Les «Protocoles des Sages de Sion» ou « Le Manifeste des 72 » (Partie II)

Qui n’a pas entendu parler des Protocoles des Sages de Sion ? Nous avons jusqu’ici réussi à éviter ce sujet malgré les diverses sollicitations de certains de nos lecteurs. Les raisons de notre malaise proviennent principalement du fait que, bien que ce texte existe, il a tendance à alimenter bien des phantasmes et à conduire à des spéculations menant à plus de questions que de réponses. C’est le sujet polémique par excellence. Qu’il y ait concertation entre états ou groupes supra étatiques pour mener le monde dans une certaine direction, cela ne fait aucun doute. Mais suivent-ils des protocoles écrits il y a un siècle ? Cette question en amène d’autres : qui étaient précisément ces « Sages de Sion », et qui sont leurs héritiers actuels, s’ils existent ? Le texte ci-dessous, particulièrement long et publié en trois parties, vous aidera peut-être à vous forger votre propre opinion.  RI  

Lire la 1ère partie ici

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L’IMPOSSIBLE GENÈSE DES « PROTOCOLES »

 Les Protocoles disent clairement que l’antisémitisme, signifiant « antijudaïsme », est une partie indispensable du plan de domination mondiale. Il sera utilisé pour « la bonne gérance de nos frères inférieurs ».

Une noria de conjectures se bouscule sur leur création.

De nombreux auteurs ont parfois brûlé, mais peu se sont aventurés dans le monde interlope des sociétés secrètes et autres services secrets qui leur auraient permis de découvrir à quelle source empoisonnée s’abreuvent ces sulfureux Protocoles.

Ainsi a-t’-on :

Pour une réfugiée russe, Mme Paquita de Shichmareff, alias Mrs Leslie Fry, membre de l’équipe d’Henry Ford, le Juif, notre maître, Éd. R.I.S.S. (1931): « Les Protocoles seraient nés dans les quartiers israélites des “B’naï Mosheh” (Fils de Moïse) d’Odessa (1), en Crimée, et centre d’un important foyer juif, vers 1890, puis traduits de l’hébreu en français, et envoyés à l’Alliance Israélite Universelle de Paris. Ceux-ci rédigés, ils auraient pu être apportés au congrès sioniste de Bâle (2) par Asher Ginzberg. »

De cette hypothèse, nous retiendrons ici, l’allusion à l’ Alliance Israélite Universelle  dont il sera fait mention avec Adolphe Crémieux (1796-1880) du Rite de Misraïm.

Pour Lady Queenborough, son amie, dans Occult Théocrasy (1933) : « Les Protocoles auraient été dérobés à « une loge juive » du Rite de Misraïm à Paris en 1884. »

Le député antisémite russe à la Douma, Kruchevan, en 1903, présenta les Protocoles comme la traduction russe d’un « document » écrit en français, Le Procès-verbal des séances de l’Alliance mondiale des Francs-Maçons et des Sages de Sion. Le sabbataïste Jean-Adolphe Decourdemanche, dit Osman-Bey, d’origine juive serbe, La conquête du monde par les juifs, comme Brafman et Lutostanski, était persuadé que la « conspiration cosmopolite » était dirigée à partir des bureaux parisiens de  l’ Alliance Israélite Universelle.

Selon Nesta  H.Webster, les Protocoles seraient à l’origine un document interne à « une société secrète » et qui serait tombé dans les mains de Maurice Joly. Ensuite, l’œuvre de Joly aurait servi au faussaire M.Golovinski (3), à Paris en 1900-1901, pour le compte de l’Okhrana.

Les Protocoles auraient ensuite été inconnus ou occultés pendant la période de la Grande Guerre de 1914-1918, puisqu’ils resteront ignorés du grand public en dehors de la Russie.

Bien sûr, cela ne signifie en rien qu’ils aient été inconnus de certaines organisations maçonniques ou paramaçonniques ; simplement leur diffusion publique fut-elle différée en fonction de critères eschatologiques et cycliques, lesquels échappent à l’investigation du vulgaire profane.

La situation commença à devenir problématique à partir de 1919, une fois accomplie la révolution bolchevique, en une époque où des traductions des Protocoles furent mises en vente en Allemagne.

La première traduction « extra-muros » fut allemande et parut à Charlottenburg, près de Berlin, sous le nom : « Die Geheimnisse des Weisen von Zion ». L’éditeur allemand, cependant, dans son introduction donna une autre version de sa provenance :  « Le manuscrit des Protocoles » rédigé en français, aurait été confié une nuit dans une petite ville allemande à un agent du gouvernement russe, par le messager juif chargé de le porter après le congrès de Bâle à la loge juive de Francfort :  » À l’aube qui se lève  » . La loge juive ou plutôt frankiste fut fondée le 16 août 1807, sous le nom de « l’Aurore Naissante », assurant une liaison avec le Grand Orient de France.

Exacte traduction en français, d’une société rosicrucienne anglaise, non juive, au nom de Golden Dawn, issue d’une fraternité hermétique rosicrucienne d’origine allemande, « la Rose-Croix d’Or ».

Cette dernière serait, dit-on, l’inspiratrice des rites de Memphis-Misraïm et du très mystérieux Prieuré de Sion  de Pierre Plantard de Saint-Clair !

Pour Jean Parvulesco, La spirale prophétique p.228 Éd. G.Trédaniel, 1986 : « … la Confraternité Hermétique de l’Aube Dorée à l’Extérieur reste, sans absolument aucun doute, le groupe spirituel d’influence et de contrôle occulte qui, à partir de la Grande-Bretagne – mais aussi à partir de la France, et, d’une manière bien plus protégée encore, de l’Allemagne – a le plus prédéterminé la marche invisible et à plus forte raison la marche visible de l’histoire mondiale du XXe siècle. »

Francfort (4), aujourd’hui grande place financière et siège de la très puissante banque d’Allemagne et… européenne, dont  le gouverneur actuel, est l’Italien Mario Draghi (ex-banque juive Goldman Sachs, membre de la loge de Francfort « l’Anneau »), abrita un important foyer juif frankiste, centre du judaïsme européen de l’Empire, tels les Rothschild, Oppenheimer, lesquels ont eu pour patriarche un membre de « l’ Ordre des Frères Initiés de l’Asie », Foule, Stern, Kulp, Homberg, et Jacob Schiff, principal dirigeant de la banque Kuhn, Loeb & Cie, lequel finança le révolutionnaire d’origine juive, Trotsky (né Bronstein) par l’intermédiaire de la  Nya Bank  de Stockholm (siège d’une succursale de l’ordre du Dragon Vert) dont l’un des directeurs ne fut qu’autre qu’un juif suédois, Olaf Aschberg (1877-1960). (cf :  Épiphanius, Maçonnerie & Sectes secrètes  Éd. Courrier de Rome, 1997)

Francfort fut aussi au XVIIIe siècle un centre important des Illuminés de Bavière d’Adam Weishaupt, bête noire de l’abbé Barruel dans son ouvrage Mémoires pour servir l’histoire du jacobinisme (5).

