quotidien hier.

«Cette décision a été prise sur l’initiative, une nouvelle fois du Procureur Mbacké Fall qui impose le rythme dans ce procès piloté depuis N’Djamena.

Pourtant, les juges d’instruction avaient estimé que la nécessité de comparaître à visage découvert ne pouvait être éventuellement posée que pour être sûr de l’identité de la personne convoquée.

Or, peut-on douter de l’identité de la personne appelée à comparaître devant les juges, quand celle ci est déjà en détention, que c’est le directeur de la prison lui-même qui l’extrait, et en assure la conduite par des éléments de la garde pénitentiaire jusqu’aux Cae ?

En outre, le juge d’instruction avait tenu à préciser que le visage du Président (Habré) était à découvert et parfaitement identifiable», souligne le document. 

Appréciant la décision rendue par les juges d’appel suite à leur saisine par le procureur général Fall, les avocats de la défense estiment que ces derniers «ont bafoué la loi et les principes élémentaires du droit en recevant cet appel. Alors même que les juges d’instruction n’avaient pris qu’une mesure non matérialisée par un écrit, réglant un incident d’audience insusceptible d’appel. Plus grave encore, ils ont fait référence à une disposition totalement étrangère à la situation litigieuse, qui ne concerne que ceux qui assistent aux audiences, soit le public, qui doit se tenir découvert». 

Pour la défense, «ces divergences entre le juge d’instruction et le Procureur général sont (…) le prolongement de la guerre psychologique et des attaques directes contre la personne du Président Habré (refus d’assister aux récitals de Coran lors du décès de son frère, de l’autoriser à rendre visite à son fils hospitalisé à la suite d’un grave accident de la circulation) qui n’ont d’autre objectif que de détruire un homme dont on peine à prouver ce dont on l’accuse».

«11 mois d’emprisonnement sans que les 120 prétendus responsables cités par  l’accusation ne soient transférés à Dakar dans une affaire présentée comme relevant des crimes contre l’humanité et ramenée aujourd’hui à des questions vestimentaires», déplorent les conseils de Habré.

Ces derniers sont d’avis que «les agressions contre la personne du Président nous renseignent sur l’état d’esprit des juges, et sur l’incroyable climat d’hostilité qui règne dans cette juridiction ‘’hors la loi’’». D’autant qu’à leurs yeux, «le port du turban est une tenue traditionnelle au Tchad, en Mauritanie, au Soudan, au Sénégal… où les populations le portent également, et c’est aussi une recommandation religieuse comparable au port du boubou et de la tenue traditionnelle, le vendredi, par la plupart des Sénégalais». 

Parlant de l’influence de Idriss Deby, les avocats de la défense font comprendre que celle-ci «s’est encore fait sentir lors de cette curieuse audience de la chambre d’accusation où les avocats de l’Etat tchadien ont plaidé sur l’affaire du turban alors qu’on attendait que la question de la recevabilité de sa constitution de partie civile soit préalablement tranchée». 

mdiatta@lequotidien.sn

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