Les chiffres de la Tabaski : 65% des ménages ne dépassent pas 100.000 francs CFA pour le mouton et 16 % sont sans le rituel (Rapport)

Le “PROJET A L ‘ECOUTE DU SENEGAL 2014- Enquête mobile Module 11 : TABASKI” a été piloté par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd). Financé par la Banque mondiale et portant sur la Tabaski de l’année 2016, il présente un rapport plus ou moins mitigé portant sur la célébration de l’Aïd el Kébir par les sénégalais sur un échantillon de 1327 ménages sur 1500, soit un taux évalué à 88%.

Quand le monde rural manque au rituel

L’enquête, achevée en novembre 2016, révèle que plus de quatre ménages sur cinq soit 83% ont sacrifié au rituel avec le mouton de Tabaski au moment où 16% des ménages, souhaitant le symbolique, n’ont pas pu le faire. Ce chiffre concerne, particulièrement, le milieu rural où 9,5 % des familles se sont contentées d’une chèvre. “En milieu rural, par contre, cetteproportion est relativement importante avec 18,2% des ménages ruraux. Les autres types d’animaux, tels les bœufs, n’ont quasiment pas été utilisés pour le sacrifice”.

Par aillleurs, la majorité des ménages ayant sacrifié un animal lors de la tabaski l’ont acheté, note le document qui précise que 72,4% des ménages ont acheté l’animal sacrifié tandis que 23,0% l’ont élevé.

”La répartition des ménages selon la zone de résidence donne les mêmes tendances avec un léger écart en milieu rural. En effet, si sept ménages ruraux sur dix (69,2%) ont acheté leur animal sacrifié, ce sont 73,9% des ménages de la zone urbaine de Dakar et plus de trois quarts (77,1%) des ménages des autres zones urbaines qui se l’ont également procuré par achat.

C’est dans le milieu rural qu’on retrouve le plus souvent les ménages qui ont élevé eux-mêmes la bête sacrifiée : 26,5% contre 21,6% à Dakar-urbain et 17,3% dans les autres zones urbaines”.

Une population désargentée

Selon l’Ansd, la première cause d’une telle situation notamment, dans le cas des ménages en milieu rural, constitue le manque d’argent. “La principale raison qui explique l’absence de sacrifice est le manque d’argent : neuf ménages sur dix (90,3%) n’ont pas sacrifié un animal parce qu’ils n’ont pas eu d’argent.

Le manque d’argent reste également la principale raison qui a poussé les ménages à ne pas effectuer de sacrifice en milieu rural (94,4%), à Dakar-urbain (83,8%) et dans les autres zones urbaines (88,0%)”, explique la source.

Les sénégalais ont déboursé entre 50.000 et 100.000 francs CFA

L’enquête effectuée sur un échantillon révèle que 2 ménages sur 3 soit 65% achètent leur mouton pour un prix compris entre 50.000 et 100.000 francs CFA. “Alors qu’ils ne sont que 23,7 % à acheter un mouton à un prix inférieur à 50 000 FCFA. Les ménages qui ont acheté à des prix relativement élevés (100 000 FCFA et plus) sont moins nombreux.

En effet, ceux qui ont payé leur mouton à un prix compris entre 100 000 FCFA et 150 000 FCFA ne représentent que 8,4% et ceux qui ont acheté entre 150 000 FCFA et 200 000 FCFA sont évalués à seulement 1,4%. En outre, 0,6% des ménages ont acheté des moutons dont le prix est compris entre 200 000 FCFA et 250 000 FCFA contre 0,7% ont le leur à un prix supérieur à 250 000 FCFA.

Les ménages qui ont sacrifié un mouton de moins de 50 000 FCFA ou entre 200 000 FCFA et 250 000 FCFA sont surtout surreprésentés en zone rurale alors que ceux qui ont sacrifié des moutons dont le prix est compris entre 50 000 FCFA et 100 000 FCFA sont concentrés en zone urbaine (Dakar et autres urbains).

La zone urbaine de Dakar concentre également les ménages dont le prix du mouton sacrifié est situé dans les tranches 100 000 FCA – 150 000 FCFA, 150 000 FCFA – 200 000 FCFA et plus de 250 000 FCFA”, détaille t-on dans le document.

Plus loin, l’enquête donne un aperçu sur un échantillon de ménages qui obtiennent leur mouton de Tabaski grâce à l’aide des autorités locales, amis ou connaissances pour dire que “ils ne représentent que 4,6% des ménages. Cette proportion reste approximativement la même au niveau des autres zones de résidence de Dakar (4,5%) et du milieu rural (4,3%) sauf pour les autres villes (5,6%) qui dépassent d’un point de pourcentage le niveau national”.

Au moment où “la plupart des ménages (85,5%) attendent la dernière semaine avant la tabaski pour se procurer un animal pour le sacrifice. Seuls 10,7% des ménages ont effectué leur achat entre une semaine et un mois avant la tabaski”.

Diouma SOW

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