Lutte contre le terrorisme : 45 suspects arrêtés depuis 2013

Lutte contre le terrorisme : 45 suspects arrêtés depuis 2013

La croisade contre le terrorisme a conduit, à ce jour, au moins 45 individus (hommes, femmes, mineurs, étrangers) derrière les barreaux.

Arrêtés entre 2013 et 2017, ils sont poursuivis non pas pour des actes intrinsèquement liés au terrorisme, mais accusés d’en faire l’apologie ou d’être en relation avec des organisations terroristes. Ils sont répartis dans trois prisons du pays, à savoir : Cap Manuel, camp pénal de Liberté 6 et Thiès. 

Ils sont au nombre de 45. On y retrouve des hommes, des femmes et des mineurs. Ils sont élèves, étudiants, imams, enseignants et de profils différents. Outre les Sénégalais en majorité, il y a, parmi les étrangers en prison pour des accusations liées au terrorisme, des Maliens, des Mauritaniens, des Nigérians, des Marocains et même des Algériens, selon les informations de Walf Quotidien. Arrêtés entre 2013 et 2017, leur moyenne d’âge varie entre 18 et 30 ans. Ce sont tous des détenus provisoires car, à ce jour, ces personnes détenues ne sont pas encore jugées. Seul l’imam Ibrahima Sèye fait exception à la règle. Il a été condamné à deux ans d’emprisonnement, pour avoir qualifié le Président Macky Sall de «mécréant», suite à sa participation à la marche de Paris contre l’attentat de Charlie Hebdo. Mais l’imam Sèye qui a déjà fini de purger sa condamnation recouvre la liberté, ce jeudi 12 octobre 2017. Placé sous mandat de dépôt le 12 octobre 2015, sa peine expire dans 24 heures.

Fin de séjour carcéral pour l’imam Sèye

Pour certains d’entre eux, leurs dossiers sont bouclés par les juges d’instruction, mais le Parquet n’a pas encore organisé leur procès. Ils ont bouclé quatre, trois, voire deux ans de détention avant jugement. Sur la liste des griefs retenus contre ces pro-Daesh supposés, on retrouve des infractions aussi diverses que variées  et vont de l’«association de malfaiteurs» au «blanchiment d’argent» en passant par les «menaces, apologie, complot et financement du terrorisme». On les retrouve dans les Maisons d’arrêt et de correction du Cap Manuel (Saër Kébé et autres) et de Thiès (Coumba Niang et Marième Sow) ainsi qu’au Camp pénal de Liberté 6 (Imams Ndao et Sèye, Oumar Keïta…) où un quartier spécial leur est aménagé.

Chez cette catégorie de «détenus particuliers», l’espoir d’un jugement incertain demeure le sentiment le mieux partagé. Le plus vieux détenu provisoire est, sans conteste, l’imam Aboubacar Dianko, premier sur la liste arrêté depuis 2013 et qui attend son procès, depuis quatre ans. Tous les présumés terroristes sont en détention, à l’exception de deux seuls : Cheikh Alassane Sène (liberté provisoire) et Atoumane Sow (non-lieu). Ces présumés terroristes sont victimes de la nouvelle loi sur le terrorisme, entrée en vigueur début 2017. Jugées liberticides par les spécialistes, ces nouvelles dispositions prévoient un délai de garde à vue pouvant aller jusqu’à 12 jours. De même que les perquisitions et les visites domiciliaires se font jour et nuit. Et pour boucler la boucle, les sanctions encourues peuvent aller jusqu’à la perpétuité (prison à vie).

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