Lettre ouverte aux sénégalais: Le Sénégal est notre bien commun le plus précieux et c’est à nous et à nous seuls qu’il incombe de le construire et de le développer

Commissaire Cheikhna KeitaLettre ouverte aux sénégalais

Le Sénégal est notre bien commun le plus précieux et c’est à nous et à nous seuls qu’il incombe de le construire et de le développer

L’élection présidentielle de 2012 a été l’occasion pour le Peuple sénégalais de raffermir cette volonté qu’il a toujours eu de maitriser son destin en réalisant la seconde alternance démocratique de son histoire, malgré les nombreux incidents qui l’ont marqué et qui, en certains endroits, ont été particulièrement sanglants. Il lui faudra cependant rester vigilent et tenace pour barrer la route aux aventuriers et aux dictateurs encagoulés qui feront tout pour récupérer sa performance et en faire un instrument au service de leurs ambitions personnelles.

Bien évidemment, en posant cet acte fort, ce peuple voulait en même temps, rappeler son besoin de changement et afficher sa détermination à s’opposer systématiquement à tous les projets de manipulation de la constitution et aux velléités de confiscation du pouvoir. Après être sorti victorieux de toutes ces épreuves, il était absolument en droit d’attendre de voir les dirigeants qu’il venait de se choisir, gouverner autrement et apporter des réponses adéquates à la demande sociale.

Autrement dit, le peuple sénégalais exigeait des ruptures totales et lisibles avec toutes les pratiques condamnables et l’adoption de points de vue dont la pertinence restera commandée par la recherche permanente de performances à travers des choix de politiques qui permettraient de manière effective de faire face aux préoccupations des populations et de porter avec succès le projet de développement du pays.

Aujourd’hui, force est de reconnaitre que ces ruptures sont toujours attendues malgré les déclarations d’intention et les slogans qui continuent d’être lancés et malgré les programmes, les plans et tous les efforts d’une communication sans aucune effet sur l’opinion du sénégalais de la rue. Nous ne sommes toujours pas sortis de l’auberge, comme disait l’autre, parce que le Plan Sénégal Emergeant est juste fait pour accroitre notre dépendance de l’extérieur alors que nous devions plutôt nous appliquer à mettre en place les bases d’une économie véritablement créatrice de richesses, trouver des solutions à la question de l’autosuffisance alimentaire, créer des emplois, régler les problèmes de logements dans la capitale sans spolier les terres des Niayes, et offrir aux populations rurales toutes les conditions d’une vie sécurisée et descente. Nous ne sommes toujours pas sortis de l’auberge parce que la pauvreté et la précarité continuent de s’aggraver et parce que

la demande d’emploi est en augmentation constante face à une offre qui, dans le même temps, rétrécit sans arrêt à cause des fermetures d’entreprises et des projets fantaisistes qui ne verront jamais le jour. Nous ne sommes toujours pas sortis de l’auberge parce qu’il est devenu clair que nos dirigeants actuels sont entrain de reproduire les mêmes comportements et les mêmes erreurs que ceux qu’ils ont remplacé. En effet, ces dirigeants ont vite fait de révéler leur propension à se servir du pouvoir pour s’enrichir honteusement et profiter des moyens de l’Etat pour s’organiser un confort matériel sans commune mesure avec les traitements auxquels ils ont droit. Ils sont partout entrain de piller les biens publics et les ressources du pays. Ils sont aussi entrain de permettre à toute une clientèle familiale, clanique et de réseaux de vampiriser l’Etat et les administrations pour en détourner les moyens et pour se servir.

La grande majorité de ceux qui ont permis au Président Macky SALL de réaliser un score de 65% au second tour de l’élection de 2012, sont aujourd’hui obligés de reconnaitre que les décisions et les actions gouvernementales baignent dans une situation stérile caractérisée par un cafouillage effrayant et un désordre incompréhensible que seule peut expliquer une absence totale de vision. Plus encore, ils se sentent abusés et trahis. Ils sont déçus de voir celui qu’ils ont élu très vite se débarrasser des promesses de campagne comme si elles n’avaient été faites que pour ne pas être respectées. Aussi, ils sont surpris et heurtés par le spectacle désolent de l’arrogance de nouveaux riches que le pouvoir fabrique à tour de bras et de leur exhibitionnisme envahissant et indécent. Les sénégalais sont déçus en constatant que leurs nouveaux dirigeants n’ont fait que reconduire les actes, les attitudes et les comportements qui ont causé la perte des libéraux du Parti Démocratique Sénégalais.

