Madagascar : Les Îles Éparses, ce trésor que la France ne veut pas rendre à Madagascar.

Iles_Eparses-de-Madagascar02Madagascar : Les Îles Éparses, ce trésor que la France ne veut pas rendre à Madagascar. Pour Médard Ntep: Vivement le retour de Marc Ravalomanana. personnalité aimant son pays, et idoine pour ce genre de litige.

Objet de discorde entre Madagascar et la France, les cinq petites îles françaises situées dans le canal du Mozambique attisent les tensions depuis plus de 40 ans.

Les deux pays se disputent les îles paradisiaques habitées par seulement quelques scientifiques et militaires, non pas en raison de leur écosystème unique, mais à cause de la possible présence d’hydrocarbures et de leur Zone économique exclusive (ZEE) de 640 400km2, leur assurant l’exclusivité de l’exploitation des ressources présentes.

L’origine du litige entre la France et Madagascar autour des Îles Éparses remonte à l’indépendance de la Grande Île en 1960. Alors que les Malgaches quittent l’empire colonial français, le gouvernement de l’époque ne revendique pas la propriété des îles, qui trois mois auparavant ont été rattachées par décret au ministère des DOM-TOM. Une dizaine d’années plus tard, des études géologiques menées par la France révèlent que les fonds marins des îles regorgeraient d’hydrocarbures. Peu de temps après cette annonce, en 1973, Didier Ratsiraka, le chef de l’État malgache, revendique la souveraineté de son pays sur quatre des cinq îles : l’île Europa, Bassas da India, l’île Juan de Nova et les îles Glorieuses.

Paris n’ayant pas donné de réponse à la demande de Madagascar, les représentants de la Grande Île portent le contentieux devant l’ONU. Entre 1979 et 1980, les Nations Unies adoptent deux résolutions qui invitent la France à restituer les îles à leur propriétaire légal, Madagascar. À nouveau, la France fait la sourde oreille.

En visite à Madagascar il y a quelques mois, le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon a déclaré : « La résolution des Nations unies 3491 de l’assemblée générale a traité la question et invite le gouvernement français à entamer des pourparlers avec le gouvernement malgache », rapporte l’AFP. Une fois de plus, la France n’a pas bougé. Les îles ayant été séparées de la colonie de Madagascar avant son indépendance, l’ONU n’a jamais imposé de manière ferme à la France de restituer les Îles Éparses.

Cependant, la France n’est pas prête à abandonner ce chapelet d’îles devenu au fil des années un point stratégique au milieu du canal du Mozambique. En 2015, l’ambassadrice de France à Madagascar a explicité la position du gouvernement français sur le sujet pour l’une des premières fois lors d’une rencontre officielle : « Les Îles Éparses appartiennent à la France », rapporte RFI. Des propos peu diplomatiques, au vu du contexte actuel, mais qui ne sont pas démentis par le Quai d’Orsay qui, interrogé sur le sujet par Mediapart, déclarait : « Notre position est connue. Ce sujet n’est pas nouveau. Il doit être traité par le dialogue et dans le respect du droit international ».

Devant l’intransigeance de la France, le président malgache Hery Rajaonarimampianina a déclaré être prêt à se satisfaire d’une cogestion des îles. Une façon détournée de dire que la France ne céderait pas et que, quitte à perdre le combat de la souveraineté, autant garantir au pays des avantages financiers : « Peut-être qu’en contrepartie, Madagascar espère des financements colossaux de la France pour assurer son développement », avance Rolly Mercia, directeur général du quotidien malgache La Vérité.

Des études récentes permettent de mieux comprendre la fermeté de la France. Le canal du Mozambique pourrait renfermer l’équivalent de six à douze milliards de barils de pétrole et trois à cinq milliards de mètres cubes de gaz. La France, qui possède une ZEE de 640 000 km2 dans cette région, est donc de moins en moins encline à céder du terrain au gouvernement malgache et à accepter une cogestion des îles.

Une position confirmée par le récent renouvellement pour cinq ans des autorisations de prospection et de forage en eaux profondes des compagnies pétrolières Sapetro et Marex Petroleum au large des Îles Éparses.

8e Etage – Photo: Roger KERJOUAN – Titre : AM

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