Les enseignants réclament plus d’équité dans le traitement des salaires

Le ministère de la Fonction publique, de la Rationalisation des effectifs et du Renouveau du service public a organisé un atelier de partage des conclusions de l’étude sur le système de rémunération au sein de l’administration sénégalaise. Mais, en envoyant un extrait du rapport réalisé par le cabinet Mgp Afrique, les services de Mariama Sarr ont créé un nouveau faux départ d’une rencontre dont l’objet a été le point nodal des revendications des syndicats d’enseignants.

Ce document présente des généralités et autres recommandations du cabinet, sans toutefois permettre aux participants d’avoir des statistiques probantes sur le niveau de désarticulation du système de rémunération.
Sur l’effondrement du système éducatif, mesuré régulièrement par les résultats des évaluations nationales certificatives, on pointerait forcement du doigt le temps d’enseignement et apprentissage. Le quanta horaire est fortement plombé par les grèves récurrentes mais surtout cycliques des syndicats. Les enseignants réclament entre autres, un système de rémunération plus juste et équitable des agents de la fonction publique.

Ceci, selon certains, ça passe par une augmentation substantielle des indemnités de logement. Ce point l du protocole d’accords signé en février 2014, a failli mener l’école publique sénégalaise vers une année blanche. L’année académique 2018 a été marquée par une série de grève de 4 mois des syndicats d’enseignants qui ont finalement obtenu une indemnité de 100 000 Fcfa échelonnée sur une période bien définie (10 000 en octobre 2018, puis 15 000 en janvier 2019…et les autres 15 000 Fcfa en 2020). A la première lecture, la rencontre tant attendue est salutaire pour dissiper les inquiétudes qui planent sur l’école publique. Il n’en demeure pas moins que la démarche risque de fausser le jeu.

En effet, les différents acteurs appelés à participer à cette activité, n’ont reçu qu’un extrait du rapport final réalisé par le cabinet. Un résumé dont les constats sont, au demeurant, bien connus. Les résultats de l’étude sont manifestes : “ces dernières années ont été marquées par des dysfonctionnements à la fois dans son organisation, dans son fonctionnement et dans la gestion de ses ressources humaines, qui ont sensiblement déstructuré le système de rémunération dans l’administration publique et conduit à une relative démotivation des agents, ce qui a affecté la qualité des prestations de service public”, lit-on dans l’extrait du rapport.

Le diagnostic de la situation a permis d’établir que le “régime indemnitaire est inéquitable et inadéquat et constate le recours récurrent à des formes de rémunération non liées aux échelles indiciaires, à travers l’octroi d’indemnités différentielles ou l’attribution de soldes globales”. Le cabinet fait état “des niveaux de rémunération des dirigeants des entités du secteur parapublic trop élevés et une insuffisante maîtrise des grilles de rémunération des personnels de ces entités”.Plus loin, le pré-rapport de l’étude avait relevé plus de 85 sortes de primes et indemnités recensées sur le régime indemnitaire. Les sursalaires variant de 60% à 150% dans les agences nationales. Les indemnités consenties par la Fonction publique ont connu une augmentation de 90% entre 2004 et 2006.

Pour l’inspecteur de l’éducation à la retraite, Mody Niang, “le gouvernement n’arrange pas la situation en décidant d’augmenter substantiellement les indemnités de certains corps, laissant en rade les enseignants”. Pour déplumer davantage ce système, Saourou Sène a indiqué que “les enseignants constituent 70% des agents de la fonction publique, alors qu’ils consomment 12% de la masse salariale. 30% des autres agents de l’administration utilisent 80% des salaires”. Cette absence notoire de l’équité, selon Abdoulaye Ndoye du Cusems, est “la conséquence de la démotivation des enseignants qui migrent dans d’autres corps”. Au regard de ces constats d’un système désarticulé, nul n’est besoin de dire que le mal existe, et encore moins qu’il risque de perdurer. En effet, l’extrait du rapport est, selon certains acteurs, d’une généralité déconcertante. Ce document ne présente pas la face hideuse avec des statistiques à l’appui d’un système problématique. Certaines parties-prenantes ont déploré “’absence de chiffres pour avoir une vision globale de la situation”.

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