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Les «extra-terrestres» et l’histoire ou réponse à Mandiaye Gaye

mandiaye gaye mbaye jacques diopAlerte !!! Notre planète (politico-historique ?) est encore menacée. Des «extra terrestres», les mêmes qui avaient défrayé la chronique, il y a quelques lustres, remettent ça. «Sûrs d’eux-mêmes et dominateurs», ils n’avancent pas masqués, assènent plutôt leurs vérités et clouent au pilori Mbaye-Jacques Diop, coupable de travestir l’Histoire (leur «histoire»).

Nous écrivons «ils», parce que même si le «papier» publié dans la presse est signé de Mandiaye Gaye, ce dernier raisonne aussi, certainement au nom de son alter ego «extra-terrestre», l’autre membre du duo qui nous avait interpellé, à l’époque, toujours sur les «Porteurs de pancartes» du 26 Août 1958. D’ailleurs, Gaye évoque ce duo, en écrivant dans sa diatribe : «Moi et mon ami (sic) Moctar Fofana Niang…»

Qu’est-ce qui, en réalité, trouble le sommeil de nos vaillants historiens… révisionnistes ? Il semble qu’ils soient habités par une irrépressible obsession de contester ma présence, ou un quelconque rôle que j’aurais joué dans les évènements du 26 Août 1958, à la place Protêt de Dakar. La liberté de pensée et d’expression est une liberté constituti

onnelle, entre autres, et sa reconnaissance participe au renforcement de l’idéal démocratique. Encore faut-il être probe ! A «Ndoumbélane», malheureusement, les «intellos», tels les cow-boys au Far-West, ont, non pas la gâchette, mais la plume facile. Et ils la trempent, souvent non pas dans le miel, mais dans le fiel. N’importe qui, dans notre cher pays, peut, un beau matin, se lever et s’ériger en politologue, en historien, en moralisateur, voire même en Saint : il aura toujours des disciples, des adeptes, des admirateurs, voire des curieux désœuvrés, poreux aux théories les plus farfelues.

C’est quand ces porteurs de nouvelles doctrines s’érigent en censeurs – bien souvent hélas ! dans des domaines, ou des disciplines, qu’ils ne maîtrisent pas- que les problèmes surgissent. J’avais répondu, à l’époque, à nos preux historiens du  dimanche. Voilà, presqu’à l’improviste, quelque huit mois avant la date de la commémoration de l’arrivée du Général De Gaulle, à Dakar, en 1958, que nos extra-terrestres se rappellent à notre souvenir.

Qu’ils restent sereins ! Je ne m’arracherai pas les cheveux, ni ne m’énerverai. Ce sera, plutôt, l’occasion de leur dispenser un cours d’humilité. Bis repetita. Comme la répétition est pédagogique, il faut rappeler au sieur Gaye (qui se fera notre interprète auprès de son ami Fofana Niang), les quelques données historiques, ci-après :

- Le  Mjups n’a pas été un parti politique, comme l’a écrit dans son article, notre contempteur :

- «Est-il tout simplement logique, pour un esprit normal, qu’un militant du Mjups, parti politique farouchement opposé à l’indépendance…»

Le Mjups (Mouvement des jeunes de l’Union progressiste sénégalaise), comme son l’indique, n’était qu’un démembrement de l’Union progressiste sénégalaise (Ups), parti né de la fusion du Bloc populaire sénégalais (Bps) de Léopold Sédar Senghor et du Parti sénégalais d’action sociale (Psas) de Lamine Guèye. Je sais que quelques, «mécréants» politiques auraient souhaité que ce fut un ancien du Pai, à la tête des «Porteurs de Pancartes», mais le Pai était peu représentatif en 1958.

Regardez toutes les photos d’archives avec les banderoles et les pancartes. Point de Pai. Seulement l’Ups section sénégalaise du Pai et le Mps/Rda de Doudou Guèye. Il est bon de maîtriser la matière dans laquelle on nourrit la prétention de distribuer des bon et mauvais points, au risque de s’afficher comme inutilement prétentieux. Nous allons démontrer en trois points, trois séquences.

A quel titre et comment fûmes-nous acteur privilégié de l’événement du 26 Août 1958 ?

