Les farces de… l’ordre

La Police. Encore elle ! Jeudi dernier, certains de ses éléments détachés à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar se sont adonnés à leur sport favori : casser de l’étudiant… désarmé.

Jusqu’à ce qu’il y ait mort d’homme. Et à chaque fois, certains de leurs collègues sont désignés pour mener l’enquête, dont le résultat laisse toujours à désirer.

Avec la mort de Bassirou Faye, tout le monde demande à ce que les circonstances de la mort soient élucidées. Mais au fond, ne faudrait-il pas demander une enquête beaucoup plus exhaustive ?

Parce que le sort réservé aux autres étudiants, jusqu’à leur occasionner des blessures graves ne saurait être occulté.

De jeunes étudiants ont été pris à partie, leurs chambres vandalisées (lire ailleurs) et ces pratiques datent depuis des années. Les victimes s’en sont toujours plaintes, mais c’est à la limite même, si on ne les méprisait pas.

Dans un communiqué reçu hier, la Direction générale de la Police nationale se dit «déterminée à travailler avec l’autorité judiciaire pour que toute la lumière soit faite sur cette affaire afin de situer toutes les responsabilités en toute objectivité et impartialité.» Mais de qui se moque-t-on ?

Les hommes de Anna Sémou Faye voudraient qu’on attende naïvement qu’ils nous apporte la lumière, sur le lâche assassinat du jeune Bassirou Faye. Quelles farces ! 
L’on se rappelle tous, de l’affaire de notre confrère Boubacar Kambel Dieng, du nom de ce journaliste lâchement torturé par des éléments de la Brigade d’intervention polyvalente dans les couloirs du stade Léopold Sédar Senghor en 2008, après un match de l’Equipe nationale.

Un forfait qui est resté en travers de la gorge de beaucoup de Sénégalais défenseurs des droits de l’homme. Les mis en cause s’en étaient sortis avec des sursis au Tribunal et ils narguaient tout le monde sur les couloirs du Palais de justice. Une façon de dire qu’ils sont libres de bastonner qui ils veulent, sans qu’ils ne soient inquiétés ni par les juges encore moins par leur hiérarchie. 

Aujourd’hui, la propension des policiers affectés à l’université à user de la force et de façon disproportionnée devait un jour ou l’autre aboutir à mort d’homme. Personne ne se dira surpris par le décès violent du jeune étudiant en Maths-Physiques. Ces éléments du Gmi jouissent de trop d’impunité, du fait qu’ils ont la force publique. Il est temps qu’on mette un terme à ces agissements et recadrer la mission de ces éléments, dont Macky Sall lui-même avait récemment évoqué leur manque de professionnalisme.

  • Écrit par  Aly FALL

alyfall@lequotidien.sn

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