D’ailleurs, selon l’une de ses épigones, l’historienne anglaise, spécialiste de la Révolution française, Nesta Webster (1876-1960), World Révolution : The plot against civilisation (1921), « L’Illuminisme » de Weishaupt est présenté comme l’une des sources des doctrines et des méthodes exposées dans les Protocoles.

Selon William Guy Carr, Des Pions sur l’Échiquier – en 1773 se tint toujours à Francfort, à la Boutique d’Orfèvrerie, une conférence secrète regroupant tous les plus grands banquiers mondiaux, au nombre de douze, sous les auspices de Mayer Amschel Bauer. De cette parodie de la Table Ronde, sortira un programme de domination mondiale voisin de celui contenu dans les Protocoles.

Ce palimpseste subversif connaîtra en Allemagne un grand rayonnement qui accompagnera comme un talisman maléfique, la montée du mouvement nazi. Dietrich Eckart, animateur de la Société Thulé, s’en fera dès 1919 le zélé propagateur dans son journal  Auf Gute Deutsch. Le IIIe Reich va assurer la publicité définitive de notre torpille. Alfred Rosenberg, l’idéologue fumeux du parti, écrira en 1923 un ouvrage qui leur sera entièrement consacré.Dans les années 1920, d’autres traductions suivront. En Amérique du Nord, notamment, sous l’égide d’Henry Ford, le célèbre constructeur d’automobiles. L’un de ses conseillers occultes n’était autre qu’Orlov, maçon d’obédience frankiste, ex-chef de l’Okhrana ; puis en Angleterre, rapportées par le correspondant du Morning Post à Moscou, Victor E. Marsden (1866-1920), sous le nom de : « The Jewish Péril, « Protocols of learned Elders of Zionײ ».

Il faut dire que la révolution bolchevique, suspectée d’être l’œuvre d’ agents juifs, suscitait bien des craintes pour le gouvernement anglais d’alors (6).

En décembre 1917, Lénine, que l’on proclamait juif, lança aux peuples occidentaux un appel au soulèvement général contre les oppresseurs bourgeois capitalistes.

Les Britanniques, inquiets, s’imaginèrent déjà leur empire à feu et à sang. Aussi, les années 1917-1922 paraîtront un temps d’intense lutte antibolchevique, avec des retombées antisémites.

David R. Francis, ambassadeur des États-Unis en Russie, avertit dans une dépêche à Washington en janvier 1918 : « Les dirigeants bolcheviques ici, dont la plupart sont des Juifs et dont 90% sont des exilés de retour [en Russie], font peu de cas de la Russie ou de tout autre pays, mais sont des internationalistes et ils essayent de déclencher une révolution sociale à l’échelle mondiale. »

L’ambassadeur des Pays-Bas en Russie, Oudendyke, chargé des intérêts britanniques après le saccage du Consulat de Grande-Bretagne à Saint-Pétersbourg et la mort du Commander E.N.Cromie, fit à peu près le même constat quelques mois plus tard : « À moins que le Bolchevisme ne soit tué dans l’œuf immédiatement, il est destiné à se répandre sous une forme ou sous une autre en Europe et dans le monde entier, car il est organisé et conduit par des Juifs qui n’ont pas de nationalité, et dont le premier objectif est de détruire pour leur propre bénéfice l’ordre de choses existant. »

Même les communistes juifs par la plume du journaliste Cohan dans The Communist, journal édité à Kharkov (numéro du 12 avril 1919) devaient reconnaitre que : « Sans exagération, on peut dire que la grande révolution sociale russe fut effectivement accomplie par les mains des Juifs. Il est vrai qu’il n’y a pas de Juifs dans les rangs de l’Armée Rouge, du moins en ce qui concerne les simples soldats, mais – dans les Comités et les organisations des Soviets-, comme Comissaires, les Juifs sont courageusement à la tête des masses du prolétariat russe le menant à la victoire …. le symbole du Judaïsme qui pendant des siècles a lutté contre le Capitalisme est devenu le symbole du prolétariat Russe que l’on peut même voir dans le fait de l’adoption de l’étoile à cinq pointes, qui auparavant comme on le sait, fut le symbole du Sionisme et du Judaïsme. »

Quelques mois plus tard, les imprimeurs anglais, Eyre & Spottiswood, publièrent une édition anglaise des  Protocoles, pour le compte du ministère de la guerre britannique.

Cette traduction fut éditée en décembre 1919 à partir d’un fragment d’un livre enregistré au British Muséum en août 1906, et qui avait pour titre : Le Grand dans le Petit et l’Antéchrist comme position politique immédiate.

Quinze jours après la conférence de San Remo (Italie) qui entérinait le démembrement de l’empire ottoman (7) parut, le 8 mai 1920, en la fête de Saint-Michel (l’archange terrassant le dragon), un article qui constituera un véritable lancement publicitaire pour les Protocoles dont les récentes éditions allemandes et anglaises n’avaient pas fait grand bruit. Puis le Times se tut, il fut relayé par le  Spectator.

Voici qu’en août 1920, les 16-17-18, un autre article, publié par le journaliste-espion irlandais du Times (8), Philip Graves (9),  révélait que les Protocoles s’inspiraient d’un ouvrage d’un révolutionnaire français en exil, Maurice Joly (10), antinapoléonien, intitulé : Dialogue aux Enfers entre Machiavel et Montesquieu (nommé également, Dialogues de Genève), édité à Bruxelles en 1865. Pourtant, les passages des Protocoles que l’on cite comme similaires aux  Dialogues de Genève sont notablement semblables à ceux d’un livre publié à Berlin en 1850 et portant un titre presque identique : Machiavel, Montesquieu et Rousseau, écrit par Jacob Venedy et publié en 1850. Or, Venedy (1805-1871) était un juif, natif de Cologne (sabbataïste ?) et franc-maçon, proche des Carbonari ! C’était un révolutionnaire actif (il fut chassé d’Allemagne et se réfugia à Paris où il fonda un journal subversif, Le Proscrit : journal de la République Universelle). Expulsé de la capitale, il trouva refuge au Havre, et grâce à ses amitiés Arago et Mignet, tous deux amis de Crémieux, il pourra regagner Paris. Venedy était l’ami intime et associé de Karl Marx (dont le prénom était Mordechaï) avec qui il travailla à Bruxelles, en 1847, à la fondation d’une organisation secrète : « La Ligue Communiste des Ouvriers ». Il était étroitement lié avec les principaux fondateurs de l’Alliance Israélite Universelle d’Adolphe Crémieux.

