L’Etat du Sénégal, créateur d’inégalités entre les populations d’un même pays: actes délibérés ou actions inconscientes?

quartier-pauvre-de-dakarJe pense que c’est l’Etat lui même qui crée « les inégalités entre les populations et les territoires » et cherche après à lutter contre.
Ce qui ressemble invraisemblablement à une grande contradiction, une grande hypocrisie et/ou un manque de respect notoire vis à vis des populations des banlieues. Ainsi on peut affirmer sans risque de se tromper, que le traitement qui est accordé aux populations de la VDN par l’Etat n’est pas le même que celui des populations des banlieues de Pikine, Guédiawaye, Diamaguene, Rufisque… pour ne citer que cela.
Exemples:
– J’ai visité récemment Dakar 2016 et j’ai été frappé par la qualité l’ouvrage construit (passerelle sacré cœur 3) pour cette population en général et les personnes à mobilité réduite vivant dans cette zone de la VDN  en particulier. On peut l’affirmer, il est excellemment bien fait (bravo) et prend en compte les personnes à mobilité réduite. Mais en changeant de lieu, de Cambèrene à Rufisque….en passant par la Sicap mbao Diamaguene, Keur mbaye fall, grand mbao…. on constate simplement de manière ahurissante et impuissante la différence entre les différents ouvrages. Il n’y a point d’ouvrages et/ou de passerelles dans ces banlieues citées. Aucun ouvrage n’a la même valeur que celui de la VDN. Pire, ces ouvrages ne sont même pas adaptés pour les personnes à mobilité réduite et en sus de cela, ces passerelles ne sont même pas adaptées à certaines charges trop lourdes, constituant ainsi un danger pour les populations de manière générale (risque d’effondrement). Faudrait-il rappeler que ces différents lieux (banlieues) concentrent prés ou plus de 3 millions de personnes de la population sénégalaise? Cette différence trop visibles dans la réalisation de ces ouvrages ne s’expliquent point car ces ouvrages sont réalisés par l’Etat. Alors, pourquoi deux traitements si différents ? Y’aurait-il aux yeux de l’État des populations plus méritantes ou moins méritantes au point d’afficher cette forte inégalité de traitement entre les populations ? Pourquoi ces populations ne bénéficient pas des mêmes traitements ? Pourquoi devrait-on mettre des commodités de vie pour une population vivant sur la VDN tout en délaissant celle des banlieues de Dakar.
Si des mouvements comme « Y’en a marre » et autres (actions civiques) prônent et organisent des actions citoyennes pour une utilisation de ces passerelles par les populations; ils oublient eux aussi que ces ouvrages (passerelles) ne prennent point en compte les éléments les plus élémentaires d’une commodité en général et des personnes à mobilité réduite (parfois en fauteuil roulant) en particulier. faudrait -il le souligner ces passerelles constituent un danger pour les populations car certaines passerelles sont sur-utilisées et ne supportent pas des charges trop lourdes. Bien que ces actions initiées peuvent être saluées, elles ne résolvent pas la question des inégalités de traitement entre les populations d’une même région que l’on a tendance à normaliser. Pensons nous que ces différences sont normales au point de voir l’Etat ériger cette situation dans son guide de bonnes pratiques ?  Et il est bon de poser à l’Etat la question suivante:  Pourquoi réalisés deux ouvrages de qualité différente (adapté d’une part pour la VDN et inadapté d’autre part pour la banlieue) pour les mêmes populations qui ont soi-disant les mêmes droits? ! .
La réponse de l’Etat permettra de comprendre aisément la manière dont il traite ses populations et son rôle dans la création des inégalités.
Faudrait-il rappeler que nous sommes nés égaux, dont devant bénéficier des mêmes traitements surtout de la part de l’Etat. Cette différence dans les pratiques n’est t’elle pas simplement un moyen pour l’Etat de catalyser les esprits? N’a t’il pas réussi à normaliser sa pratique « indécente » auprès des banlieues?  Vous êtes de la banlieue vivez comme des banlieusards sans droit et moi l’Etat je viens vous aider;  vous vivez en ville ou dans des « cités stratégiques » nous travaillons pour votre commodités direz l’Etat…