Les «extra-terrestres» (dotés, pourtant, de la science infuse) ont dû,  tout simplement oublier que les 25, 26 et 27 Juillet 1958), nous avions   activement participé au Congrès historique de Cotonou, au Dahomey (actuel Bénin), qui avait regroupé la quasi-totalité des partis politiques de ce qui était encore l’Afrique Occidentale Française (Aof) et l’Afrique équatoriale française (Aef).

Ce fameux congrès, après la guerre d’Indochine, l’indépendance du  Maroc et de la Tunisie, du Ghana et l’exacerbation de la guerre d’Algérie qui a déterminé  le rappel de De Gaulle au pouvoir, après les évènements du 13 Mai 1958, à Alger, devait sceller le sort des anciennes possessions françaises d’Afrique noire. Le mot d’ordre, qui y avait triomphé, était de voter : «NON» et «pour l’Indépendance immédiate», au référendum envisagé en Septembre 1958 et dont, précisément, le Général De Gaulle venait faire la promotion, en Août.

C’est en notre qualité de Secrétaire général à  l’organisation et à la propagande du Mjups, que nous avons fait partie de la délégation de l’Ups qui avait pris part au congrès, parce que, à ce titre, nous étions membre actif du Bureau politique de l’Ups, représentant les jeunes, dans cette Instance, avec nos deux autres camarades, Amadou Racine Ndiaye et Amadou Ndéné Ndao, mais aussi avec Amadou Makhtar Diop et Serigne Babacar Diop, issus du Psas cité plus haut.

A Cotonou les jeunes du partis (Mjups) étaient représentés, dans la délégation, par Amadou Ndéné Ndao (encore vivant) feu Amadou Maktar Diop et moi-même. Nous étions encore avec Madame Rose Basse (issue du Psas), qui représentait les femmes. Etaient aussi présents dans la délégation de l’Ups, outre Léopold Sédar Senghor, Mamadou Dia, Abdoulaye Ly, Amadou Matar Mbow, Thierno Ba, Lamine Guèye, Abdoulaye Gueye Cabri, Pierre Ly, etc.

Nous nous rappelons cette délégation s’être réunie, dans une salle de classe, le 25 juillet 1958, sous la présidence de Senghor, et, après vives discussions, l’aile gauche, amenée par Abdoulaye Ly, l’avoir emporté, en imposant le mot d’ordre d’Indépendance immédiate, après vote (7 membres pour et 6 membres contre dont Senghor et Dia). Nous nous souvenons, encore, de Abdoulaye Ly demandant que Mamadou Dia soit le porte-parole de la délégation, à la plénière du Congrès le lendemain pour proclamer la volonté d’indépendance immédiate de la délégation sénégalaise.

Retour de la délégation sénégalaise de Cotonou et préparation de l’accueil de De Gaulle

L’Ups, devenue, à l’issue du Congrès, «Section sénégalaise du Pra» s’était attelée, non sans quelques difficultés internes, à la préparation de l’accueil du Général De Gaulle, le 26 Août 1958.

Les deux courants, internes, du OUI et du NON, étaient apparus irréductibles. Nous étions, n’en déplaise à nos censeurs extra-terrestres, Amadou Racine Ndiaye, Serigne Babacar Diop, Guirane Ndoye, et moi-même, chargés de vulgariser le mot d’ordre de Cotonou (NON) et de préparer la mobilisation. Si, mener de telles activités, à des titres officiels indiqués ci-dessus, n’implique pas l’exercice de responsabilités, à quel extra-terrestre se vouer, alors, pour sauvegarder la vérité historique ?

D’illustres témoins, comme le Doyen Abdoulaye Ly, ou encore Amadou Matar Mbow sont encore présents (que Dieu prolonge leurs jours et renforce leur santé !) parmi nous.

Et si nos vaillantes sentinelles de la vérité prenaient la précaution de les consulter, avant de s’engager, avec témérité, dans des spéculations hasardeuses et des analyses au-dessus de leur mesure ?

