Les sénégalais et le bien commun, un rapport mitigé et déplorable !

« Il se trouve que chacun va au bien commun, croyant aller à ses intérêts particuliers », Montesquieu. Cette affirmation mérite amplement d’être rappelée au commun des mortels sénégalais.

Dans une société gangrenée par la croissance des mauvais comportements et le laisser-aller, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase est l’action diabolique commise par des individus, qui ont brûlé un bus de la société Dakar Dem Dikk, parce que voulant exprimer un sentiment de colère ou d’injustice. Bis repetita, combien de millions du contribuable sont partis en fumée à cause de ces actions répréhensibles?

Dans l’imaginaire collectif sénégalais, le bien commun ou public est une notion presque inconnue; le mal commence dans nos maisons, depuis notre plus tendre enfance. Des murs d’écoles et de dispensaires gribouillés avec du charbon ou salis avec de la peinture, sous l’œil bienveillant des parents qui ne saisissaient jamais ces occasions pour corriger les bandes de bambins insouciants et inculquer en eux la sacro-sainte règle du respect du bien public.

Pis, ceux qui doivent indiquer la voie à suivre, les tuteurs, barrent, à longueur de journée, nos ruelles, pour la célébration de nos cérémonies familiales. Même à l’école, les éducateurs ont démissionné, les leçons de morale et d’instruction civique n’ont plus la place qu’elles avaient. À l’université, l’utilisation abusive de l’électricité et de l’eau relèvent plus du sabotage que de la satisfaction d’un besoin; les retards de paiement de bourses se terminent par des casses et autres saccages de bus ou de bâtiments. Pourtant, c’est sur ces lieux que se forment l’élite intellectuelle future de la Nation.

Que dire de nos politiciens qui ne ratent jamais une occasion de faire de la publicité en incrivant en graffitis les noms de leurs coalitions ou partis sur les murs des édifices publics qui garnissent nos grands boulevards. Que dire de l’utilisation, à des fins personnelles et privées, du patrimoine commun, tels que la sécurité publique et les véhicules, lors des élections.

La décadence des modèles caractérisée par l’enrichissement subite de ceux qui gèrent les biens publics par le biais des détournements et autres; le népotisme qui permet le recrutement des membres de sa propre famille à des niveaux étatiques insoupçonnés, ont fini par rendre caduque et vide de sens les notions de bien public, de bien commun et de patrimoine.

En considérant toutes ces réalités, il apparaît clairement que le mal réside dans les gènes sociaux du sénégalais, plus qu’un effet occasionnel, la mauvaise attitude face au bien commun est un comportement qui a de beaux jours devant nous.

« L’anarchie est partout présente quand la responsabilité n’est nulle part »,  affirmait l’écrivain Gustave Le Bon.

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