Les cinq flèches de Hollande contre Macron dans son discours de rentrée

LE SCAN POLITIQUE – Pour son discours de rentrée, l’ancien chef de l’État a étrillé son successeur à l’Élysée. Il a notamment ciblé le style de sa présidence, et sa politique.
L’été n’a pas calmé son courroux. Bien au contraire. Pour fêter la rentrée à sa manière, François Hollande a décidé de s’inviter à Cherbourg (Manche), le fief de son ancien premier ministre Bernard Cazeneuve, pour une séance de dédicace de son livre à succès, Les leçons du pouvoir. «Je ne suis jamais sorti, si ce n’est de l’Élysée. (…) Je ne suis jamais parti de la vie politique», a déclaré l’ancien chef de l’État pendant son discours de plus d’une demi-heure devant les militants socialistes locaux. «Je veux vous aider, autant qu’il sera possible, à garder espoir», a-t-il ajouté. En délivrant quelques «leçons du pouvoir» à son auditoire, il n’a pas manqué d’étriller son successeur à l’Élysée, Emmanuel Macron… Sans toutefois jamais prononcer son nom.

● «On ne peut pas simplement être dans la gestion ou dans l’accumulation de réformes»

«Il faut avoir des idées, des convictions, pour mener la direction du pays. On ne peut pas simplement être dans la gestion ou dans l’accumulation de réformes soi-disant indispensables. Une réforme n’est pas une conviction. Ce qui doit animer le président de la République, c’est une vision de l’avenir de son pays, une stratégie, qui va durer, d’ailleurs, bien au-delà de son mandat. Pour que s’inscrivent des changements. Pour que se portent des avancées et des progrès.»

● «Rien ne se conquiert dans la prétention»

«Rien ne se conquiert dans la prétention, dans l’oubli, et encore moins dans la contrition. Tout se mérite mais tout a une histoire. (…) L’histoire, ce n’est pas simplement un regard sur le passé, c’est au contraire la façon de préparer l’avenir. Parce que nous savons d’où nous venons. Ceux qui disent qu’ils ne viennent de nulle part, généralement, ne trouvent pas non plus de point de destination. C’est rare. Ils sont perdus: la brume se dissipe, et on voit qu’ils ont fait du surplace, quand ils n’ont pas conduit à des régressions.»

● Le narcissisme, «une terrible maladie»

«Ce qui est plus difficile à vivre, ce sont les comportements personnels. Il peut y en avoir de formidables, de magnifiques, dès lors qu’ils supposent de l’engagement, du désintérêt, de l’abnégation, et du sens du collectif. Hélas, parfois, il y en a d’autres qui sont animés – parce que c’est l’air du temps, j’imagine – par l’individualisme, le cynisme, ou, parfois, ça peut survenir, le narcissisme. Une terrible maladie. Dont personne ne peut être sûr qu’il ne peut en être victime un jour.»

● «Résister aux groupes de pression»

«Beaucoup souhaitent, veulent (…) une présidence ferme. Elle doit être ferme. Pour résister, notamment, aux groupes de pression – on parle beaucoup des lobbys en ce moment.»

● Cafouillage de l’exécutif sur le prélèvement à la source: «C’est un problème de choix politique»

«Je ne veux pas ici compliquer la tâche de ceux qui hésitent encore. Mais ce que je peux dire, c’est que cette réforme était prête. Elle a été déjà différée, elle peut être annulée. Chacun a le droit de prendre la décision. Mais ce dont je suis sûr, c’est que les fonctionnaires du ministère ont fait tout leur travail. Après, c’est un problème de choix politique.»

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