Les États-Unis et le Royaume-Uni financent 54 groupes de militants en Syrie malgré le vœu de Trump de « partir »

Bien que le président étatsunien Donald Trump ait juré “je veux partir” de Syrie pour “ramener nos troupes à la maison” il y a quelques mois, un nouveau rapport indique que les militaires étatsuniens et une cohorte d’alliés, dont Israël, la Grande-Bretagne, la France, la Jordanie et “certains États du Golfe Persique” soutiennent toujours quelque 54 groupes militants en Syrie.

Les États-Unis, la Russie et les Nations Unies désignent tous le Front al-Nosra, également connu sous le nom d’al-Qaïda en Syrie, comme une organisation terroriste. Mais pour une raison quelconque, les combattants du groupe terroriste semblent “profondément enracinés aux côtés de ces militants soutenus par les Etats-Unis dans des villes et villages clés et stratégiques disséminés dans toute la partie sud de la Syrie, a rapporté dimanche The American Conservative.

“Les médias et les groupes de réflexion étatsuniens occultent ce fait en qualifiant tous les combattants de l’opposition de “rebelles” ou de “modérés”, note le rapport.

Le groupe terroriste a opéré sous d’autres noms, y compris Tahrir al-Sham, mais n’a pas encore changé son orientation pro-al-Qaïda.

Selon le rapport, le Front Nosra “se bat ouvertement” avec le soi-disant “Front du Sud”. Le Front Sud est “un groupe de 54 groupes militants d’opposition financées et commandées par une salle de guerre dirigée par les Etats-Unis basée à Amman, en Jordanie, appelée le Centre d’opérations militaires (MOC)”, a révélé l’article.

Le MOC fournit des renseignements, du financement, des armes, des salaires individuels et de la formation à chacun des 54 groupes militants. Tout en reconnaissant que les détails de la salle de guerre dirigée par les États-Unis en Jordanie sont rares, The American Conservative citent des sources en Syrie pour appuyer l’affirmation selon laquelle les États-Unis ne sont pas les seuls à soutenir les groupes militants violents en Syrie. Un détail du rapport indique que le MOC a été établi en février 2014.

L’armée syrienne libre alignée sur les États-Unis serait de mèche avec le Front Nosra, le Front Nosra opérant aux côtés de l’ASL. “Ils offrent leurs services et coopèrent avec nous, ils sont mieux armés que nous, ils ont des kamikazes et savent comment fabriquer des voitures piégées”, a déclaré un combattant de l’ASL au journal The National en 2014.

Plus intéressant encore, l’ASL s’appuie sur le Front Nosra pour mener des offensives sous prétexte d’être des combattants de l’ASL, qui sont mieux accueillis par la communauté internationale. “Dans de nombreuses batailles, al-Nosra participe, mais nous n’en parlons pas à la salle des opérations [c’est à dire au MOC] et parfois même nous dirons que les combattants d’al-Nosra viennent de l’ASL pour leur permettre de franchir plus facilement les frontières”, a déclaré un commandant de l’ASL à The National.

Il n’y a pas plus de 6 mois, en mars, Trump s’est exclamé : “Je veux sortir, je veux ramener nos troupes à la maison” lors d’une conférence de presse avec les chefs d’Etat de Lituanie, de Lettonie et d’Estonie, a rapporté Politico. Le président a également laissé entendre que les États-Unis pourraient faire une offre à l’Arabie saoudite en Syrie. “L’Arabie saoudite est très intéressée par notre décision, a déclaré Trump. “Et j’ai dit : ” Eh bien, vous savez, vous voulez qu’on reste ? Peut-être que vous allez devoir payer.”

Lors d’un rassemblement parmi les partisans de Trump à la fin mars, le président étatsunien a juré que “nous sortirons de Syrie très bientôt. Nous laisserons les autres s’en occuper.”

Au moins une des raisons pour lesquelles les médias étatsuniens ne rendent pas compte de la coopération entre les forces soutenues par les États-Unis et le Front Nosra est que le Conseil de sécurité des Nations Unies, auquel les États-Unis sont un représentant permanent, a adopté la résolution 2254 en 2015. Cette résolution déclare que le cessez-le-feu “ne s’appliquera pas aux actions offensives ou défensives contre “l’Etat islamique (EI), le front, al Nosra” et tous les autres individus, groupes, entreprises et entités associés” à ces groupes terroristes ou à tout autre groupe terroriste.

“Cela signifie essentiellement que l’armée syrienne et ses alliés peuvent attaquer toutes les zones du sud de la Syrie où sont basés les combattants de Nosra – et les “entités qui lui sont associées”. En effet, le droit international donne carte blanche à l’assaut militaire syrien contre les militants soutenus par les États-Unis qui partagent les locaux d’al Nosra, et sape la capacité de leurs parrains étrangers à prendre des mesures de représailles”, a rapporté The American Conservative

“Il n’est pas étonnant que nous ayons du mal à combattre les terroristes alors qu’il y a encore tant de confusion quant à leur identité” a écrit Max Abrahms, professeur à la Northeastern University et membre du Council on Foreign Relations, dans un article paru dans le LA Times du 8 novembre.

Traduction SLT

Source en anglais

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