Leurs maisons démolies à Ouakam : Des enseignantes cherchent Justice

La responsabilité des services domaniaux serait engagée dans la démolition de maisons à Ouakam le 17 juin dernier. Dans un communiqué, le collectif des femmes victimes s’indignent de la destruction de leur demeure qu’elles ont légalement acquise sur approbation des services des impôts et des domaines. Ainsi, elles demandent à l’Etat de rétablir cette erreur afin qu’elles rentrent dans leur droit.

Tous leurs espoirs de devenir propriétaires d’immeubles se sont effondrés comme un château de cartes, sous leur regard impuissant, le 17 juin dernier. Ramatoulaye Datt, Francesca Ammanati et Ndèye Marie Guèye, toutes de Ouakam, dont les maisons ont été «sauvagement démolies», sont ainsi déterminées à mutualiser leurs forces, pour être rétablies dans leurs droits, bafoués à coup de bulldozer.

Regroupées au sein du collectif des femmes de Ouakam-Mamelles, elles réclament justice à l’Etat du Sénégal, dont les services domaniaux sont «entièrement responsables de ce hold up foncier.» Ces services ont démoli leurs demeures, qu’elles disent avoir acquis depuis quatorze années, auprès d’un étranger d’origine Corse.

Revenant sur les faits, dans un communiqué parvenu à la Rédac­tion, elles racontent : «Le 17 juin 2014, un blanc d’origine corse, accompagné de 100 gendarmes de la Lgi de Mbao et deux huissiers ont démoli à l’aide d’un bulldozer, trois maisons construites depuis 14 ans.

Motif, ce Corse dit que la grande rue et une partie de l’espace sur lequel ces maisons ont été construites serait la propriété de son père.» Mais qu’à cela ne tienne, fulminent les victimes, enseignantes de leur état. Elles jurent en effet que : «Les terrains ont été acquis dans la légalité par la Coopérative d’habitat des enseignants du Sénégal.»

Pour étayer leur propos, elles indiquent que les preuves ne manquent pas, car c’est le gouverneur de Dakar de l’époque, «M. Ibrahim Koné, assisté de Pierre Olédor Diedhiou, receveur des domaines, conservateur de la propriété foncière à Dakar, au cours de sa séance du 30 septembre 1983 qui a émis un avis favorable à l’octroi d’un bail d’une superficie de 3 ha, 35a, à la Coopérative d’habitat des enseignants du Sénégal.»

S’agissant des lots, qui ont fait l’objet de démolition, le collectif rappelle que la direction des impôts et domaines, «à travers le premier bureau de conservation des hypothèques de Dakar, a donné son avis favorable par lettre n°983 du 22 octobre 1996 pour le lotissement de ce titre foncier 3783/Dg, sis à Ouakam Mamelles, initié par la coopérative d’habitat des enseignants du Sénégal.» Pour autant, ces femmes «demandent justice à l’Etat du Sénégal» car, estiment-elles, «si ce contentieux relève d’une erreur des services de l’Etat, ils doivent être en mesure de trouver une solution.»

Aujourd’hui, les habitants de cette cité des enseignants de Ouakam risquent de ne plus emprunter la route qui mènent à leur maison, puisque celle-ci (la route) aussi, ferait partie du patrimoine foncier du Corse. Ce, parce que ce dernier «menace les autres familles, dont les maisons s’ouvrent sur cette route, en leur disant clairement de trouver un autre passage car «sa route», comme il aime bien l’appeler, sera fermée très prochainement.»

  • Écrit par  Thiebeu NDIAYE

tndiaye@lequotidien.sn

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