Parmi les autres sources d’inspiration des « Protocoles », René Guénon mentionne le roman de Hermann Goedsche, alias Sir John Retcliffe (1815-1878), ancien fonctionnaire des services de renseignement de Prusse, Biarritz, publié à Berlin en 1868. Dans son livre, Goedsche plagie Maurice Joly et fait un ajout, le chapitre « Au cimetière juif de Prague et le conseil d’administration des représentants des douze tribus d’Israël » où l’on voit se profiler des conspirateurs, au nom des 12 tribus d’Israël, dans la mise en place d’un immense complot mondial. Pour représenter la réunion, Goedsche se sert de scène empruntée au roman d’Alexandre Dumas, Joseph Balsamo  où l’on voit le Grand Cophte ourdir machiaveliquement contre la royauté française au travers l’affaire du Collier de la Reine. (cf : Jean Villiers [Jean Robin], Cagliostro, prophète de la Révolution Éd.G.Trédaniel).

Ancien fonctionnaire du ministère de l’Intérieur, écrivain et politicien raté, Maurice Joly (1829-1878), petit-fils de François Joly (11), fut l’ami et le disciple d’Isaac Adolphe Crémieux, Grand Commandeur du Suprême Conseil, et animateur de l’ Alliance Israélite Universelle créée en 1860 et ministre d’État affilié à une loge maçonnique d’obédience égyptienne (12) ! (cf : Gérard Galtier, Les Fils de Cagliostro p.129-130 Éd.du Rocher, 1989)

Selon Marc Bédarride, De l’Ordre maçonnique de Misraïm, Adolphe Crémieux aurait été initié au Rite de Misraïm dans une loge de Nîmes (13), alors qu’il était déjà membre du R.E.A.A (Rite Écossais Ancien & Accepté) et du Grand Orient de France (loge « du Bienfait Anonyme »).

Son nom apparaît encore dans un contexte étrange, lors de l’introduction du Rite de Misraïm en Angleterre, autour duquel nous retrouvons Robert W. Little (1840-1878), créateur de la « Societas Rosicruciana in Anglia », introduite selon W.W.Westcott par un ambassadeur vénitien au XVIIIe siècle.

Venise fut, si l’on en croit Jean Robin, l’infatigable déchiffreur des arcanes de l’histoire souterraine, le siège de la « Contre-Initiation » jusqu’en 1896, avant de passer le relais à la petite cité audoise de Rennes-le-Château !

Le journaliste, Philip Graves, correspondant du Times de Londres à Constantinople, nous révèle qu’il fit l’acquisition de cet ouvrage auprès d’un ancien officier monarchiste russe de l’Okhrana exilé, Mikhail Raslovev. Dans ce lot de livres achetés, ressortait un livre portant au dos le nom de Joly. Comparant ce livre aux Protocoles, il avait constaté de surprenantes similitudes entre les deux ouvrages.

Curieusement, Constantinople abritait une loge de l’ordre du Dragon Vert au XIXe, comme nous le rapporte  Jean Robin, Hitler, l’élu du Dragon p.191 Éd. G.Trédaniel.

Loge « contre-initiatique » obombrant un des centres les plus importants de l’Alliance Israélite Universelle, dont Abraham Behor de Camondo (1829-1889) (14), banquier du gouvernement ottoman, fut l’un des présidents.

Donc, il y a tout lieu de croire que Philip Graves, « suscité » pour égarer les pistes, a mêlé allègrement le vrai et le faux, comme cela est le propre de la « Contre-Initiation ».

En nous pointant la ville de Constantinople (15), révèle-t-il le lieu secret de son élaboration ou plutôt son commanditaire ?

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Le 25 février 1921, The Américan Hébrew (l’Hébreu américain) de New York, publia une interview (rémunérée) que la princesse Radziwill (16) (1858-1941), amie de la mère de Golovinski, avait accordée au gérant de ce journal où dit-on elle avait ses entrées (?) et au rabbin new-yorkais, Isaac Landmann.

Elle y déclara que les Protocoles avaient été rédigés après la guerre russo-japonaise (1904-1905) et le déclenchement de la première révolution russe de 1905, par le conseiller d’État, Pierre Ivanovitch Ratchkovsky (1850-1911) (17).

Chef de la division de l’Okhrana de 1884 à 1902, il fut lui-même un ancien révolutionnaire.

Arrêté lors d’une manifestation, on l’avait placé sans ménagement face à cette alternative : rentrer dans l’Okhrana et devenir un traître ou être déporté en Sibérie.

Scribouillard, en 1879, de la IIIe section du ministère de l’Intérieur russe, il grimpa les échelons au point de devenir chef du service étranger à Paris, sous la IIIe République.

Celui-ci avait pour mission d’infiltrer et d’espionner les milieux révolutionnaires russes émigrés en Angleterre et en France, principal pôle d’émigration hors de Russie. Après avoir  surveillé Bram Stoker et la Golden Dawn, il se consacra à la surveillance à Paris de la veuve morganatique du tsar Alexandre II, la princesse Iekaterina Iourievskaya, férue d’ésotérisme et très proche de Saint-Yves d’Alveydre, le père du concept et de l’idée synarchique.

Décédé en 1911, dans des conditions qu’on se plaît à dire mystérieuses, au poste envié de directeur adjoint de l’Okhrana, Ratchkovsky ne verra pas la révolution bolchevique.

En collaboration avec son agent Matthieu Golovinsky, la princesse Radziwill les aurait reçus chez elle en présence de Manouilov, fils d’un commerçant israélite de Gourevitch et qui « traitera » plus tard avec Raspoutine !

Manassevitch Manouilov dirigea le service de contre-espionnage russe à Vienne, puis à Stockholm (d’où Raspoutine recevait ses messages) et Anvers.

Avec Manassevitch Manouilov, nous aboutissons à la famille aristocratique suédoise Von Rosen, probablement liée à l’ordre du Dragon Vert (18). C’est l’un d’eux, Erich Von Rosen (1878-1948) qui recevant en 1921, Hermann Goering, qui épousa sa belle-sœur, Carin, dans son château de Rockelstad, constellé de swastikas, lui apprendra le sens racial et idéologique de ce symbole polaire dont Goering ignore tout et l’enverra à son ami balte Alfred Rosenberg (l’idéologue nazi et membre des « Frères Initiés de l ‘Asie », auteur du Mythe du XXe siècle), nous atteignons la centrale de l’espionnage au-delà duquel le fil casse.

Cette famille avait des liens avec l’ordre des « Frères Initiés de l’Asie » (19) d’obédience frankiste ; sachant que le siège de cet ordre trouva refuge dans les pays baltes et que le swastika fut réintroduit dans les cercles pangermanistes par trois émigrés baltes à Berlin, futurs membres de la « Société Thulé », Paul Rohrbach, le comte Avaloff et le juif frankiste Alfred Rosenberg.

Baltes qui seront rejoints par Sebbotendorf, le géopoliticien Karl Haushofer, Rudolf Hess, et le prince von Turn und Taxi, dont l’ancêtre fut membre de cette loge.

