Macron-Collomb, les coulisses d’un divorce

(FILES) In this file photo taken on September 24, 2016 then former French Economy Minister and founder of the political movement "En Marche" (On the Move) Emmanuel Macron (L) and then Mayor of Lyon Gerard Collomb attend the European Reformists summit in Lyon. Collomb announced that he is a candidate for Lyon's mayor in 2020 and that he could leave the government in 2019 to campaign, AFP reported on September 18, 2018. / AFP / JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

A la rentrée, après les soubresauts de l’affaire Benalla et la baisse de popularité du président, le poison de la méfiance s’est insinué au sein de ce drôle de couple.

Ces dernières semaines, leur déjeuner en tête à tête, celui qui les réunissait chaque lundi à l’Elysée, n’a plus eu lieu. Jusqu’au début de l’été, Gérard Collomb se vantait pourtant : « Je suis le ministre qui voit le plus souvent Emmanuel Macron ! » Mais à la rentrée, après les soubresauts de l’affaire Benalla et la chute de la cote de popularité du président, le poison de la méfiance s’est insinué au sein de ce drôle de couple politique. Leur duo privilégié s’est effondré presque d’un coup.

Les blagueurs n’ont jamais tout à fait bien compris l’importance de cette relation. Pendant des mois, les humoristes des matinales radio se sont évertués à croquer Gérard Collomb en grand-père quasi gâteux courant derrière le sémillant président. Il paraissait si surprenant que deux hommes appartenant à des générations si éloignées s’accordent, l’un septuagénaire, l’autre tout juste quadra…

Macron, parisien depuis les classes prépas, et Collomb, roi de cette deuxième capitale qu’est Lyon, pouvaient-ils vraiment s’entendre ? Quelle utilité le président du « nouveau monde » trouvait-il à cet élu entré en politique à la fin des années 1960 ? C’est mal comprendre ce qu’est Gérard Collomb et le rôle qu’il a joué auprès d’Emmanuel Macron depuis trois ans. Il n’a pas seulement été le premier élu de poids à croire à l’avenir présidentiel du jeune Macron – cela, la légende d’En marche ! l’a déjà largement ressassé – ; c’est au pouvoir que le duo s’est affirmé. De la place Beauvau à l’Elysée, il n’y a qu’une rue à traverser…

Les deux anciens khâgneux partagent le même goût pour la littérature, le grec et la philosophie. Gérard Collomb peut se comporter en politicien local surveillant la moindre investiture en Rhône-Alpes, mais il s’intéresse à l’économie et au numérique. Et, même s’il s’en agace parfois, accepte de jouer le « bad cop » du pouvoir en endossant « une politique répressive en matière migratoire »

lemonde.fr

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