Madagascar : Consignes de vote et alliances en perspective ?

– Au second tour, « le Président de la République est élu à la majorité relative des suffrages exprimés parmi les deux candidats ayant recueilli le plus grand nombre de suffrages au premier tour ». C’est ce qu’indique l’article 2 de la loi organique relative à l’élection présidentielle.

Ainsi, Andry Rajoelina qui a obtenu 39,23% des suffrages exprimés lors du premier tour et Marc Ravalomanana (35,35%), peuvent choisir de garder leur acquis ou non, séduire d’autres électeurs ou non, nouer des liens avec d’autres candidats ou non, car les textes sont claires et une chose est sûre, l’un d’entre eux, celui qui obtiendra la majorité relative sera le prochain président de la République malgache.
L’alliance avec notamment des candidats ayant obtenu peu ou beaucoup de voix lors de ce scrutin s’avère nécessaire pour les deux camps. Pour le camp Rajoelina, cela pourrait permettre de creuser l’écart avec son adversaire qui est de l’ordre de 193 186 voix lors du premier tour. Pour Marc Ravalomanana, cela permettra de rattraper ce retard, voire devancer celui qui a causé sa chute du pouvoir en 2009. Reste à savoir vers qui ils pourraient nouer cette alliance.
Les yeux se tournent principalement vers Hery Rajaonarimampianina, le président sortant, qui a essuyé une gifle cinglante de la part des électeurs en obtenant seulement 8,82% des suffrages exprimés. Cela représente tout de même 439 070 voix, des voix largement utiles pour les deux qualifiée au second tour. Les voix obtenues par des candidats ayant dépassé la barre des 1% comme André Mailhol (1,27% soit 63 391 voix), Joseph Martin Randrimampionona alias Dadafara (1,16% soit 57 903 voix) et Ny Rado Rafalimanana (1,15% soit 57 476 voix) peuvent également compter.
Le reste des candidats ayant eu moins de 1% des suffrages exprimés et qui la plupart se regroupent au sein du Collectif des candidats, représentent néanmoins un groupe d’électeurs non négligeable car ils sont au nombre de 647 844. Jusqu’ici, deux candidats ont annoncé qu’ils ne soutiendront aucun des deux qualifiés, c’est le cas de Paul Rabary et de Roland Ratsiraka. Ce dernier ayant annoncé son retrait momentané de la vie politique après sa cuisante défaite où il a fait un score largement inférieur par rapport à 2013.
Quoi qu’il en soit, les consignes de vote dans ce genre d’élection ne sont pas forcément suivies. D’autant plus que l’alliance politique est souvent conditionnée, l’implication des alliés dépend de la contrepartie (siège, protection, etc) des bénéfices qu’ils peuvent en tirer. Il s’agit d’une équation à plusieurs variables à laquelle aucun candidat au deuxième tour ne pourra totalement se fier.
La sensibilisation de 42,5% des électeurs inscrits dans la liste électorale et qui se sont abstenus de voter lors du premier tour du 7 novembre s’avère un moyen plus fiable pour le candidat qui souhaite gagner la course à la magistrature suprême. L’ancien président Marc Ravalomanana semble l’avoir compris et se lance déjà dans cette opération fastidieuse. L’ancien président de la Transition, Andry Rajoelina qui a tant espéré la victoire dès le premier tour, se mure, pour l’instant dans le silence, en dépit de sortie médiatique sporadique sous prétexte d’un remerciement envers ceux qui ont voté pour lui au premier tour.
En substance, le deuxième tour peut être considéré comme déjà fait pour Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina dans la mesure où ils peuvent choisir de ne rien faire et d’attendre la proclamation des résultats. Mais la concurrence et la rivalité entre eux qui remonte bien loin font que l’emporter ne sera pas une mince affaire.
 Arena R. madagascar-tribune

 Afrique Monde

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