Les régimes dirigés par les Présidents Léopold S. Senghor et Abdou DIOUF entre 1960 et 2000 ont aussi été marqués par ces dérives incompréhensibles et contraires aux valeurs qui font la force de toutes les grandes civilisations de l’humanité. En effet, le détournement des deniers publics, la corruption, le favoritisme, le népotisme et l’injustice se sont installés dans les mœurs de nos dirigeants dès les premières heures de notre accession à la souveraineté internationale. Et pour toutes ces raisons, il est permis ici d’affirmer sans risquer de nous tromper que le Sénégal est malade de ses dirigeants, ceux d’une classe politique qui, depuis plusieurs générations, est constitués d’hommes et de femmes qui ont pour conception que le pouvoir est un ascenseur social dont il faut user à sa guise et sans état d’âme. Voilà ce qui explique la persistance des comportements contraires aux valeurs morales et aux bonnes pratiques dans tous les domaines de la conduite des affaires de l’Etat et dans l’exécution des missions des administrations publiques.

Bien évidemment les préoccupations de la nature de celles qui précédent ne peuvent pas être portées en même temps que l’engagement à se mettre au service exclusif de la Nation et du développement économique et social du pays. C’est toute la classe politique de ces cinquante dernières années qui est responsables de la situation désastreuse dans laquelle se trouve le Sénégal d’aujourd’hui. Et le Président Senghor aurait été le premier à devoir répondre de

cette responsabilité pour avoir, ne serait-ce, toléré les premières dérives commises par des membres de sa famille politique et au sein des administrations dès le départ. Mais aussi parce qu’il a été incapable de rompre d’avec la politique de pillage et d’exploitation que le colonisateur avait mis en place. Avec le temps d’ailleurs, il apparait plus clairement aujourd’hui que c’est essentiellement son refus d’adopter une politique de rupture face au néocolonialisme, qui l’opposait au Président Ahmed Sékou TOURE de Conakry. Cette attitude fait aussi partie des causes de la cassure entre le Président Mamadou Dia et lui. Tous les suivants du Président Senghor ont maintenu le pays aux mêmes endroits en développant en plus, des méthodes de fraude et de diversion pour se faire réélire et pour se maintenir le plus longtemps possible au pouvoir.

Le Sénégal est aussi malade de ses cadres et de ses intellectuels qui ont malheureusement manqué de comprendre qu’ils devaient mettre leurs compétences au service du développement de leur pays. C’est au lieu de cela que la plupart d’entre eux ont adopté des points de vue affairistes et clientélistes. Ainsi, au risque de compromettre leur indépendance par endroit, ils sont parvenus à se construire des carrières prestigieuses et à bénéficier de revenus substantiels en faisant valoir des diplômes et des grades pour accéder à des fonctions auxquelles sont souvent attachés d’importants privilèges. Ils sont aussi allés se réfugier dans cette réserve d’hommes et de femmes appelée à tort ou à raison société civile parce qu’elle s’est placée en dehors du système des partis politiques, dans une position de neutralité que fausse périodiquement la migration de certains de ses membres vers les prairies du pouvoir. Le débauchage de Penda MBOW, Alioune TINE et Abdoul Aziz DIOP, du M23 ou mouvement du 23 Juin 2011 en est un exemple qui prouve que les activistes ne visent que des intérêts personnels et que les mouvements comme le M23, sont limités par le fait qu’ils ne proposent pas de projet de société au peuple. Ils le sont aussi et surtout, parce qu’il faut plus que des actes de revendication et de dénonciation pour changer le monde.

Nos cadres et nos intellectuels ont eux aussi déçu en n’ayant depuis toujours existé que pour eux-mêmes, dans ce pays qui leur a tout donné et qu’ils doivent contribuer à développer, avec un peuple auquel ils appartiennent et qu’ils ne doivent pas trahir. Il est important et significatif de rappeler ici qu’ils sont des milliers à avoir été formés grâce aux maigres ressources du Sénégal et rien que pour cette raison, ils ne peuvent pas ignorer qu’ils lui doivent le même sacrifice que le soldat qui va défendre l’intégrité du territoire national au prix de sa vie quelques fois. Mais voilà qu’à ce jour, ils tardent à s’afficher en première ligne dans la bataille du développement, pour inventer ne serait-ce qu’une solution au problème de l’autosuffisance en énergie électrique à partir du soleil et du vent. Savent-ils que pour être libre, les peuples doivent avant tout, vivre de ce qu’ils produisent.