Selon Serge Hutin, Gouvernants invisibles & sociétés secrètes p.40 Éd. J’ai Lu et Gilbert Maire, Raspoutine p.136 Éd.de Crémille, 1970 — « La Baronne Von Rosen tenait à Saint-Pétersbourg un salon très fréquenté où l’on y recevait Raspoutine. Cette femme disposait de ressources financières toujours abondantes : régulièrement, de très grosses sommes lui parvenaient par l’intermédiaire d’un mystérieux “ingénieur”. »

Golovinsky, rapporta la princesse, lui aurait montré le manuscrit qu’il venait de terminer au moment de son passage à Paris en hiver 1905.

Le pamphlet antisémite serait paru en 1903 dans le journal  Znamia (« Le Drapeau ») de Saint-Pétersbourg, sous le titre Programme de la conquête du monde par les Juifs. Diffusés sous forme de tracts avec l’aide de l’Église orthodoxe russe et de l’aristocratie, les Protocoles inspirèrent des pogroms antijuifs organisés par les Cents noirs (escadrons de la mort).

Puisque le témoignage de la princesse Radziwill est souvent sollicité par de nombreux auteurs réquisitionnés autour de la genèse incertaine des Protocoles, puisqu’elle fut l’une des premières personnes à témoigner en faveur de l’inauthenticité des Protocoles, nous nous en voudrions de ne pas éclairer sa biographie obscure.

Celle-ci, si elle fut poursuivie pour faux à Londres le 30/04/1902, fut, et cela est plus intéressant, l’amante de… Lord Robert Cecil Rhodes (1853-1902), le créateur en compagnie de William T.Stead et de John Ruskin, de la société secrète intermédiaire la Round Table (La Table Ronde), proche des cercles fabiens, aux effluves très païens, à laquelle appartint plus tard, Lord Balfour (20), créateur du premier foyer juif en Palestine en 1917.

Encordée à de pareilles fréquentations, il y donc lieu d’être très circonspect avec les déclarations spécieuses de cette princesse, probablement « suscitée » elle aussi, pour égarer les curieux.Un Français, le comte Armand Alexandre de Blanquet du Chayla (1885-1939), converti à la religion Orthodoxe, chef de propagande dans l’armée de Wrangel, suspecté d’être un agent bolchevique, prétendra lui, dans un journal russe Posledniv Novosti (sous-titre français : « Dernières Nouvelles » n°331-332) que Serge Nilus, à qui il avait rendu visite en Russie en 1909, au monastère  d’Optima Poustyne, lui avait montré le manuscrit, déclarant l’avoir reçu de sa compagne, Natalia Afamassiecna Komarevsky, à qui Ratchkovsky l’avait remis à Paris.

Serge Nilus naquit à Moscou le 28/08/1862. Fils d’un riche propriétaire terrien. Gradué de l’Université, il devint fonctionnaire au ministère de la Justice russe (1886-1888), magistrat, puis procureur de la cour impériale du Caucase. Polyglotte, il fera plusieurs séjours à l’étranger, notamment en France (1883 et 1885). Traversé par une crise mystique, il visitera les couvents notamment celui d’ Optima Poustyne et se rapprochera du Père Jean de Cronstadt (1829-1908), membre de « l’Union du Peuple russe », organisation monarchiste d’extrême droite, qui deviendra son mentor.

Nilus travaillait justement à la rédaction de  l’Antéchrist qui approche. Ce livre traitait justement de l’action dissolvante des puissances secrètes internationales. Son livre paraîtra sous le nom Le Grand dans le Petit et l’Antéchrist une possibilité politique prochaine. Les Protocoles y furent adjoints dans la seconde édition de 1905.

Après 1906, Raspoutine évincera Nilus de la cour et supplantera le parti de Nilus.

Il se retira ensuite dans le gouvernement d’Orel. On pense qu’il mourra le 14/01/1929 dans un monastère, caché grâce à l’aide du père Jean de Cronstadt.

Nilus, lorsqu’on l’interrogeait, prétendait que le texte lui avait été remis par Alexis N. Soukhotine, « Maréchal de la Noblesse » de Tchern (gouvernement de Toula), qui se l’aurait vu remettre par Mlle Juliana Dimitrievna Glinka (1844-1918), fille d’un diplomate russe, espionne à Paris pour le compte du général Orgevskii, disciple de la théosophiste Helena Blavastsky, amie intime de Juliette Adam (1836-1936), directrice de la Nouvelle Revue. Justine Glinka prétendait les avoir reçus contre la somme de 2 500 frs d’un certain franc-maçon juif, Joseph Schorst, alias Schapiro, membre d’une loge de Misraïm de Paris (21) qui sera finalement assassiné en Égypte.

Parallèlement, un autre Russe, Georges V.Butmi (1856-1927?), écrivain polémiste et patriote, aurait publié en janvier 1906 des Protocoles presque identiques (comprenant 27 séances), Discours accablants. Les Ennemis du genre humain.

D’ailleurs, tous deux publièrent les Protocoles en plusieurs éditions.L’œuvre de Nilus fut réimprimée en 1911 dans le monastère St-Serge, situé près de Moscou. Une troisième édition sortira des presses de l’Institution des sourds-muets de Saint-Pétersbourg, en 1917, à la veille de la révolution bolchevique.

Étonnamment, ces réimpressions eurent avant 1919 pas le moindre succès commercial et propagandiste.

Cependant, d’après les déclarations écrites du fils de Serge Nilus, Sergueï Sergueïevitch Nilus (1883-1941) et de sa compagne Natalia A.Volodimeroff, née Matveieff (1845-1934), qui ne s’appela jamais Komarovsky, Nilus père et sa compagne ne firent que deux brefs séjours en France au cours des années 1883 et 1885 et ne furent pas en relation avec Ratchkovsky.

Qui croire ?

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LE DÉBAT JURIDIQUE : « AUTHENTIQUE » ou « FAUX »

Pour la cause de Sion, je ne resterai pas inactif.                                  (Esaïe 62.1)

C’est Salomon Reinach, conservateur en chef du musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye et vice-président de l’Alliance Israélite Universelle (A.I.U.), qui le premier dans l’Opinion du 20/06/1920 déclara que les Protocoles avaient été purement et simplement inventés.

Il fallut douze ans pour que la communauté juive essayât de discréditer l’œuvre à travers un tribunal de justice (22). L’intention de la communauté juive internationale étant de se disculper de son implication sinistre dans la gouvernance du monde.

Suite au rapport d’expertise présenté par le lieutenant-colonel en retraite Ulrich Fleischhauer, directeur du Welt-Dienst (Service Mondial) (service de propagande antisémite et antimaçonnique du régime nazi), le 15/01/1935, il apparut que l’inauthenticité des Protocoles fut repoussée et qu’au contraire toutes les preuves jugeant de l’authenticité de ceux-ci s’avéraient manifestes. La Cour d’Appel de Berne rendra un arrêt définitif en 1937 innocentant les prévenus et déclarant que les Protocoles n’étaient pas faux et ne pouvaient être censurés.