Autre différence, autre inégalité. Sur cette même « autoroute » Camberene Rufisque » il n’y a même pas d’éclairage alors que cette électrification est prévue. Et encore le projet date depuis mes années de lycée (plus de 7 ans). Jusqu’en 2016, les trous creusés pour accueillir ces lampadaires sont toujours vides alors que ceux de la VDN ont reçu leurs lampadaires et fonctionnent paisiblement. L’Etat serait – il laxiste dans la réalisation de ses propres ouvrages? Pourquoi avons-nous un éclairage conforme sur la VDN et inexistant sur la principale voie de sortie de Dakar. Imaginer qu’on demande, en sus de l’inexistence d’une électrification, à des personnes à mobilité réduite de traverser ces routes la nuit sachant que les passerelles ne sont pas adaptées. C’est simplement suicidaire et dénote d’un manque de considération pour les populations de la banlieue en général et des handicapés en particulier.

Est ce une grande aberration??? Réponse OUI. Est ce une population que le Gouvernement délaisse volontairement cette banlieue? Réponse: OUI. Est ce un poids pour « nos » dirigeants » OUI? Est ce un manque de respect notoire? OUI. OUI je considère, que si les populations des VDN sont traitées autrement (pour je ne sais quelles raisons), celles de Pikine, Guediawaye, Diamaguene, Rufisque… qui concentrent la grande majorité des personnes à mobilité réduite, devraient faire l’objet d’un traitement (je ne dirais pas spécial) qui respecterait les droits de cette population mais non le contraire. Comment expliquer une passerelle sur la VDN qui répond aux normes en terme de mobilité et pénibilité pour la montée et tout le contraire pour les populations de la banlieue. Ceci me diriez-vous, risque d’opposer les populations des différentes zones (VDN&Banlieue). NON. Même si l’on pointe du doigt ce dernier pour son indiscipline comme on le montrer souvent dans certains reportages, on oublie que l’Etat a failli dans sa mission première en violant le droit des individus, en créant l’inégalité lui même, en considérant des citoyens dignes d’avoir des commodités et d’autres moins ou pas du tout. L’exemple est pâtant ici car l’État n’a pas pensé une seule fois aux personnes à mobilité réduite (les handicapés moteurs et visuels).  Non ceci dénote simplement une politique volontariste de l’État à renforcer ces inégalités qu’il est sensé combattre, en mettant à la disposition des populations des passerelles inadaptées et non conforme pour le troisième age et pour les handicapés. Comment peut-on demander à nos grands-parents, aux malades, aux handicapés, aux femmes enceintes, aux enfants, de traverser ces passerelles ? Si l’on imagine le parcours, les efforts consentis par ces personnes de la banlieue, la pénibilité du travail déjà accompli par ces derniers et l’inexistence de passerelles adaptées pour les personnes en fauteuil roulant, on devrait renoncer à parler d’indiscipline car cette dernière nécessite d’abord la mise en place de bâtisses normées et sécurisés.
– Autre domaine, autre traitement : Imaginez les populations de cette zone citée plus haut vivre dans les Inondations pendant 6 mois. c’est simplement impensable et pourtant des populations  de la banlieue vivent dans l’eau pendant au moins 6 mois. Et pendant ce moment l’Etat propose des solutions qui témoignent de son manque de considération pour cette population en désarroi. L’une des solutions phares de ces politiques c’est le pompage de l’eau, le curage des caniveaux la veille de la tombée de la pluie, la collecte des déchets retirés à coté des trous curés…qui retournent à la première occasion rendant l’action nulle et non avenue. Mais le plus insultant reste les outils utilisés: des hommes sans équipement de travail avec des engins dans un état de délabrement avancé pour évacuer l’eau avec un rafistolage des tuyaux d’évacuation tellement indigne qu’on croirait… s’être fait insulter. Résultat: la moitié de l’eau pompée et de la saleté retournent dans les rues et les maisons déjà inondées. Une solution que l’Etat n’oserait jamais proposer aux gens de la VDN. Ces populations de la banlieue vivent en majorité le sentiment profond d’être abandonnée et laissée à elle seule. (voire image)

Où sont-elles les canalisations pour la banlieue dignes de soulager les populations? Pourquoi la VDN bénéficie de canalisation digne d’évacuer l’eau alors que les banlieues bénéficient d’un rafistolage inquiétant? L’Etat n’a t’il pas les moyens de protéger ces populations?.
Imaginez une seule fois le fils d’un député dans ces eaux, le fils d’un président dans ces eaux, le fils d’un voleur de biens public dans ces eaux, le fils d’un maire, d’un haut fonctionnaire, d’un ministre, d’un chef de parti, d’un transhumant….ce serait le cataclysme. Mais pour l’état voire le fils du banlieusard dans ces eaux est une chose normale et que le venir en aide serait un acte de grande générosité… Rire. Je crois humblement que les dirigeants de ce pays devraient être poursuivis pour non-assistance en millions de populations en danger. 

