LES MARCHANDS AMBULANTS DÉFIENT LE MAIRE

La commune de Keur Massar est devenue une véritable fourmilière où s’activent des milliers de personnes. Ce qui rend difficile la circulation des voitures et des personnes surtout au niveau de la station.

Afin de décongestionner ce croisement, le maire a décidé de faire déguerpir les taxis et les vendeurs à la sauvette. Mais ces derniers comptent braver cet interdit, si rien n’est fait pour les recaser. Il est 21h. La grande avenue qui va du rond-point de la station de Keur Massar à l’ancienne brigade de la gendarmerie, où d’habitude le décor est constitué du vrombissement des voitures et des cris vendeurs et autres rabatteurs, est presque déserte.

Les seules personnes trouvées sur place sont les marchands ambulants. Très crispés, ces derniers se réunissent par petits groupes pour réfléchir sur les mesures qu’ils doivent prendre. Ce, après la décision du maire de Keur Massar Moustapha Mbengue de les déloger du site.

Assis sur un tabouret et entouré de ses collègues ambulants, Bara Kane s’étrangle de rage. Particulièrement mécontent, il livre ses sentiments : «Nous ne pouvons pas refuser le déguerpissement parce que nous sommes conscients que nous occupons une place publique et que ce n’est pas un endroit pour faire du commerce. Si le maire nous avait proposé une autre place, nous aurions accepté volontiers. Mais lorsque nous avons discuté avec lui, le maire nous a dit qu’il n’a pas encore trouvé de site pour recaser les vendeurs».

Battant en brèche les arguments du maire Moustapha Mbengue selon lesquels l’embouteillage est causé par les vendeurs ambulants, M. Kane affirme : «on ne travaille pas depuis deux jours et pourtant on constate toujours des embouteillages dans la zone. Donc il n’existe aucun lien entre nos activités et les problèmes de circulation», déclare-t-il avant de tirer à boulets rouges sur le maire. «Lorsqu’il a besoin de nous pour ses activités politiques, comme durant l’élection présidentielle, il nous fait la cour.

Après, il nous jette comme des mouchoirs», peste le commerçant. En guise de solution, le jeune commerçant propose qu’on leur loue le pavage, comme pendant les grands événements. Abondant dans le même sens que son collègue, Ngatie estime que les marchands ambulants sont laissés à leur triste sort par le maire. «Pourtant nous payons des taxes à la mairie», dit-il avant d’ajouter : «nous allons continuer à exposer nos marchandises sur la place publique, n’en déplaise aux autorités municipales. Nous sommes prêts à en découdre avec elles, si aucune solution n’est trouvée».

Reprenant la parole, Bara Kane a beaucoup décrié les arrestations dont font l’objet de nombreux marchands ambulants qui ont dû payer une amende de 12 500 FCFA. Très en verve, il déclare que ses camarades et lui continueront à occuper les lieux, quitte à aller en prison.

Pour Ousmane Ndiaye, un autre commerçant impacté par cette décision, c’est la troisième fois que le maire cherche à les déloger. «Mais c’est peine perdue», tranche-t-il. D’une superficie de 25.000 m2 et peuplée de 500.000 habitants, la commune de Keur Massar étouffe. Elle souffre d’un manque criant d’espaces.

Du coup, les véhicules de transport stationnent à l’intérieur des quartiers. Ce que déplore la population qui considère que cette situation va faire accroître l’insécurité et la pollution sonore. C’est pourquoi les personnes interrogées saluent la mesure prise par la municipalité et demandent aux autorités de trouver un espace dans la forêt de Mbao pour servir de site de stationnement à toutes les voitures de transport.

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