Sur cette terre jadis colonisée, l’occupant avait organisé tous les segments de l’économie selon ses besoins, en ne tenant compte que de ses intérêts et de ceux de ses hommes d’affaires. Après l’indépendance, les dirigeants du jeune Etat sénégalais n’ont fait que poursuivre son œuvre dévastatrice en perpétuant le pillage de nos ressources naturelles par des puissances étrangères que rien d’autre n’a jamais préoccupé. Autrement dit, la France a maintenu sa domination sur le pays en

passant la main à un personnel de service avide de pouvoir et qui s’est mis à appliquer plan après plan, des recettes conçues rien que pour permettre à des multinationales de réaliser, sans aucun risque, de la valeur ajoutée abondante sur le dos d’états faibles et en difficultés. Tous nos hommes politiques sont issus de cette catégorie de personnel qui, au fil des ans a donné naissance aux clans de politiciens professionnels qui continuent d’hypothéquer l’avenir de toute la Nation en confisquant le pouvoir et en le mettant au service exclusif de leurs intérêts. A force de répéter inlassablement les mêmes recettes, ils ont fini par se découvrir en étalant leur incapacité à endiguer la misère et à sortir le pays de la crasse et d’un sous-développement devenu endémique sous nos cieux.

Aujourd’hui, plus que jamais, ils continuent de s’agiter dans tous les sens pour protéger leurs privilèges et se maintenir à la tête d’un peuple qui, malgré sa longue et pénible traversée du désert, est parvenu à se forger une démocratie qui n’a plus rien à envier à celles des pays les plus respectés sur ce plan. Ainsi, ils ont colonisé l’espace politique et ont monopolisé la parole en se comportant comme s’ils étaient les seuls à pouvoir diriger le pays. Enfin, ils ont mis la main sur les organes de presse pour manipuler l’opinion publique et faire de la diversion en fixant continuellement les attentions sur des évènements créés et entretenus rien que pour meubler le temps et endormir les vigilances. La traque des biens mal acquis est à ce titre, la meilleure illustration de leurs agissements tellement il est évident qu’elle sert juste à neutraliser d’éventuels rivaux. Elle constitue aussi un grand moyen de diversion qu’ils utilisent de la même sorte que les menaces et les actes d’intimidation, l’achat de conscience et la corruption.

C’est ainsi qu’à Saint Louis, Monsieur Mansour FAYE a tiré profit de la défection de Maitre Ousmane NGOM et Maitre Madické NIANG du Parti Démocratique Sénégalais que la peur d’être arrêtés continue de neutraliser. A Guédiawaye, Aliou SALL ne dira à personne combien il a déboursé pour se payer la mairie de cette ville. Il y’a fort à parier que Madame Aida NDIONGUE ne se serait jamais retrouvée en prison si elle avait cédé au chantage en allant se réfugier à l’Alliance Pour la République. L’épée de Damoclès continue de planer au-dessus de la tête du Maire de Ziguinchor, qui n’est autre que l’ancien compagnon à l’OCI de Karim WADE, Monsieur Abdoulaye BALDE. A moins que cette nouvelle affaire n’ait été montée que pour reproduire le scénario par lequel est passé la reconnaissance par la justice de l’innocence de Monsieur Idrissa SECK malgré toutes les histoires d’argent qui ont eu à l’éclabousser.

Bien sûr, loin de nous l’intention de plaider l’innocence de Karim WADE ou d’Abdoulaye BALDE qui ont tous deux des secrets à devoir livrer au peuple sur l’origine des fortunes immenses qu’ils auraient amassées pendant qu’ils exerçaient des responsabilités gouvernementales. Il nous faut réagir vigoureusement face aux comportements scandaleux de tous ces responsables qui ont profité de fonctions étatiques pour s’enrichir. L’actuel Président de l’Assemblée Nationale fait partie de ses dignitaires des premiers régimes politiques du pays dont la fortune proviendrait de situations liées aux fonctions qu’il a eu à occuper. Il en est de même du cas de Monsieur Idrissa SECK qui continue d’opposer à ses détracteurs qu’il a été blanchi par la justice alors qu’il sait mieux que quiconque que l’origine de sa fortune est loin

