LUTTE CONTRE L'IMPUNITE, LA CORRUPTION, LES CRIMES ECONOMIQUES… Le Comité sénégalais des droits de l'homme en phase avec le gouvernement

alioune_tine_droitsLe Comité sénégalais des droits de l’homme (CSDH) est en phase avec les autorités dans le cadre de la lutte contre la corruption, contre l’impunité des crimes économiques et des actes de torture, conformément aux engagements internationaux du Sénégal. Toutefois, le CSDH invite l’Etat sénégalais à promouvoir davantage les droits des accusés et la présomption d’innocence en agissant sur les détentions préventives prolongées.

«Le CSDH (Comité sénégalais des droits de l’homme) salue les efforts de l’Etat sénégalais dans le cadre de la lutte contre l’impunité des crimes économiques et des actes de torture». C’est le président de l’institution nationale de promotion des droits de l’homme Alioune Tine qui a décliné ainsi la position du CSDH. Dans une déclaration prononcée hier lundi 6 mai 2014, dans le cadre de la 55ième session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) qui se tient à Luanda, en Angola. La rencontre regroupe les représentants des institutions nationales des droits de l’homme et  des organisations de la société civile, des délégués des Etats et représentants des organisations internationales.
Selon Alioune Tine, la lutte contre l’impunité a été le combat de tous les régimes qui se sont succédés avec des fortunes diverses à causes des degrés d’engagement des différents chefs d’Etat. «Concernant la lutte contre l’impunité des crimes économiques, des crimes relatifs à la prédation des ressources nationales et à la corruption, plusieurs régimes l’ont menée sans grand succès». En atteste, a rappelé le président du CSDH, le premier président de la République, Léopold Sédar Senghor, a initié la loi contre l’enrichissement illicite, son successeur, le président Abdou Diouf l’a fait adopter et  promulguée et le président Abdoulaye Wade en son temps «a engagé cette lutte mais n’a jamais été trop loin».
C’est finalement, l’actuel président, Macky Sall, «sous la pression des Sénégalais scandalisés et indignés par la succession de scandales financiers restés sans suite et de l’ampleur de la corruption au Sénégal», qui a fait de la lutte contre l’impunité «une priorité. Il s’agit ici d’un véritable défi national pour les Autorités sénégalaises mais aussi pour le peuple sénégalais», note Alioune Tine.
Respecter les droits de la défense, la présomption d’innocence
Toutefois, même si le comité «invite le gouvernement à protéger les droits humains de personnes accusées de détournements de fonds publics à chaque étape de la procédure judiciaire». L’institution nationale des droits de l’homme encourage également les autorités «à respecter les instruments juridiques régionaux et internationaux relatifs à un procès équitable. Depuis 2000, l’on ne parle plus de millions, ni de centaines de millions mais de milliards. Ce sont des facteurs qui ont beaucoup sous-développé le continent africain et il est temps que cela cesse», a martelé Alioune Tine.
Le président du CSDH a qualifié de «courageuses» la décision du Sénégal de juger l’ancien président Tchadien. «Il faut reconnaître que le gouvernement du Sénégal a pris des décisions courageuses contre l’impunité de crimes internationaux. Le cas de Monsieur Hissène Habré est exemplaire», s’est-il réjoui. Mieux, «depuis cette période aussi, tous les auteurs d’actes de torture au Sénégal sont systématiquement arrêtés et jugés devant les tribunaux conformément aux dispositions de la Convention des Nations Unies contre la torture. Mieux, les victimes sont indemnisées aujourd’hui». Dans la même veine, le CSDH agrée les efforts de l’Etat pour la promotion et la protection des droits économiques sociaux et culturels des populations et l’invite à renforcer ses efforts louables afin de soulager les populations les plus pauvres.
Reconquérir le Statut A
Cependant, reconnait Alioune Tine, «tout n’est pas rose». C’est fort de cette conviction que le CSDH incite le gouvernement «à promouvoir davantage la présomption d’innocence en agissant sur les détentions préventives prolongées», a-t-il dit.
La situation du Sénégal qui à reculé du Statu A au Statut B n’est pas passé sous silence. «(…) Le gouvernement sénégalais qui a manifesté sa ferme volonté politique, au plus haut niveau, de renforcer les capacités de l’institution. Le CSDH a vécu une situation d’ostracisme d’Etat et de marginalisation de 2000 à 2012, ce qui a entraîné sa rétrogradation d’une institution de statut A à statut B, avec comme conséquence d’avoir été pratiquement rayé de la mémoire des institutions sénégalaises».
Le président du CSDH s’est engagé à utilisé son mandat à la tête du comité pour faire des relations avec la Commission africaine un modèle de coopération exemplaire pour redorer le blason du Sénégal. Cela passera par la collaboration plus étroitement avec la  CADHP, en vue d’une mise en œuvre plus effective des dispositions de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples dans un pays qui œuvre inlassablement pour le respect de la vie et de la dignité humaine mais aussi l’intégration juridique, politique, économique et sociale du continent.

Ibrahima DIALLO

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