Du côté juif et philosémite, tout fut mis en œuvre, en France, en Angleterre, aux U.S.A, en Allemagne, pour tâcher d’enlever aux fameux enseignements, la valeur, l’autorité qu’ils tenaient de son texte.

Lucien Wolf (1857-1930), disciple de l’eugéniste britannique Joseph Galton, créateur de l’hygiène raciale juive, dans une longue lettre au Spectator de Londres du 12 juin 1920 ( lui aussi sous  la coupe du groupe Milner-Rhodes) avec Le Croquemitaine juif et les apocryphes Protocols des Sages de Sion (The Jewish Bogey and the Forged Protocols of the Learned Elders of Sion), Salomon Reinach,  l’apologiste du métissage goy,  Israël Zangwill, et d’autres plumitifs qui n’étaient pas tous juifs, s’appliquèrent besogneusement à démontrer qu’il ne fallait pas attribuer à la « Juiverie Internationale », l’éclosion du bolchevisme (23).

Faute de preuves tangibles relatives à leur inauthenticité, il aurait fallu l’intervention miraculeuse et calculée de l’article de Philip Graves du Times pour infirmer l’authenticité du pamphlet.

Pour ce journal, ce brûlot incandescent se révélait être un faux, une grossière manipulation.

Depuis, prévaut toujours cette appréciation vulgarisée comme nous le montre l’ ouvrage vendu à prix très réduit pour en facilité l’accès et la propagande de Pierre-André Taguieff, L’imaginaire du complot mondial, Aspects d’un mythe moderne Éd. Mille & une nuits, 2006 et celui des deux journalistes vulgarisateurs, spécialistes des services secrets, Rémi Kauffer & Roger Faligot, dans leur très manichéen et simpliste, Marché du Diable Éd. Fayard, 1995 — qui reprennent sans vouloir y regarder de plus près, les thèses officielles largement véhiculées par tous les mouvements ouvertement prosionistes, tel le B’Naï B’Rith, etc.

Toutefois, prudent (un pari pour l’avenir ?), Taguieff avoue que les « preuves naturelles » de l’inauthenticité n’existent pas, qu’elles sont «impossibles à rapporter» (Tome 1 p.96), néanmoins s’il ne peut montrer qu’ils sont apocryphes, il ne peut, non plus démontrer leur authenticité.

Igor Strychnine

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(1) Odessa abritait de nombreux Juifs issus de Galicie, foyer infecté par la pensée sabbatéiste.

(2) Selon certains historiens, cités par Emmanuel Ratier,  Mystères & Secrets du B’Naï B’Rith Éd. Facta, 1993 — le premier congrès sioniste de Bâle, en juillet 1897, aurait été largement organisé… et financé par le B’Naï B’Rith. Sur un total de deux cents délégués présents, la Russie en envoya à elle seule 70, la France, douze seulement.

Selon Golovinski, les Protocoles des Sages de Sion seraient le compte rendu d’une réunion d’une société secrète, composée de 12 juifs, tenue en marge du congrès de Bâle.Très curieusement, c’est toujours dans la ville suisse de Bâle (Baal) que siège la « B.R.I. » (Banque des Règlements Internationaux), créée le 17 mai 1930 (fête de l’Ascension) par l’associé d’Olaf Aschberg de l’Ordre du Dragon Vert, Hjalmar Schacht, qui est la Banque des banques. Car si dans l’antiquité, la Banque était dans le Temple, aujourd’hui c’est l’inverse !

Sur le rôle de la B.R.I. et Schacht, le lecteur recourra à l’article de Valentin Katasonov, professeur au Département de Moscou de l’Institut d’Etat de Finance internationale, « Des banquiers anglo-saxons ont organisé la Seconde Guerre mondiale » (cf : Réseau Voltaire  http://www.voltairenet.org/article187537.html)

En 1297, le mouvement sioniste (mouvement de contestation suisse) qui avait son siège à Sion le transféra à Bâle.

(3) Mikaël Lépekhine, historien de littérature russe, a reconnu Mathieu Golovinski comme étant l’auteur des  Protocoles. C’est dans les archives du Français Henri Bint, agent de l’Okhrana à Paris, que Lépekhine aurait reconnu Golovinski, comme auteur du mystérieux traité. (cf : Eric Conan « Les secrets d’une manipulation antisémite » in l’Express du 16/11/1999)

Fils d’aristocrate, né le 6/03/1865 à Ivachevka dans la région de Simbirsk, Golovinski travailla pour Ivan Tcheglovitov, ministre de la Justice, puis pour Alexandre Protopopov, ministre de l’Intérieur tsariste en 1916. Après la Révolution bolchevique, nous le retrouverons député d’un Soviet de Petrograd, il sera même du Commissariat du Peuple à la Santé et du collège militaro sanitaire. Il aurait travaillé avec Charles Joly (fils de Maurice Joly) au Figaro.

(4) La franc-maçonnerie puisait d’une longue tradition à Francfort. Dès 1740, et sous l’impulsion de francs-maçons français, fut fondée la première loge sous le nom de « l’Union ».

Ses loges avaient la particularité de recevoir des Juifs sous le coup des adjurations du Grand Orient de France, cela au grand désespoir des loges Vieilles Prussiennes farouchement antisémites. En 1807, la loge « Zur aufgehenden Morgenröte » – « l’Aube Naissante » – comptait une majorité de juifs (probablement des frankistes), ce qui la faisait surnommer « Judenloge », « loge de Juifs » et considérer comme traître à sa patrie. (cf : Didier Le Masson, Franc-Maçonnerie & le National-Socialisme p. 151-152-159 Éd. Dervy-Livres, 2 005)