– Dans la politique du logement: Si l’on prend l’exemple des HLM et des cités libertés on se rend compte que l’Etat travaille réellement pour les inégalités et les renforce naturellement bien. A moins de considérer cette population des cités qui sont très braves (plupart salariés) comme des personnes qui sont socialement à aider. Si c’est le cas sachez que l’Etat doit considérer, je le pense, les populations de la banlieue comme des « cas sociaux ». A ma connaissance, il n’y a pas de logements sociaux construits dans les banlieues de Diamaguene, Sicap Mbao, Pikine… laissant place simplement à la prolifération des coopératives où règnent une véritable loi de la jungle.
Je ne veux pas m’étaler ici sur le transport au Sénégal, des bus bondés de monde, avec une population entassée comme des sardines où la transpiration interhumaine (dégoûtante) est devenue normale et acceptée. Pendant ce moment certains bus de Dakar Dem Dikk (DDD) peuvent être considérés comme roulant presque à perte au vue des résultats réalisés par les Bus N° 15, 16, 11,…qui circulent toutes les demi-heures, chaque 1h 30 ou plus pour ne citer que cela.

Et pourtant le seul moment où cette population espère bien le regard de « l’Etat c’est pendant les élections.
A l’approche de ces dernières, « ce qui nous vivons actuellement »,la population des banlieues est sollicitée, considérée, adulée, soi-disant respectée .
Et cette dernière oubliant son passé récent, se lève comme un homme pour réélire encore un arriviste qui au lendemain de sa victoire va encore les replonger dans le noir, les laisser dans les eaux, les laisser sans canalisation, sans transport commodes, les laisser sans logement, augmenter les prix, faire semblant de travailler en nous montant les uns contre les autres et en nous demandant presque de défendre des HOMMES et pas des idées.

Voila une triste réalité, voila la réalité du Sénégal aujourd’hui et par peur de me répéter, voila une réalité qu’il faut changer et exiger un vrai changement.
Et je crois modestement, , si on veut changer sociologiquement le Sénégal, il faut :
– Arrêter le fatalisme « je suis né en banlieue tout ce que je reçois de l’état émane de la générosité des hommes politiques. NON. c’est faux. c’est le rôle de l’Etat de mettre les gens dans des conditions de vie décentes.
– Commencer d’abord par changer notre vision de l’Etat « voyou » qui nous dirige depuis 60 ans.
– Commencer à changer la manière de pensées : l’État a des devoirs envers sa population (banlieues, bidonvilles ou villages) et que ce n’est pas un luxe de se sentir bien traité.
– Changer ces autorités qui en réalité ne travaillent que pour leur confort personnel et celui de leur semblable qui sont quand même minoritaire.
– Défendre des idées pas des hommes.
Arrêter des défendre les hommes politiques comme Karim LE VOLEUR avec son contrat de rebeus, Idy avec ses protocoles, Macky familly & Co avec son pétrole, Tanor & autres transhumants, Djibo & camarades de guerre d’avant nos parents, autres dinosaures spécialistes de la transhumance et des compromis qui ont pillé ce pays;
Vous serez d’accord avec moi que tous ces titres sont capable de gagner un CESAR du meilleur film à Hollywood.
– Partager cette pensée par tous les moyens pour que l’état se rend compte, elle même qu’à travers ses actions, il est le premier générateur d’inégalités qu’il entend combattre.
– Enfin faire de sorte que l’État devienne serviteur de sa population et non le contraire avec une justice forte et impartiale qui ne dit que le droit.

RÉVEILLER-VOUS ET DÉFENDER VOS INTÉRÊTS PUISSE QUE PERSONNE NE VOUS DÉFEND.
Modeste contribution pour changer notre vision du rôle de l’Etat.
Frédéric TENDENG

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