d’être propre. Enfin le cas le plus gênant de toutes ces affaires est celui de l’actuel Président de la République qui n’a pas hésité à servir à l’opinion publique qu’il a eu à bénéficier des largesses du Président Abdoulaye WADE pour justifier une fortune personnelle de huit milliards de nos francs. Il faut reconnaitre qu’aucune de ces histoires d’enrichissement ne nous honorent. Bien au contraire, elles sont humiliantes et en plus, elles ont pour autres conséquences de nous livrer à toutes les bandes de corrupteurs à la recherche de gains faciles, des opportunistes de la même espèce que Bibo BOURGUI et tous les démarcheurs dont les projets jouent comme des dés pipées parce qu’ils sont tout juste faits pour permettre à ceux qui les entourent de s’enrichir. Il faut que ça s’arrête.

Le pouvoir et l’argent sont les seules choses qui comptent réellement pour nos dirigeants qui mettent beaucoup de moyens dans des opérations de déstabilisation de leurs adversaires par des pratiques de débauchage de responsables politiques sous le prétexte de massifier leur parti et de s’assurer les moyens de gagner des élections. C’est dans ce même but qu’ils ont adopté de se regrouper dans des coalitions de partis et de mouvements divers pour cacher leurs visages de politiciens véreux et arrogants, cette race dont le peuple ne veut plus entendre parler. La conséquence principale de cette pratique est le désordre, les démissions et la « transhumance » des responsables politiques qui sont à l’origine de l’encombrement de l’espace politique par des centaines d’organisations dont les leaders étalent partout leur ambition d’accéder à des pouvoirs politiques et de se faire élire à des fonctions de représentation populaire.

Les coalitions sont le plus souvent hétéroclites parce que leur création n’est motivée que par le besoin de s’accaparer de tout et de s’enrichir sur le dos populations. C’est ainsi que l’Alliance Pour la République du Président Macky SALL a fondu dans la coalition Benno bok yaakaar pour sortir des élections locales du 29 Juin 2014 en criant victoire au moment où ses principaux alliés brandissaient des trophées en proférant des menaces pour protéger leurs places dans l’attelage de partage des gâteaux du pouvoir. D’ailleurs, le Parti socialiste et l’Alliance des Forces du Progrès ne semblent plus devoir exister que pour rester dans le camp présidentiel. Il en est de même du PIT de Monsieur Amath DANSOKHO et de la LDMPT du Professeur Abdoulaye BATHILY qui ont fini de s’enterrer dans les sous-sols du palais de la République. Le désordre et l’encombrement de l’espace politique n’arrangent que les tricheurs, les manipulateurs, les aventuriers et les opportunistes qui ne sont animés par ni par un vrai sentiment patriotique ni par la simple volonté de bien faire.

Les partis de l’opposition ont eux aussi adopté de constituer des coalitions pour faire face à un adversaire que le pouvoir a rendu redoutable. C’est ainsi que déjà, en prélude de la prochaine élection présidentielle, les déclarations prématurées de candidatures fusent de partout. Plusieurs combinaisons sont déjà envisagées entre des leaders comme Idrissa SECK, Khalifa SALL, Alioune SOW, Aissata Tall SALL, Abdoulaye BALDE et Souleymane Ndéné NDIAYE. Toutes ces personnalités ont déjà du mal à se mettre ensemble autour d’un même projet à cause de leurs intérêts divergents. D’autres leaders de petites formations politiques tentent de coller

au peloton de tête en occupant les médias. Ils ne parviendront à rien en se lançant isolément à la conquête du pouvoir.

Après sa défaite en 2012, le Parti de Maitre Abdoulaye WADE s’est retrouvé affaibli par la démission de certains de ses ténors comme Pape DIOP, Abdoulaye BALDE, Moustapha GUIRASSY et Aliou SOW. Les quelques responsables politiques qui ne l’ont pas quitté restent cependant divisés sur la question de la candidature de Karim WADE que quelques adversaires ont déjà déclaré non partant pour cause de double nationalité. Ces responsables libéraux restent aussi divisés à cause des ambitions personnelles des uns et des autres, sur la question de la succession de leur leader. En effet, dans la perspective de la prochaine élection présidentielle, le Parti Démocratique Sénégalais n’est toujours pas parvenu à se trouver un candidat rassembleur et charismatique pour espérer l’emporter face à l’actuel Président de la République. Il est certain qu’il lui faudra chercher ailleurs que dans ce qui reste de champions dans son écurie pour espérer un jour reconquérir la sympathie des électeurs.