En notre qualité, en tout cas, de Secrétaire général à l’Organisation et à la Propagande, nous avons pleinement joué notre rôle d’encadreur, de responsable et de leader des jeunes de l’époque. Nous avons participé à la mobilisation, aux préparatifs de la manifestation du 26 Août 1958, à la place Protêt (notamment à l’intense propagande, et la confection des pancartes et banderoles, surtout pendant la nuit du 25 et 26 Août 1958, et à la place Protêt, lors de l’accueil, le 26 août 1958, tôt le matin jusqu’au soir à (20 heures).

Nous avons incité et encadré nos camarades jeunes et les avons encouragés à brandir banderoles et pancartes réclamant l’Indépendance immédiate. Eh  oui, honorables censeurs ! Nous avons le privilège de pouvoir dire, comme les grognards de l’Empereur Bonaparte (pensant à la bataille d’Austerlitz : «Nous y étions !» Nous étions à la place Protêt, au milieu des «Porteurs de Pancartes», le 26 Août 1958.

Conséquences des manifestations du 26 Août 1958.

Il faut rappeler que, à l’accueil tumultueux du Général, n’étaient présents ni Senghor, ni Mamadou Dia. Mais cela est une autre histoire ! Les manifestations avaient passablement irrité le tout nouveau dirigeant français. D’où sa fameuse apostrophe aux «Porteurs de pancartes».

Les grandes manœuvres politiques, en coulisse, devaient, immédiatement être entreprises. C’est ainsi que moult conciliabules eurent lieu, avant la date du vote référendaire, du 28 septembre 1958. A deux reprises, par exemple, le Comité exécutif de l’Ups s’est retrouvé dans la salle des fêtes de la Mairie de Rufisque, sans qu’un consensus ait pu être dégagé, quant à la décision de faire voter OUI ou NON.

La dernière rencontre devait avoir lieu le 20 Septembre 1958 et devait se solder par l’éclatement de l’Ups et la création du parti : Pra-Sénégal.

C’est, en effet, après le dramatique éclatement de l’Union progressiste sénégalaise que les membres dudit parti, qui entendaient rester fidèles aux mots d’ordre de Cotonou (voter NON), devaient se retrouver dans la même nuit, chez Amadou Gabin Guèye, au quartier Dangou Sud, de Rufisque, pour mettre sur pied le parti Pra-Sénégal et rédiger, séance tenante, le fameux Manifeste dudit Pra-Sénégal.Pour l’histoire, il convient de préciser que la rédaction a été l’œuvre du Doyen Abdoulaye Ly.

Je suis signataire de ce Manifeste qui existe encore en format papier et, il est précisé en face de mon nom, comme pour tous les autres signataires, mes fonctions dans le parti. Il est mentionné ceci : «Diop Mbaye-Jacques, Secrétaire général à l’organisation et à la propagande. Délégué des jeunes au bureau exécutif de l’Ups».

Comment peut-on travestir l’histoire, en ce 21e siècle, quand la technologie permet de préserver, à présent, l’image et le son et de sauvegarder l’écrit ; quand, surtout, Dieu merci, les témoins de faits qui ne remontent pas encore à soixante ans, peuvent arbitrer des controverses ?

La question ne semble même pas se situer à ce niveau où la cause est entendue. La question est de savoir ce qui motive des «extra- terrestres», déconnectés des réalités, et qui, tel Don Quichotte, semblent engager des combats… contre des moulins à vent. Il est vrai que, une fois de plus, il faut apprécier les choses à leur juste valeur.

Le combat de Gaye et Fofana  Niang, n’est pas,  ne peut être le nôtre. Nous, nous avons les pieds sur terre. Nous n’avons pas de vaisseau spatial. Les préoccupations de ceux qui en sont dotés et qui viennent, donc, d’autres planètes, ou d’autres galaxies, ne sauraient, par conséquent, nous distraire. Toutefois, attention ! Que nos inquisiteurs ne s’y trompent pas ! Nous ne laisserons rien passer. Avec nous, le «terrorisme verbal» (ou écrit) ne passera pas. Par tempérament, nous riposterons toujours. D’autres s’y étaient essayés… à leurs dépens.

Maître Mbaye-Jacques DIOP

Président de l’Association des «Porteurs de pancartes»

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Publié par sur jan 3 2013. Archivé sous A LA UNE, ACTUALITE, CONTRIBUTION, POLITIQUE. Vous pouvez suivre les réponses à cet article par le RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou un trackback sur cet article

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