L’Union africaine adopte une proposition pour un retrait des pays africains de la CPI

afrique cpiLe président kényan, Uhuru Kenyatta a déposé une proposition adoptée par les pays membres de l’Union africaine ce dimanche pour un retrait collectif de la Cour pénale internationale (CPI).
Le 26ème sommet de l’institution panafricaine s’est clôt ce dimanche, dans la capitale éthiopienne Addis Abeba, par cette annonce retentissante. Les différents pays membres doivent maintenant préparer une feuille de route pour aboutir au désengagement des pays africains de la Cour pénale internationale mise en place le 17 juillet 1998 avec la signature du Statut de Rome.

Le président de l’Union africaine nouvellement nommé pour l’année 2016, le tchadien Idriss Déby Itno, a indiqué que les pays concernés ont été motivés par le sentiment que cette juridiction internationale ne vise que les dirigeants africains.

La CPI n’a jugé que des Africains
Et pour cause, la CPI n’a pour l’instant jugé que des dirigeants ou des personnalités africaines. Cette nouvelle intervient alors que le procès du premier ancien chef d’Etat, l’ivoirien Laurent Gbagbo, vient de débuter, le jeudi 28 janvier dernier à La Haye au siège de cette cour de justice aux Pays-Bas. Ses partisans critiquent, depuis son arrestation en 2011, une justice des vainqueurs en Côte d’Ivoire instrumentalisée par les occidentaux. Il est jugé pour les crimes de la crise post électorale de 2010-2011 qui ont fait plus de 3 000 morts.
Le retrait de la CPI est une question régulièrement évoquée par les dirigeants africains. Uhuru Kenyatta et son vice-président William Ruto ont été poursuivis par l’institution internationale pour leurs responsabilités présumées dans les violences consécutives aux élections générales de 2007 avant d’abandonner les poursuites.
En septembre dernier, l’Afrique du Sud avait également menacé de quitter l’institution internationale après avoir été sommée de s’expliquer sur la visite d’Omar el-Béchir à Pretoria, au mois de juin 2015 pour un sommet de l’UA sans qu’il ne soit arrêté alors qu’il est l’objet d’un mandat d’arrêt de la CPI. Les Etats-Unis, Israël, la Russie, la Chine et notamment le Soudan n’ont pas ratifié le Statut de Rome.

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