Pendant que s’affrontent à distance les partis politiques et les mouvements citoyens et que se tiraillent leurs responsables à toutes les occasions et lors d’empoignades aux allures de querelles de chiffonniers, le Sénégal demeure le seul perdant pour n’être toujours pas parvenu à améliorer son sort après les quarante années du règne stérile des Présidents socialistes, Léopold S. Senghor et Abdou DIOUF et les douze années du règne fumeux et mouvementé du Président Abdoulaye WADE. Par contre il est parvenu à vaincre définitivement la malédiction des manipulations électorales infaillibles et c’est fort de cela que son peuple était en droit d’attendre du régime issu de la seconde alternance démocratique, de profonds changements dans les mœurs et dans la manière de gouverner. Il était aussi en droit d’attendre de se voir enfin proposer un projet de société audacieux et ambitieux, parce que comportant des réponses justes à la demande sociale et parce que fortement engagé à résoudre les problèmes de développement économique et social du pays.

Le Président Macky SALL aurait dû comprendre qu’il devait très vite mettre le pays au travail en sonnant la mobilisation de toutes les forces de la Nation autour des véritables chantiers du développement et en s’appliquant à trouver des solutions à la pauvreté et au chômage qui accablent jusqu’à présent les populations. Il ne l’a pas fait et la situation se dégrade jour après jour avec l’aggravation de la dépendance de l’extérieur, la dilapidation de nos ressources naturelles, le bradage de nos terres, l’absence de politiques cohérentes en matière d’industrie et d’énergie, de production agricole, d’emploi, d’éducation et de formation professionnelle, de santé et de sécurité, l’accaparement du pouvoir par sa famille, sa belle famille et ses amis et l’apparition autour de lui de nouveaux fortunés prétentieux à plus d’un égard et sans retenue.

A ce qui précède il faut bien sûr ajouter le refus persistant de mettre un terme au gaspillage et à la dilapidation des biens publics, au mensonge et aux combines, au favoritisme et à l’injustice, au népotisme et au clientélisme. Toutes ces pratiques répréhensibles pourtant, sont jusqu’à présent, entretenues dans toutes les sphères

de l’Etat et au sein des administrations par des cohortes de dirigeants qui continuent de profiter de leurs positions pour s’installer dans une opulence criarde que rien d’autre ne justifie.

Ailleurs, ce sont toutes nos valeurs et nos traditions qui sont en train de disparaitre. Notre civilisation se meurt de jour en jour à force de subir les assauts d’autres conceptions des valeurs, des droits et de la liberté sans aucune protection de la part des autorités et avec la complicité de nos intellectuels qui persistent dans leur refus de lire le monde avec leurs propres yeux. Savent-ils que c’est de ce que nous sommes que dépend notre manière de voir le monde, de nous comporter entre nous et avec les autres, d’apporter des solutions à des problèmes ponctuels et de nous sortir du sous-développement. Voilà pourquoi nous devons restaurer toutes les valeurs de notre civilisation. Nous aurions tort de ne pas le faire parce qu’elles trop importantes.

C’est le Président Macky SALL lui-même qui a failli parce qu’il n’a rien compris de ce qui aurait pu lui permettre de prendre position aux endroits où l’avait convié le peuple qui, jusqu’à présent, continue de l’attendre à affirmation de sa volonté de rompre avec les pratiques nébuleuses et clientélistes et à la démonstration de sa capacité de placer le pays sur la voie du développement. Ce Président n’a rien fait de tout cela alors qu’il passe son temps à multiplier les stratégies de neutralisation de ses adversaires et à porter des jugements de valeur dégradants sur l’ensemble de ses concitoyens. Son seul véritable projet étant de s’assurer un second mandat, il passe son temps à faire et à défaire des relations autour de sa personne pour se constituer très tôt les moyens de sortir victorieux à la prochaine élection présidentielle. Les politiciens professionnels qui depuis des mois rivalisent d’ardeur pour le contrer, ne feront jamais mieux que lui parce qu’ils appartiennent tous à cette catégorie de dirigeants avides de pouvoir et de privilèges. Il n’est plus question de les laisser dérouler leur projet en toute insouciance. On ne peut pas faire du neuf avec du vieux. Notre classe politique est incapable de porter le changement parce qu’elle s’est définitivement encastrée dans des habitudes de prédation et de pillage des biens publics. Nos dirigeants sont devenus incurables. C’est donc aujourd’hui et partout qu’ils doivent être contrés et neutralisés. Chacun de nous est interpelé par l’urgente nécessité de mettre fin au gaspillage de nos ressources et aux actes d’irresponsabilité de personnes insensibles aux souffrances des populations.

