Macron – Le Pen : le débat vire au pugilat

Macron – Le Pen : le débat vire au pugilat

Le débat entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron a été une succession d’attaques

Il n’y a pas eu de round d’observation. Le débat de l’entre-deux-tours est parti sur les chapeaux de roues avec la première prise de parole de Marine Le Pen. « M. Macron est le candidat de la mondialisation sauvage, de l’ubérisation, de la précarité, de la brutalité sociale, de la guerre de tous contre tous, du saccage économique notamment de nos grands groupes, du dépeçage de la France par les grands intérêts économiques, du communautarisme, et tout cela piloté par M. Hollande », a-t-elle lancé d’emblée, affichant en début de débat un sourire continu.

« Vous n’êtes pas la candidate de l’esprit de finesse » ni « de la volonté d’un débat démocratique équilibré et ouvert », a ironisé Emmanuel Macron, après avoir écouté sa rivale mains jointes sous le menton, yeux braqués dans les siens. « Je n’ai jamais été président de la République ou Premier ministre, je vais faire le maximum pour remédier à cela », a rétorqué le candidat d’En Marche!.

« Vous parlez toujours du passé »

Premier thème abordé : l’emploi et le chômage. Marine Le Pen a tenté d’enchaîner les coups, attaquant Emmanuel Macron sur ses résultats à Bercy. Le candidat d’En Marche! a rapidement répliqué : « Votre stratégie pour lutter contre le chômage, il n’y en a pas. Ça fait des décennies que ça dure, c’est de dire beaucoup de mensonges et ce qui ne va pas ».

« Marine Le Pen ne veut pas un débat sur le fond, elle veut parler du passé. (…) Vous n’avez rien à proposer. Vous parlez toujours du passé », plaide Emmanuel Macron, qui lui reproche « un gros problème » de révision sur « les dossiers industriels ».

La candidate du FN a assuré que son adversaire était ministre lorsqu’a été décidée la vente de SFR au groupe Numericable de Patrick Drahi. Il ne l’était pas.

« L’élève et le professeur »

Vingt minutes après le début de l’émission, le ton est haut, les propositions se font attendre. À 21h24, Marine Le Pen dégaine une attaque qu’on imagine répétée : « Je vois que vous voulez jouer avec moi à l’élève et le professeur », lâche la candidate du FN. Difficile de ne pas y voir une référence à la vie privée d’Emmanuel Macron, en couple avec son ancienne prof de français.

« C’est inaudible », a tenté de reprendre la journaliste de France 2 Nathalie Saint-Cricq, avant que Marine Le Pen n’aborde d’elle-même la question de la GPA (gestation pour autrui). « La GPA, on en n’était pas vraiment là », fait remarquer la journaliste à Marine Le Pen, qui reprend les éléments de langage de la Manif pour tous ». « J’ai toujours été très clair : je suis totalement contre la GPA », lui a répondu Emmanuel Macron.

Le candidat d’En Marche! est passé à l’attaque sur la question des retraites. « Mme Le Pen propose de partir à 60 ans. Elle proposait naguère qu’on puisse le faire dès son élection, maintenant elle a reporté la chose », a pointé Emmanuel Macron.

Lors du débat, Marine Le Pen s’est engagée à mettre en place la retraite à 60 ans, moyennant 40 annuités de cotisations, « d’ici la fin du quinquennat ». « C’était dans les deux mois il y a quelques semaines » que cette réforme devait être lancée, a martelé son opposant. « Le plus vite sera le mieux », a rétorqué la candidate FN.

Terrorisme : Marine Le Pen poursuit sur sa lancée

C’était annoncé dans les médias avant le début du débat : l’objectif de Marine Le Pen était de faire sortir Emmanuel Macron de ses gonds. La candidate du FN a poursuivi sur sa lancée d’attaques et sur la question du terrorisme, a accusé son rival « de ne pas avoir de projet ». « Vous avez une complaisance pour le fondamentalisme islamique », l’a défié la candidate frontiste.

« Le terrorisme, c’est ma priorité », a affirmé en réponse Emmanuel Macron, qui dit vouloir renforcer les moyens de police et les mesures sur les fichés S. Attaqué par Marine Le Pen sur, dit-elle, son soutien à l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), le candidat d’En Marche! a démenti : « Je ne soutiens pas l’UOIF (…) je démantèlerai toutes les associations qui font le jeu des jihadistes ».

« Arrêtez tous les deux »

Le débat est une succession d’attaques. « Arrêtez tous les deux », lâche la journaliste Nathalie Saint-Cricq.

Sur l’euro

Au fil des minutes, Marine Le Pen a perdu son sourire et notamment sur la question de l’euro. Provoquée par Emmanuel Macron sur ses derniers revirements, la candidate du FN a tenté de se défendre : elle dit vouloir « renégocier pour que l’Europe, on s’en libère (…). Non, on ne paiera pas avec l’euro, les banques centrales, les grandes entreprises, paieront avec si elles le souhaitent. Les Français auront une monnaie ».

« Une grande entreprise ne pourra pas payer en euros d’un côté et payer ses salariés de l’autre en francs. Ca n’a jamais existé, Mme Le Pen. C’est du grand n’importe quoi », a rétorqué le candidat d’En Marche!.

« Le parti des affaires »

Marine Le Pen qui a voulu attaquer Emmanuel Macron sur la question de son patrimoine, s’est vue répondre : « Vous, vous êtes sous le coup d’une procédure judiciaire. Le parti des affaires c’est le vôtre, pas le mien. Le parti qui ne va pas devant les juges, c’est le vôtre ».

« J’espère qu’on va ne va pas apprendre que vous avez un compte offshore », a enchaîné Marine Le Pen. Avant le premier tour, Emmanuel Macron avait devancé une « intox » à ce sujet.

S’il fallait faire un court résumé :

Le débat a donné lieu à des attaques à répétition. Marine Le Pen s’est régulièrement tournée vers le quinquennat de François Hollande, plongeant régulièrement dans ses fiches.

« Mensonges », « bêtises! », « vous ne connaissez pas vos dossiers! », a répété Emmanuel Macron, interrompant régulièrement sa rivale.

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