C’est à Francfort, sardoniquement surnommé « Mainhattan », que fut fondée la banque Rothschild en 1770, rue des Juifs, par Mayer Amschel Bauer (1743-1812). Celui-ci accrocha à l’entrée de sa banque, le bouclier khazar rouge. Aujourd’hui, avec leurs associés, les familles Rothschild [(Roth, rouge, sobriquet désignant un roux) et Schild (écusson ou bouclier)] contrôlent toutes les banques centrales mondiales sauf trois ou quatre (Cuba, Corée du Nord, Iran)  : dollar (dont le nom provient d’une petite ville d’Europe de l’Est), la Livre (la City de Londres est un Etat privé Rothschild), l’Euro (le siège central de la Banque européenne est à Francfort). Enfin, Francfort fut l’épicentre de la vie intellectuelle allemande et européenne au tout début du XXe siècle. Cette ville contre-initiatique donna naissance à une célèbre école freudo-marxiste, d’obédience Milner-Rhodes, composée majoritairement d’intellectuels juifs dévoyés : Max Horkheimer, Herbert Marcuse, Eric Fromm, Walter Benjamin, Siegfried Kracauer, Théodor Adorno, Félix Lazarsfeld, Félix Weill, Henryk Grossmann, Otto Kirchheimer, Gunther Anders, Kurt Lewin avec l’Institut Tavistock. Ces théoriciens fumeux seront chassés d’Allemagne lors de l’arrivée d’Hitler au pouvoir et trouveront refuge aux U.S.A. et se mettront sous la protection de l’ A.J.C. (American Jewish Committee). Là, ils prendront un ascendant sur toute l’éducation supérieure américaine. Leurs objectifs au service de la subversion : désintégrer les majorités, dénigrer la famille et l’autorité tutélaire du père, rejeter l’hégémonie de la race blanche, favoriser le métissage goy. On peut dire que les théories de l’École de Francfort, synthétisées dans l’ouvrage The Authoritarian Personality, furent conçues pour transformer et corrompre les sociétés occidentales en essayant de les rendre imperméables à l’antisémitisme et en assimilant les appartenances sociales des goïm à une pathologie. L’objectif dissimulé de ces renégats étant de diluer l’homogénéité des nations goy afin de préserver leur sécurité. En 1993, l’ethno-racialiste juif Earl Raab, ancien président de l’Université Brandeis, associé à l’Anti-Defamation League, pourra se féliciter dans le Jewish Bulletin :

« Le bureau de recensement vient de rapporter qu’environ la moitié de la population américaine sera bientôt non-blanche ou non-européenne. Et ils seront tous citoyens américains. Nous avons dépassé le seuil critique au-delà duquel un parti nazi-aryen serait capable de prévaloir dans ce pays. Nous [les juifs] avons nourri le climat américain de l’opposition à la bigoterie pendant un demi-siècle. Ce climat n’a pas atteint la perfection, mais la nature hétérogène de notre population tend à le rendre irréversible. »

(5) L’abbé Augustin Barruel est l’auteur de l’ouvrage Mémoires pour servir l’histoire du jacobinisme, rédigé entre 1792 et 1798, et publié à Londres. Après son noviciat chez les Jésuites, il s’exila en Allemagne où il enseignera en Bohême et Moravie, à Vienne (Autriche) au collège Theresien. Revenu à Paris, il deviendra aumônier de la princesse de Conti et le prince de Saxe en fera le précepteur de ses enfants. En 1792, il s’enfuira de France pour l’Angleterre. Fortement opposé à l’abbé Grégoire en 1814, il réintégrera les Jésuites en 1815.

(6) Il est dit qu’au moment de la Révolution bolchevique, tous les membres des familles, chez qui cette brochure était découverte, étaient fusillés séance tenante !

(7) Quinze jours avant les déclarations de Philip Graves, l’activisme politique du président de la Fédération sioniste britannique, Haïm Weizman, aboutira à ce qu’à la Conférence de San Remo (19-26 avril), la déclaration Balfour soit incluse dans les attendus du mandat britannique sur la Palestine que la S.D.N. approuvera deux années plus tard. Par cet acte, le Royaume-Uni choisira de soutenir son camp, le sionisme plutôt que l’arabisme, pour imposer son contrôle sur la Palestine.

(8) Selon Caroll Quigley, histoire secrète de l’oligarchie anglo-américaine p.172 Éd.Retour aux Sources, 2015 The Times de Londres était contrôlé par les cercles de Milner et Rhodes depuis au moins 1884, grâce à l’entrisme de George E.Buckle (1854-1935), membre d’All Souls College d’Oxford et rédacteur en chef entre 1884 et 1912. À l’époque, celui-ci était tenu par Alfred Harmsworth, alias Lord Northcliffe (1865-1922). Ce dernier,  directeur du « Wellington House », ancêtre de l’Institut Tavistock, principal laboratoire de manipulation et formatage des opinions publiques occidentales (cf : Dr John Coleman, The Tavistock Institute of Human Relations : Shaping the Moral, Spiritual, Cultural, Political and Economic Decline of the U.S.A.), fut évincé de la direction de ses journaux par les manigances de la Table Ronde à cause de son antisionisme nourri de son grand intérêt pour les Protocoles. Il mourut mystérieusement le 14 août 1922 d’une endocardite ulcérative, dans son bras de fer qui l’opposait à Wickham Steed (1871-1956), son rédacteur en chef, agent sioniste très anti-Habsbourg. Steed était le protégé du juif d’origine morave, Joseph Pulitzer (1847-1911), propriétaire du journal New York World  et d’une résidence sur Jekyll Island en Géorgie (U.S.A.), qui deviendra célèbre, comme le lieu de réunions secrètes de banquiers internationaux et de la création de la sinistre FED (Réserve Fédérale américaine), le 23 décembre 1913   (fête de saint Dagobert). (cf : Eustache Mullins, Les secrets de la Réserve Fédérale  Éd. Retour aux Sources)

(9) Philip Perceval Graves (1876-1953) aurait été correspondant du Times à Constantinople de 1908 à 1914 (?). Il était le demi-frère ainé de l’écrivain Robert Graves, auteur d’un livre intitulé La Déesse Blanche et très ami d’un des membres de la très riche famille juive pro-sioniste irakienne Sassoon, alliée des Rothschild, le poète Siegfried Sassoon. Selon Leslie Fry, il n’existe aucune preuve de son passage à Constantinople. Il servit dans l’armée britannique et dans les services secrets de « l’Arab Bureau », constitué à l’initiative de Mark Sykes, aux côtés de l’espion T.E.Lawrence. Il y a tout lieu de croire que Philip Graves suivit certaines injonctions de la « Contre-Initiation » relatives à la provenance des Protocoles.

(10) D’après Lord Alfred Douglas, Plain English, revue hebdomadaire, imprimée par la North British Publishing Co, Joly était juif et son vrai nom Moses Joël. Membre du Rite de Misraïm, il était l’ami de Victor Hugo, considéré selon les généalogies de l’ordre du Prieuré de Sion, comme l’un de ses Grands-Maîtres (1844-1885). Le 17 juillet 1878, sa concierge le retrouve mort. La police conclura à un suicide. Mais ne s’agit-il pas d’un assassinat camouflé en suicide ?

(11) Le lecteur ne manquera pas de constater que tous les Joly fréquentèrent de près ou de loin le Rite Egyptien de Misraïm. François Joly serait né à Limoux (Aude), en plein Razès, en 1763. Selon Reghellini de Schio, François Joly recevra à Naples la charte de Misraïm, avec les Frères Lechangeur et Marc Bédarride.

(12) De très nombreux écrivains juifs et philosémites passent sous silence ou minimisent l’amitié encombrante de Joly avec Crémieux. Selon l’abbé Jean Boyer (1923-1992), fondateur de la Communauté Fatima-La Salette, c’est l’incontournable Crémieux qui aida Joly à fonder le journal juridique, Le Palais, à sa sortie de prison.