Ceux qui nous gouvernent devraient prendre conscience de la gravité de l’heure et se démettre parce qu’ils savent mieux que tout le monde que l’avenir du Sénégal est ailleurs que des plans et des programmes dont le but véritable est de livrer nos ressources et toutes nos potentialités à des bailleurs qui ne cherchent qu’à s’enrichir. Ils devraient aussi se démettre parce qu’ils ne font qu’entraver le développement du pays à cause de cette conception anachronique du pouvoir qui les pousse à se comporter comme des régnants, des profiteurs et des irresponsables tellement obnubilés par leurs désirs personnels qu’ils manquent de se rappeler que le Sénégal est une république démocratique. Cela ne peut plus continuer à présent que le peuple est devenu mature au point de pouvoir se choisir des dirigeants sans aucune ingérence. L’actuel locataire du Palais de la République est particulièrement

concerné par cet état de fait pour la raison que c’est lui seul que les sénégalais ont élu. Il ne l’a été en effet, ni avec sa famille, ni avec son parti et moins encore avec une coalition. Alors personne ne peut comprendre pourquoi il n’a de souci que pour son clan et ses amis au lieu d’accorder toute l’attention nécessaire aux problèmes du pays et des populations. Saura-t-il jamais qu’il y’a des hommes et des femmes qui sont prêts à sacrifier leur vie pour sortir le pays du sous-développement.

Nous devons au plus vite réagir pour libérer le Sénégal de cet enfermement en disqualifiant tous les politiciens professionnels et tous les affairistes qui gangrènent son existence et qui continuent de l’exploiter sans scrupules. Œuvrons dès à présent au développement d’une nouvelle conscience citoyenne, patriotique et révolutionnaire. Mettons tous nos moyens au service de notre pays et engageons-nous fermement à faire la politique autrement. L’heure est grave et l’enjeu est de taille car après plus d’un demi-siècle d’errance, le Sénégal est aujourd’hui au bord du gouffre sans rien à l’arrière pour l’empêcher d’y tomber. Le pays est perpétuellement en crise avec une population de près de quatorze millions d’âmes et un taux de chômage élevé dont personne ne semble se soucier. En plus, ce sont tous les ans plus de deux cent mille nouveaux demandeurs d’emploi qui arrivent sur le marché du travail au moment où le secteur privé ne dispose que de deux cinquante mille emplois qui sont déjà occupés. Les étudiants font de la résistance pour ne pas quitter les campus parce que devant eux les perspectives sont toutes sombres. Sur le plan économique, la situation n’est guère meilleure parce que le pays continue d’importer la presque totalité des denrées de première nécessité dont il a besoin. Le travail de la terre continue d’être considéré comme dévalorisant par ces mêmes populations rurales qui la pratiquent parce qu’elles sont dominées et exploitées comme à l’époque coloniale, dans la production de l’arachide, une matière première destinée à des industries dont les profits nous passent sous le nez. Tout près de Dakar, s’entassent dans des bidonvilles insalubres des millions de citoyens abandonnés à leur sort et livrés à toutes les sortes de maladies dont les germes se multiplient sans arrêt dans des marécages puants. Partout dans nos campagnes, des milliers de familles croupissent dans la misère et des femmes continuent d’accoucher dans des taudis infestés de microbes, si elles ne sont pas évacuées sur des charrettes vers les maternités sous équipées et sans sage-femme. Le comble dans tout cela est que pendant ce temps, quelques privilégiés vivent au temps des accouchements aux Etats unis d’Amérique pour permettre à leurs progénitures d’accéder à la nationalité de ce pays. Auraient-ils trouvé des raisons de ne plus vouloir de leur nationalité d’origine, des raisons de ne plus être fiers d’être sénégalais. Il y’a véritablement là de quoi avoir peur.

