Lourde sanction : Assane Diouf 2 ans de prison dont 9 mois ferme

Le juge correctionnel a reconnu coupable Assane Diouf des faits d’injures publiques par le biais d’un système informatique, de diffusion de fausses nouvelles et d’outrage à agents dans l’exercice de leurs fonctions. Pour cela, il l’a condamné à 2 ans dont 9 mois de prison. Une décision qui a été accompagnée de «graves» restrictions. Les avocats de la défense comptent interjeter appel. Même s’il a prononcé une peine qui couvre la durée de la détention préventive, le tribunal correctionnel de Dakar n’a pas été indulgent à l’encontre de «l’insulteur public n°1». Le juge a servi une note salée à Assane Diouf : 2 ans de prison dont 9 mois ferme. Ceci pour injures publiques par le biais d’un système informatique, diffusion de fausses nouvelles et outrage à agents dans l’exercice de leurs fonctions. Avant de le relaxer pour les autres chefs de prévention comme injures d’un ministère du culte. De plus, le coupable est interdit de plateaux télévisés, de débats publics et de s’afficher sur les réseaux sociaux pour une durée de 3 ans. Un suivi psychiatrique a été également retenu contre Assane Diouf. Des restrictions : «La mort civile d’Assane Diouf» Me Ciré Clédor Ly, un des avocats de la défense, a manifesté son mécontentement, à la suite du jugement rendu. «Certes, il sera libre aujourd’hui, mais cela n’est pas le plus important. Ce que nous dénonçons, c’est la gravité de la décision qui a été prise. Aujourd’hui, il est clair que le chemin qu’arpente notre pays est un danger pour toutes les libertés et c’est un constat aussi que le pays n’a rien à faire de toutes les conventions internationales qu’il a eu à signer», a-t-il déclaré. La robe noire d’indiquer : «La décision prise contre Assane Diouf est de le mettre en liberté, mais aussi de le discréditer en le présentant comme un malade mental, puisque que le tribunal a demandé qu’il se soumette à des examens psychiatriques. Mais le tribunal n’a pas pris des dispositions appropriées pour que cela puisse se faire. Ce qui veut dire que c’est une décision qui n’a pas de sens et qui n’est pas applicable. On ne peut pas en faire respecter.» La deuxième chose, selon le conseil, est «qu’il a été décrété sa mort civile en violation de toutes les conventions internationales et de la Constitution : privation du droit d’association, du droit de parole, du droit d’expression, du droit d’avoir une opinion, privation d’apparaître dans une télévision, de parler à la radio et même de paraitre dans des vidéos. Vous voyez que l’ensemble des libertés et des droits d’Assane ont été confisqués». A en croire Me Ly, «ceci correspond à une mort civile et cela est inacceptable». La défense va interjeter appel «Cela veut dire, en clair, que nous allons interjeter appel et je pense que cette décision, on la soumettra aussi au Comité des Droits de l’homme, parce qu’Il faut qu’on sache que ce pays obéit à des règles, a une Constitution et que ce pays n’est pas isolé. Qu’il est dans un concert de nations et qu’il y a des chartes qu’il se doit de respecter. Cette décision n’est pas une décision juridictionnelle, mais une décision politique», a tonné Me Ciré Clédor Ly. Avant de soutenir : «Tout le monde sait comment, par un mensonge d’Etat, Assane Diouf a été livré à l’Etat Sénégal et comment on l’a provoqué au niveau du commissariat pour pouvoir l’arrêter et le mettre en détention. Nous avons vu, bien que la loi ait donné des délais impératifs pour qu’il soit jugé, comment il a été maltraité, brutalisé. On lui a fracassé la jambe.» L’avocat de rappeler : «Il a fallu que la Cedeao soit saisie pour que son dossier soit programmé. Donc, que personne ne se trompe. Aujourd’hui, ce qui arrive à Assane peut arriver à n’importe quel citoyen. Demain, toutes les libertés de ce pays peuvent être confisquées.» Par ailleurs, lors de ce procès tenu le 27 décembre dernier, Assane Diouf avait nié les accusations portées à son encontre. «Je n’ai pas insulté les chefs religieux. J’ai juste demandé à Serigne Bass d’où lui viennent les milliards qu’il a. Il a des maisons à coups de milliards. J’ai le droit de parler avec Bass Abdou Khadre. On a été éduqués par Serigne Bara. Serigne Bass n’est pas un marabout, il est juste un porte-parole des mourides. Un chef religieux est un homme qui a ses ‘daara’, ses champs, nourrit ses talibés et non un homme qui est dans sa niche dorée et qui demande des ‘adiya’. Et au Sénégal c’est ce qu’il y a», s’était-il défendu à la barre du tribunal correctionnel. Malgré cela, le parquet a requis une peine de 5 ans de prison contre lui.

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