Libye : Seif al-Islam toujours recherché par la justice de Tripoli

Libye : Seif al-Islam toujours recherché par la justice de Tripoli

Le fils de l’ex-dictateur libyen Mouammar Kadhafi, Seif al-Islam, qu’un groupe armé libyen affirme avoir libéré vendredi, est toujours recherché par les autorités judiciaires de Tripoli où il avait été condamné en 2015, a indiqué lundi le parquet.

« Ayant été condamné par contumace le 28 juillet 2015 », Seif al-Islam est toujours activement recherché et « doit comparaître devant la cour (…) » pour qu’elle lui signifie formellement sa condamnation, a indiqué Ibrahim Massoud Ali, du bureau du procureur général de Tripoli, dans un communiqué transmis à l’AFP.

Il n’a pas précisé s’il disposait d’informations permettant de confirmer si Seif al-Islam avait été ou non libéré comme l’a annoncé le groupe armé qui le détenait et qui s’oppose aux autorités de Tripoli.

Le mystère demeure donc entier sur le sort exact du fils de l’ex-dictateur, son avocat Karim Khan, n’ayant pu donner aucune confirmation ni démenti à l’AFP.

En juillet 2016, les avocats de Seif al-Islam avaient affirmé que leur client avait été libéré à la faveur d’une amnistie, mais cette information avait ensuite été démentie.

La situation est rendue confuse par la présence de milices rivales se disputant le pouvoir en Libye depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011. Chacune contrôle des portions de territoire.

En 2015, Seif al-Islam, avait été condamné à mort par un tribunal de Tripoli, la capitale, pour son rôle dans la répression du soulèvement contre son père en 2011.

Il n’avait pas assisté au procès –dénoncé comme expéditif par l’ONU et des ONG– puisqu’il était détenu par un groupe armé de la ville de Zenten, située à 170 kilomètres au sud-ouest de Tripoli.

Or, samedi, ce groupe armé, la « Brigade Abou Bakr al-Sadiq » a affirmé que Seif al-Islam avait été libéré en application d’une loi d’amnistie promulguée par les autorités libyennes non reconnues basées dans l’est et opposées au gouvernement d’union nationale (GNA) installé à Tripoli.

Mais le bureau du procureur de la capitale libyenne a estimé que la nature des crimes dont a été reconnu coupable Seif al-Islam fait que ce dernier « ne peut pas bénéficier d’une amnistie » en l’état actuel des choses.

L’annonce de la brigade le détenant a suscité la réprobation des conseils militaire et municipal de Zenten.

Seif al-Islam Kadhafi avait été capturé un mois après la mort de son père, en novembre 2011.

En juin 2011, la Cour pénale internationale (CPI) avait lancé à son encontre un mandat d’arrêt pour crimes contre l’humanité, l’accusant d’avoir joué un « rôle-clé dans la mise en oeuvre d’un plan » conçu par son père visant à « réprimer par tous les moyens nécessaires » le soulèvement.

Mais, les autorités libyennes et la CPI se sont toujours disputées le droit de le juger.

« La libération supposée (…) de Seif al-Islam à la faveur d’une loi d’amnistie défectueuse ne change pas le fait qu’il soit recherché par la CPI pour crimes contre l’humanité », a souligné Human Rights Watch.

Le GNA n’a jusqu’à présent fait aucun commentaire sur l’élargissement annoncé de Seif al-Islam.

AFP

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