(13) Nîmes, haute terre protestante, surnommée « la petite Genève », et dont le symbole est un crocodile (hypostase du dieu Seth), fut le lieu de députation de Crémieux et de Frédéric Desmons (le bien nommé). Desmons (1832-1910), pasteur protestant, déformé par son passage à l’école de théologie de Genève (autre grand foyer contre-initiatique), initié au sein de la loge « l’Écho » du Grand Orient de France de Nîmes, fut l’initiateur du rejet de la croyance en l’existence du Grand Architecte de l’Univers au sein du Grand Orient en 1877 :« (…) Nous demandons la suppression de cette formule parce que, embarrassante pour les Vénérables et les Loges, elle ne l’est pas moins pour bien des profanes qui, animés du sincère désir de faire partie de notre grande et belle Institution qu’on leur a dépeinte, à bon droit, comme une Institution large et progressive, se voient tout à coup arrêtés par cette barrière dogmatique que leur conscience ne leur permet pas de franchir.

  Nous demandons la suppression de cette formule parce qu’elle nous paraît tout à fait inutile et étrangère au but de la Maçonnerie. — Quand une société de savants se réunit pour étudier une question scientifique, se sent-elle obligée de mettre à la base de ses statuts une formule théologique quelconque ? — Non n’est-ce pas ? — Ils étudient la science indépendamment de toute idée dogmatique ou religieuse. — Ne doit-il pas en être de même de la Maçonnerie ? Son champ n’est-il pas assez vaste, son domaine assez étendu, pour qu’il ne lui soit point nécessaire de mettre le pied sur un terrain qui n’est point le sien.

Non. Laissons aux théologiens le soin de discuter des dogmes. Laissons aux Eglises autoritaires le soin de formuler leur syllabus. – Mais que la Maçonnerie reste ce qu’elle doit être, c’est à dire une institution ouverte à tous les progrès, à toutes les idées morales et élevées, à toutes les aspirations larges et libérales (…) »

Dans Les Véritables Auteurs de la Révolution de France de 1789, l’auteur supposé, Jourde, alias Nicolas Sourdat (1745-1810), membre d’une organisation de renseignement royaliste contre-révolutionnaire, « la Manufacture » ou « Agence royaliste de Paris », désigne clairement Nîmes comme étant au cœur du complot. D’après Sourdat, à cause de Rabaut du Puy, frère du protestant Rabaut de Saint-Etienne, Nîmes devint le centre d’organisation et de communication de « la cabale franc-maçonnique ». Dès 1783, Rabaut du Puy, secondé de calvinistes, fondait trois loges à Nîmes, la loge Philanthropique, la loge Bienfaisance, la loge Henry IV et Sully. Avec l’affiliation des loges de Nîmes au Grand Orient de Paris, le réseau était en place pour l’œuvre subversive de la maçonnerie en 1789.

(14) La famille Camondo est d’origine hispano-portugaise. Elle s’établira d’abord à Venise puis à Constantinople. Ses ancêtres furent les mêmes que ceux le Lord Beaconsfield (Disraeli) (1804-1881), Premier ministre britannique de la reine Victoria, ami intime de Lionel Rothschild, qui pouvait déclarer : « …le monde est gouverné par des personnages fort différents de ce que peuvent imaginer ceux qui ne se trouvent pas en arrière-scène […] L’influence des Juifs se retrouve dans le dernier débordement du principe destructeur en Europe. Une insurrection est à prendre place contre les traditions et l’aristocratie, contre la religion et la propriété […] L’égalité innée des hommes et l’abrogation de la propriété sont proclamées par les sociétés secrètes qui forment des gouvernements provisionnels et des hommes de race juive se retrouvent à la tête de chacun d’eux. »

[D’une déclaration faite à la Chambre des Communes, en 1852.]

Les frères Abraham et Nissim Camondo quittèrent Constantinople pour venir s’établir à Paris. En tant que dirigeants d’une affaire bancaire importante et prospère en Turquie, ils disposaient d’énormes ressources financières ; ils acquirent de l’importance dans le monde français de la finance et effectuèrent de gros investissements dans l’économie nationale. Isaac, son fils, devint entre autres, administrateur de la Banque de Paribas.

(15) Constantinople apparaît dans le contexte d’un roman à clefs, L’Élue du Dragon dû à Raoul Duguet alias Paul Boulin (1875-1933), prêtre diocésain à St-Pouange, près de Troyes.

L’héroïne du livre, Clotilde Bersone, une Italienne de Constantinople, assistera à une étrange réunion de loge : les adeptes portaient des masques en forme de têtes d’ânes, nous renvoyant au mystérieux et inquiétant culte du dieu Seth !

Constantinople, capitale de l’Empire ottoman, focalisera l’attention du parti aschkénaze/khazar pro-sioniste. Celui-ci s’investira beaucoup dans la diplomatie américaine de la fin du XIXe au début du XXe siècle, en vue de démanteler la Palestine de l’Empire ottoman. La ligne de la diplomatie officieuse sioniste était la lente approche par la porte de derrière. De 1889 à 1892, le diplomate américain est Salomon Hirsh, remplacé par Oscar Salomon Strauss, de 1897 à 1900 et de 1909 à 1911. Ce dernier devint entre-temps Secrétaire d’État. De 1913 à 1916, c’est Henry Morgenthau, avocat et banquier qui tiendra la place. (Son fils devindra Secrétaire d’État en 1933 et patron du War.Refugee.Board grâce à Roosevelt.) Le rabbin Abraham Elkus lui succédera de 1916 à 1919, puis Lewis Einstein, ancien Secrétaire d’État à Paris, Londres, Constantinople et Sofia, suivi du rabbin J. Saül Kornfeld et de l’avocat Lawrence A. Steinhard. L’objectif de ces renégats et de Ben Gourion (présent à Salonique puis à Constantinople dès 1912 auprès de Ben-Zvi Yitzhak, Israël Shohat et Mustafa Kemal) étant le retour des Juifs en Palestine. Le réseau Dönmeh et le réseau sioniste était-il coordonné par une instance supérieure qui aurait pu être l’Ordre du Dragon Vert ?

Constantinople est indiquée comme la huitième et dernière étape du Serpent symbolique après Rome, Madrid, Paris, Londres, Berlin, Saint-Pétersbourg, Odessa avant Jérusalem (Protocol III  séance).

C’est encore à Constantinople qu’Helena Blavatsky entama précisément sa carrière de théosophiste. C’est à la loge « Ghedulah » d’Istanbul que Ange Roncalli, alias Jean XXIII, artisan du funeste Concile Vatican II, recevra l’initiation maçonnique. C’est encore là que le fameux Ben Laden fut recruté par la CIA en 1979.

