« MADIBA » Nelson Mandela n’est pas mort !

FAMILY MANDELACe jeudi 5/12/2013 j’apprends par France TV Info le décès de Madiba. Le lendemain, je reçois des messages de la part d’amis qui veulent tous rendre hommage à ce grand homme, cette icône africaine et je reste toujours calme même si au fond de moi l’émotion m’étreint.

Le grand lion s’est éteint laissant derrière lui un peuple soucieux de son avenir et interrogatif. Si l’hommage reste unanime je dirai qu’il y a des héros qui ne mourront jamais. L’âge et les séquelles d’une tuberculose contractée dans les geôles humides de Robben Island ont eu raison de son incroyable témérité et son insaisissable ténacité. Mais son image, symbole de la lutte contre l’apartheid, est intacte. Il a terrassé le régime ignoble de l’apartheid. Un visage toujours souriant et bienveillant, dont l’aspect vieilli aura été préservé des regards indiscrets par la pudeur de celui qu’on appelait Madiba.

Enfant noble, car il est issu d’une famille royale de l’ethnie Xhosa de l’Afrique du Sud, l’homme a rendu l’impensable possible en devenant le premier président noir de la « nation arc-en-ciel ». Son accession au pouvoir et l’expérience, qu’il en a donnée, ont précipité l’accession à la présidence de cet autre Barack Obama aux USA.

La lutte de ce passionné de boxe commence en 1940 : il est exclu de l’université pour s’être joint à un boycott visant à dénoncer les conditions des étudiants noirs en Afrique du Sud. En 1943, il devient membre du Congrès national africain (ANC), dont il sera le président en 1991. Avocat, s’inspirant des théories de Gandhi qui prônent la non-violence, il croit tout d’abord la plume plus forte que l’épée et même en prison il écrit et écrit toujours.

Manifestations, contestation de lois racistes, appels à la désobéissance… En vain. En 1960, le massacre de Sharpeville au cours duquel 69 Noirs meurent sous les balles de policiers sonne le glas de cette politique. En décembre 1961, Mandela crée la branche armée de l’ANC, ce qui lui vaut d’être considéré comme une organisation terroriste. Mandela appelle au sabotage plutôt qu’aux assassinats, contrairement à certains membres de l’ANC.

Madiba préfère la réconciliation à la vendetta. Il apprend l’histoire des Afrikaners, leur langue, entend leurs revendications. En s’affirmant hostile à « la domination aussi bien blanche que noire » et en décrétant que l’Afrikaner est un Africain au même titre qu’un Noir, il se distingue de l’africanisme, en vogue à l’époque. Ses négociations avec Pieter Botha, considéré comme le fer de lance du régime ségrégationniste, sans le consentement et à l’insu de l’ANC en témoignent. Un humanisme doublé d’un pragmatisme politique auquel le microcosme carcéral l’aura exercé pendant ses 27 ans d’emprisonnement.

Condamné à la perpétuité en 1964, il est libéré par Frederik De Klerk en 1990 suite à la pression insoutenable de l’opinion internationale. Tous deux recevront d’ailleurs le prix Nobel de la paix en 1993. L’année suivante, les premières élections démocratiques et multiraciales d’Afrique du Sud voient l’ANC triompher : le 10 mai, Mandela est élu président.

Des symboles forts, mais qui ne soldent pas les désaccords entre les deux artisans de la transition. En 1995, l’abandon par De Klerk des poursuites à l’encontre de policiers à l’origine de crimes racistes met Mandela dans une colère terrible, portant un coup à la coalition. Un an plus tard, c’est au tour de Mandela d’essuyer les critiques : la Commission vérité et réconciliation qu’il met sur pied est accusée d’épargner la prison aux auteurs d’actes racistes en échange de l’aveu de leurs crimes. Une politique du pardon jugée « facile » et qu’une partie de la classe populaire, ses alliés du parti communiste et des syndicats noirs n’ont pas digérée.

À la fin de son mandat, en 1999, le bilan dressé par ses détracteurs contraste avec son aura d’icône internationale. Économie « anémique », baisse du niveau d’instruction et de la qualité des soins médicaux, manque de logements pour les pauvres, corruption, criminalité et résurgence du racisme… Un « statu quo socio-économique » qu’il assume à demi-mot : conscient que des réformes trop radicales l’auraient fait passer pour un communiste auprès des investisseurs étrangers, Mandela visait avant tout à assurer une transition sans bain de sang ni banqueroute. C’est le pragmatisme d’un homme qui croit à son peuple, à sa capacité à mobiliser et à fédérer.

Et, si la plupart des dirigeants africains noirs s’étaient battus pour rester au pouvoir, il n’aurait fait qu’un seul mandat de cinq ans. Mais la griffe de la guerre impose son prix : sa vie héroïque lui vaudra de se demander si « le combat qu’on mène pour d’autres justifie qu’on néglige sa propre famille ». Il vit privé des siens, l’apartheid est son combat, l’absence son cauchemar. Divorcé et remarié trois fois, il perd deux de ses fils. Un « éventrement intérieur » qui le hante au point de déclarer au mariage de sa fille : « Si c’était à refaire, je ne le referais pas ».

Mandela est une bête de scène, pas un animal politique : il consacre le reste de sa vie à des œuvres caritatives, notamment à sa fondation contre le sida, et à rattraper le temps perdu auprès des siens. Sa popularité est universelle, sans appel : ami des stars, de Kadhafi et même de la reine d’Angleterre, Mandela symbolise toujours « le triomphe de l’espoir sur l’injustice ». Et c’est pour cela que nous l’honorons aujourd’hui.

En revisitant sa vie et ses combats, même de manière sommaire je me dis que mon cœur ne s’est pas trompé en tombant en admiration devant cet homme. Mes respects à cet homme dont le sourire plein de vie est à lui seul un message d’espoir pour ceux qui sont encore retenus çà et là dans des chaînes de servitude physique et/ou mentale.

Nelson Mandela vous êtes un héros de notre siècle. Je me fais plaisir à rappeler certaines idées de liberté chérie. En tant qu’africain je peux prononcer les mots « liberté, dignité et égalité ». Oui je peux c’est bien à cause de vous car vous n’êtes pas mort. Des morts de votre trempe ne sont pas morts. « Ils sont dans l’ombre qui s’éclaire et dans l’ombre qui s’épaissit, les morts ne sont pas sous la terre : ils sont dans l’arbre qui frémit, ils sont dans le bois qui gémit, dans l’eau qui coule, dans l’eau qui dort, dans la cave, ils sont dans la foule, les morts ne sont pas morts ».

Ainsi vous avez prononcé ces phrases pour chanter la liberté :

« Etre libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres ».

« Je ne suis pas vraiment  libre  si je prive quelqu’un d’autre de sa liberté. L’opprimé et l’oppresseur sont tous deux  dépossédés de leur humanité ».

« Un homme qui prive un autre homme de sa liberté est prisonnier de la haine, des préjugés et de l’étroitesse d’esprit ».

« Pour faire la paix avec un ennemi, on doit travailler avec cet ennemi, et cet ennemi devient votre associé ».

Merci et reposez en paix vos petits-fils ne vous oublieront jamais.

http://www.diallobeducation.com/hommage-au-geant-africain-l-homme-acheve-mandela-l-eternel

Amadou DIALLO http://www.diallobeducation.com/

 

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