Au moment où tout va mal, nous devons tous nous ressaisir et refuser de nous laissons embarquer dans une mascarade organisée par des dirigeants insouciants de la misère du peuple qui attend depuis plusieurs décennies d’être mieux traité et plus respecté. Il est temps de mettre fin à toutes ces mesquineries en arrêtant d’être les spectateurs impuissants d’une vie politique chaotique, de subir continuellement et sans réagir les complots de ces manipulateurs qui ne visent qu’à endormir notre vigilance et à maintenir intact une situation qui ne leur procure que des avantages de position et de profit. Les véritables commanditaires des poursuites dans les affaires relayées quotidiennement par la presse et qui nous imposent une

justice de la nature de celle que nous connaissons, ne peuvent pas convaincre de ce qu’ils sont plus honorables que tous ceux qui sont aujourd’hui mis en cause et poursuivis dans des affaires de détournement de deniers public et d’enrichissement illicite. Ils seront démasqués un jour afin que plus personnes ne se trompe sur leur compte. Pour cela, ils doivent être dénoncés, combattus par tous les moyens et tenus définitivement à l’écart des lieux du pouvoir. Ils le seront pour que le Sénégal puisse enfin se redresser et reconquérir sa dignité.

Le destin du pays est entre les mains de ses enfants que nous sommes et pour lui, nous pouvons réussir ce que d’autres ont réalisé ailleurs. Nous y parviendrons en faisant preuve d’un sens élevé de responsabilité et d’un engagement patriotique sans faille. Il est certain que nous pouvons transformer le Sénégal très rapidement, en nous y prenant autrement. En faisant les choses à notre façon. Il nous faudra pour cela, exiger de chacun plus d’engagement et plus de rigueur. Pour changer le destin de notre pays, il nous faudra en plus, nous laisser guider par notre envie de bien faire, notre intuition, notre intelligence et le savoir-faire de tous les peuples de la terre.

Tous les miracles sont à notre portée si nous rendons au peuple le respect qui lui est dû, en lui faisant confiance et en nous appuyant d’abord et avant tout sur lui pour réaliser de meilleures performances économiques. Notre population est jeune et pleine de vitalité. Ses cadres et ses intellectuels sont compétents et ses travailleurs sont très qualifiés. En sortant des chantiers battus nous devrons l’investir à inventer des solutions nouvelles. Il est certain qu’en le faisant nous parviendrons à remettre le pays tout entier sur la bonne voie. Mobilisons toutes les richesses dont la nature a doté notre pays et appliquons nous à les mettre au service de son projet de développement économique et social.

Le Sénégal est notre bien commun le plus précieux et c’est à nous et à nous seuls qu’il incombe de le construire. Alors, mobilisons-nous pour porter la bataille de sa construction. Engageons-nous résolument à changer son sort en envahissant dès à présent l’espace politique pour opposer à tous les marchands d’illusions, les valeurs d’un patriotisme conquérant. Entreprenons avec détermination de restaurer toutes les valeurs de votre civilisation et imposons-nous de réaliser toutes les conditions d’un sursaut national fort et dynamique. Mobilisons tous les patriotes, l’ensemble des fils et de filles de ce pays et prouvons nous qu’il est possible, sous nos cieux, de faire la politique autrement, bien proprement, dans l’intérêt du peuple et de la Nation. Soyons nombreux à porter cette révolution sur l’étendue du territoire national et partout ailleurs dans le monde pour faire du Sénégal un pays où vivrons mieux nos enfants et nos petits-enfants.

Cheikhna Cheikh Saadbou KEITA

Campagne de collecte de fonds: Supportez votre radio Sunuker FM: La Première Radio Africaine en Californie – Faites un Don – Merci

Le Blog de Jawar Jobe. Tous les Vendredi, votre chronique Hebdomadaire. Par N’diawar Diop

Ndiawar Diop gros plan

Le Blog de Ahamdou Diop

Télécharger Sunuker Fm iOS APP et Sunuker Fm Android App sur votre tablette Androïd et sur votre iPhone ! C’est Gratuit !!!

Sunukerfm App Android

Emissions « Voix/voie des Jeunes » Les Dimanches @ 17hr GMT en DIRECT

vdj

Emissions « Xew Xewi Rewmi » Les Mardis @ 19hr GMT en Direct

Galerie photo

SUNUKER.COM Copyright 2013 .