Les grands défis d'Obama pour son second mandat

A Washington, Barack Obama a prêté serment ce lundi 21 janvier pour son second mandat. Plusieurs chantiers importants attendent le président américain, dont le plus urgent demeure celui de la dette américaine.

obama discours

La dette et la question des déficits constituent la toute première urgence du président américain. Le 31 décembre dernier, Barack Obama a littéralement arraché à la dernière minute un accord à minima à ses adversaires républicains, pour éviter le fameux mur budgétaire. Il a obtenu une augmentation des impôts pour les revenus les plus élevés. Mais toutes les autres questions épineuses ont simplement été reportées à plus tard.

De nouvelles étapes décisives attendent le président dans les prochaines semaines : fin février, le plafond de la dette publique doit être relevé, faute de quoi, les Etats-Unis seront en faillite. Le premier mars, les coupes automatiques dans les budgets de la Défense et des programmes sociaux entreront en vigueur si aucune solution n’est trouvée.

Les Républicains sont déterminés à ne rien concéder au président, et le Congrès se prépare à de nouveaux psychodrames. Cette douloureuse bataille stratégique sur l’économie pourrait occuper une bonne partie du début du second mandat de Barack Obama, et ne pas laisser beaucoup de temps au président pour s’engager sur d’autres terrains législatifs.

Contrôle des armes à feu

L’ambition de contrôler d’une manière plus efficace les armes à feu est clairement affichée par Barack Obama. Ce dossier s’est invité dans l’agenda politique après la terrible tuerie dans une école de Newtown, le 14 décembre dernier. Depuis, le président américain a présenté un plan d’action, qui prévoit notamment l’interdiction des armes d’assaut et le contrôle systématique des antécédents des acheteurs. Mais là encore, le président a besoin du Congrès, qui doit adopter ces lois.

Le vote des parlementaires est là encore loin d’être acquis. La majorité républicaine de la Chambre des représentants se montre particulièrement récalcitrante concernant l’interdiction des armes d’assaut. Et même dans les rangs des démocrates, le plan de Barack Obama – pour éviter la violence par les armes à feu – fait grincer quelques dents. Les parlementaires démocrates des Etats conservateurs hésitent à apporter leur soutien au président, par peur de perdre leur siège lors des élections de mi-mandat, en novembre 2014.

Réforme de l’immigration

Le président américain ne doit pas non plus oublier ses promesses de campagne de 2008, à savoir celles qui n’ont pas été tenues lors du premier mandat. La plus importante d’entre elles est la réforme du système de l’immigration. A l’automne dernier, lors de la campagne électorale, les républicains ont défendu des positions anti-immigration parfois très radicales. Mais sur cette grande réforme du système d’immigration, Barack Obama a des chances d’obtenir un accord bipartisan.

Car les républicains ont perdu l’élection présidentielle et plusieurs sièges au Sénat et à la Chambre des représentants. S’ils ne veulent pas essuyer une nouvelle défaite, ils doivent impérativement regagner la confiance des minorités, et notamment celle de l’électorat hispanique, qui s’est massivement mobilisé pour la réélection de Barack Obama.

Le rôle de l’Etat fédéral en question

Derrière les projets de loi que souhaite voir aboutir le président, se déroule un débat idéologique qui oppose démocrates et républicains. La question du rôle de l’Etat fédéral dans la gestion des affaires publiques continue de diviser fortement les Américains. Selon le mythe fondateur du pays, quiconque travaille dur peut s’en sortir aux Etats-Unis. Mais en temps de crise, ce mythe est sérieusement ébranlé par les difficultés économiques. Et certains, comme le président, estiment que l’Etat fédéral doit renforcer sa présence.

La réussite du sauvetage du secteur automobile, à grands renforts de financements publics, plaide en faveur de cette thèse. Mais les républicains, et notamment les plus conservateurs, perçoivent chaque intervention de l’Etat fédéral comme une atteinte à leur sacro-sainte liberté individuelle, et combattent de toutes leurs forces chaque projet qui vise à renforcer l’intervention du secteur public.

Un changement de méthode ?

Au cours de son premier mandat, et conformément à son caractère dépeint comme conciliant, Barack Obama a cherché le compromis et n’a cessé de tenter d’obtenir des accords bipartisans. Cette méthode a considérablement ralenti les négociations sur la réforme de la santé au début de son premier mandat.

Le président, qui disposait entre 2008 et 2010 de la majorité dans les deux Chambres du Congrès américain, n’a ainsi pas profité de cet avantage stratégique, et beaucoup d’analystes lui ont reproché son manque de leadership, son manque d’autorité. Au cours de son second mandat, le président pourrait renoncer à l’art du compromis et tenter de s’imposer, de se montrer plus ferme face à une opposition qui ne lui a pas fait de cadeau.

Politique étrangère

Le second mandat présidentiel est traditionnellement celui au cours duquel les chefs d’Etat américains ont le plus de latitude sur la scène internationale. Le retrait des troupes américaines d’Afghanistan est engagé, et Barack Obama est désormais attendu sur la question israélo-palestinienne, sur laquelle il s’est peu engagé au cours des quatre années écoulées. Il pourrait aussi intervenir de manière plus ferme au sujet du conflit en Syrie, même si une intervention directe semble exclue.

Le dossier brûlant de l’administration Obama dans les prochains mois risque d’être la crise nucléaire en Iran. Barack Obama s’est engagé à empêcher Téhéran d’obtenir la bombe atomique. Washington veut encore donner le temps aux négociations. Si celles-ci n’avancent toujours pas, une décision sur une éventuelle frappe militaire devrait être prise après l’été, selon les spécialistes du Pentagone.

 

 

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