Macky & Ses Intellos: Ça Ne Cadre Pas (par Pathe Mbodj)

64932cca8a615bed0f61592070e640e1Le président de la République n’a pas la même vision politique que ses cadres : à l’union théorisée par le chef de parti, les intellectuels préfèrent penser seuls, pour eux et avec eux.

 succulent Ndogou que le président de la République leur a offert le 24 juillet dernier et par la belle cartographie sur le rayonnement de l’Alliance pour la République après les locales, les cadres de la formation de Macky Sall envisagent de rompre les amarres et de naviguer seuls, laissant les alliés sur le quai.

 Une indiscipline de parti semble en effet avoir porté ses fruits ; nature ou contre-nature, les alliances et mésalliances de circonstance ont permis à tous ceux qui se réclament du président sans obligatoirement respecter ses injonctions de donner l’illusion d’un essaimage parfait sur l’ensemble du territoire national, au point de susciter deux appréhensions complémentaires mais totalement fausses dans l’interprétation qu’en donnent le chef de l’État et son ancien Premier ministre ; là où, en effet, le chef de file des apéristes loue la performance de ses alliés (“Vous n’avez pas à raser les murs, vous avez des résultats très honorables”), Aminata Touré se félicite elle de “résultats politiques sérieux”, quand le score du parti passe de 26 à 41% entre la présidentielle de 2012 et les locales du 29 juin dernier.

Le hiatus entre Macky Sall et ses intellos se trouve là, dans la compréhension d’une totalité qui n’est malheureusement pas réductible à la somme de ses éléments. Ainsi, quand le président comprend et met l’Apr au sein du “Benno”, les cadres du parti comprennent le résultat et non les moyens, et se voient presque majoritaires en nombre de suffrages recueillis le 19 juin dernier ; ils se croient conséquemment assez outillés pour voler de leurs propres ailes, laissant sur place leurs alliés, principalement le Parti socialiste avec le phénomène Khalifa Abacar Sall qui a résisté et maintenu Dakar hors de portée du pouvoir central.

 Le Ps est en effet devenu l’ennemi à battre, dans un mouvement irraisonné, pour des cadres loin de la base qui a accueilli tous les candidats dans un melting pot souvent impensable avec les jonctions parfois parfaitement réussies avec l’ennemi d’hier. Par l’exemple, certains cadres interrogés sont dans l’incapacité de comprendre la victoire d’un Adama Faye à Grand-Yoff en 2012 et son échec du 19 juin ; aucun cadre n’a poussé l’analyse au-delà de Khalifa Sall, refusant, dans un aveuglement paradigmatique, de comprendre les raisons d’un 23 juin remis à l’honneur avec l’essaimage d’une dynastie, phénomène contre lequel les populations se sont élevées sous Me Wade.

Grand-Yoff est en effet la sommation d’un plébiscite rappelant la base idéologique du combat de juin 2011 et la sanction sur cette même philosophie : si, naguère, Adama Faye avait été récompensé comme élément de combat contre une certaine hégémonie dynastique, le même candidat a été sanctionné sur le même principe qui s’amplifie sous Macky Sall : Dakar, Pikine, Guédiawaye, Saint-Louis, Fouta, Sénégal Oriental, principalement. Au demeurant, nombre de ces cadres et séniors de l’Apr ont mordu la poussière, à l’exception d’une infime minorité ; ceux qui ont échappé à la furie populaire se sont réfugiés sur d’autres listes. Peut-on, dans ces circonstances, voués les alliés aux gémonies pour haute trahison quand, soi-même, on a goûté au même péché ? Surtout quand les Majors réaffirment leur fidélité au cadre unitaire : Macky Sall, Ousmane Tanor Dieng, Moustapha Niass, a fortiori ?

Macky Sall a été par deux fois en butte face à Khalifa Sall et, à chaque fois, le parapluie populaire a couvert le maire de Dakar, exposant le président de la République à la vindicte des populations de Dakar, d’abord, du Sénégal, ensuite. Le chef de l’Etat avait en effet piqué une colère noire lorsque certains conseillers l’avaient invité à s’entendre avec le maire de Dakar dans l’affaire du mur de l’ambassade de Turquie. Finalement, les populations de Dakar ont réglé elles-mêmes le problème. Le 19 juin dernier, ces mêmes franges, à Dakar et à l’intérieur, ont encore envoyé un message que les cadres de l’Apr peinent à déchiffrer et qui est pourtant d’une simplicité aveuglante : le phénomène khalifa Sall est inversement proportionnel à la délicatesse des relations entre le pouvoir central et ses administrés.

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