(16) Née Catherine Rzewuska à Saint-Pétersbourg (1848-1941). La famille aristocratique Radziwill fut la protectrice des karaïtes (en nombre en Crimée et Lituanie) et des frankistes. (cf : Charles Novak, Jacob Frank p. 27 Éd.L’Harmattan, 2012). Elle fut condamnée à dix-huit mois de prison par le Tribunal du Cap (Afrique du Sud) pour falsification de traites soutirées à Lord Robert Cecil Rhodes. Ce fait conduit à penser qu’elle fréquentait  étroitement les cercles de Milner et de Rhodes !

(17) Le quartier général de l’Agence étrangère de l’Okhrana destinée à la surveillance des émigrés était alors situé à l’ambassade de Russie à Paris. Piotr Rachtkovsky semblait très en vue dans la haute société parisienne : il fera même fortune grâce à la spéculation boursière, recevra somptueusement dans sa résidence de Saint-Cloud et comptera même des directeurs de la Sûreté, des ministres et des présidents parmi ses intimes.

Arrivé à Paris en 1884, il militera pour une alliance avec la France, isolée politiquement après sa défaite de 1870. Il servira d’intermédiaire secret dans les négociations pour l’alliance franco-russe de 1891-1894 et en 1899. Il entretiendra des contacts étroits avec le ministre des Affaires étrangères français, Théophile Delcassé, en poste de 1898 à 1905, sous la IIIe République. Il sera rappelé en Russie après avoir révélé que le docteur français « Maître Philippe » n’était qu’un charlatan sans réelle compétence. On lui doit sous le pseudonyme de Calixte de Wolski, le pamphlet antisémite, La Russie juive (1887). (cf : Christopher Andrews & Oleg Gordievsky, Le K.G.B. dans le monde pp. 36…40 Éd.Fayard, 1990)

Selon Andreï Amalrik, Raspoutine p.78 Éd. Seuil, 1982 — Philippe Vachot alias « Maître Philippe » pénétra la famille impériale grâce au comte-disciple Mouraviev-Amourski, attaché militaire russe à Paris. Son emprise était telle que le tsar et la tsarine ne prenaient aucune décision sans le consulter. « Maître Philippe » fut aussi le maître spirituel de personnages aussi controversés que Papus, Paul Sédir et Jean Bricaud (considéré par Guénon comme un « contre- initié » notoire), tous liés… au Rite de Memphis-Misraïm et à l’Ordre Martiniste !

(18) Erich von Rosen, ethnographe et explorateur (il voyagea abondamment en Amérique du Sud), était marié à Mary, née baronne von Fock (1887-1967), fondatrice de la «Societas Sanctae Birgittae». Elle était la sœur ainée de Carin Goering, femme d’Hermann Goëring. Les von Rosen habitaient le château de Rockelstad dans le Södermanland, sur les rives du lac Bauen, près de Sparenholm, au sud-ouest de Stockholm, où l’on retrouvait le symbole du swastika, symbole fétiche d’Erich von Rosen ramené de son voyage de jeunesse en Gothie (pays des Goths nourris de religion odinique avec le culte des Ases-Anes et de Wotan. Ceux-ci furent comparés aux hordes de Gog et Magog dans la lecture inversée qu’offre la Bible)

(19) L’ordre était dirigé selon Jean Pierre Giudicelli, revue L’Autre Monde d’août 1986 – par un Collège supérieur de 72 membres ou 70 sages. Ses adeptes véhiculaient une doctrine bouddhique et leur signe de reconnaissance était le … swastika ! L’Ordre n’admettait pas les juifs fidèles au judaïsme rabbinique mais les juifs convertis (frankistes ou sabbatéistes). Ils vénéraient plus Melkitsédek, le répouvé que Abraham.

Ils militaient pour l’établissement d’une nouvelle Église, de Jean-Baptiste et une nouvelle Loi, celle d’Esaü. Cet ordre se voulait être un Régime de Hauts-Grades maçonniques. ( cf Gérard Galtier, Les fils de Cagliostro pp.169-174 Éd. du Rocher)

(20) Haïm Weizmann, président du Congrès sioniste mondial, aurait été membre de la loge du docteur juif roumain (pays du vampirisme), le haham Moses Gaster, à Manchester, fondée en 1912, qui devint l’une des Loges anglaises majeures. Moses Gaster était membre du conseil d’administration de l’Institut Yiddish de Vilna, aux côtés de Albert Einstein et Sigmund Freud et vice-président du Premier Congrès sioniste de Bâle.  La résidence de Gaster, « Mispa » 193 Maida Vale à Londres servi comme lieu de pourparlers entre sionistes éminents et le Foreign Office en 1917. Le premier projet de la Déclaration Balfour a été écrit à la maison Gaster le 7 Février 1917 en la présence de Chaïm Weizmann, Nahum Sokolow, le baron James de Rothschild, Sir Mark Sykes, Herbert Samuel, Harry Saker, Joseph Cowen, Herbert Bentwick. Le lendemain, il y eut chez Mark Sykes une autre conférence avec Georges Picot. On y élabora le plan de partage du Moyen-Orient au travers de ce qui allait devenir le plan Sykes-Picot, véritable trahison des intérêts arabes reconnus par les accords de 1915 entre Sir Henry Mac Mahon, Haut Commissaire britannique d’Egypte et le Chérif de la Mecque, Hussein Ben Ali. Ce  tableau politique est capital pour comprendre la spoliation des intérêts arabes et pointe férocement la fourberie et le machiavélisme de l’Empire thalassocratique.

(21) La thèse de l’origine « française » des Protocoles est contestée par le chercheur italien Cesare G. De Michelis dans son livre Il Manoscritto inesistente : I protocolli dei savi di Sion : un apocrifo del XX secolo, Venezia, Marsilio, 1998. L’auteur se livre à une étude extrêmement minutieuse des premières apparitions du texte. Selon lui, il a été écrit, directement en russe, dans les milieux antisémites de Saint-Pétersbourg entre 1902 et 1903. L’ouvrage est, depuis 2004, traduit en anglais, et, depuis 2006, en russe.

(22) On peut observer que, depuis, toutes les interventions visant à renforcer l’idée d’une falsification — en particulier à l’instigation de l’Okhrana visant à discréditer le mouvement bolchevique — ne se basent point sur des preuves tangibles, mais sur le seul argument d’autorité.

(23) Selon l’aveu même d’un historien juif, Riccardo Calimani L’errance juive Tome 2 p.487 Éd. Diderot Frontières, 1997  : « Entre 1917 et 1920, les partis socialistes juifs eurent un rôle dans le processus révolutionnaire. Des dirigeants comme Mark Liber ou Rafail Abramovic de Petrograd, Moshe Rafes et Moshe Zilberfard en Ukraine, Esther Frumkin et Rakhmiel Vainstein en Biélorussie, occupèrent d’importantes positions durant la période de transition entre la chute du tsar et l’arrivée au pouvoir du bolchevisme. »

Voir surtout les deux tomes d’Alexandre Soljenitsyne, Deux siècles ensemble, Éd. Fayard, 2 002.

Par wikistrike.com

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