Malick Gackou : «Le rythme d’endettement menace l’avenir du pays»

gackou-confMalick Gackou alerte sur le niveau d’endettement du régime de Macky Sall qui, selon lui, risque d’hypothéquer l’avenir des prochaines générations.

Le président du Grand parti/Suxali Senegaal a enfilé son costume d’économiste en bleu nuit. D’une voix à la fois monocorde et grave, Malick Gackou déroule à l’aide d’une projection les limites de la répartition des 45 milliards de francs Cfa de la Loi de finances rectificative (Lfr) 2016. «86% de nos ressources sont affectés aux dépenses de fonctionnement et de personnel. L’économie souffre de déficit d’infrastructures, de la faiblesse du tissu industriel et d’un faible niveau des investissements dans les secteurs productifs. La productivité de l’agriculture et un secteur informel prédominant méritent une prise en charge avec les principaux vecteurs de notre croissance», a-t-il souligné hier, lors d’une conférence de presse. Très en verve, il s’attaque à la dette extérieure. Son alerte est implacable : «La dette de chaque Sénégalais est actuellement de 500$. Le Sénégal est présenté aux yeux du gouvernement comme un pays extrêmement pauvre, loin de l’émergence. Ce sont les indications du gouvernement de la République du Sénégal. Il est le pays de l’Uemoa dont la dette par habitant excède 500 dollars. Cette situation est d’autant plus alarmante que le taux du Sénégal dépasse de loin celui des pays comme le Mali (35,2%), la Côte d’Ivoire (33%) et le Burkina Faso (32%). La Côte d’Ivoire, malgré la crise qu’elle a vécue ces dernières années, a obtenu un taux de croissance de 10% avec une dette de 38% du Pib. A l’opposé, le Sénégal se targue d’avoir un taux de croissance de 6,5%, mais avec un taux d’endettement de plus de 57%.» A partir de ce constat, le leader du Gp tire une conviction : «Le Sénégal s’endette mal et à un rythme accéléré qui met en péril l’avenir des générations futures… La pression fiscale ne cesse d’augmenter avec 20,3%, dépassant la norme admise qui est de 1%.»

«La Sénégal a pas moins de 162 000 milliards de réserves minières»
A cette situation difficile, le coordonnateur de Mankoo wattu Senegaal, coalition de l’opposition, se dit convaincu que les découvertes du pétrole et du gaz peuvent y apporter des solutions. Selon lui, le pays garde pas moins de «162 000 milliards de réserves minières». Et il en déduit que «chaque famille sénégalaise devrait au moins avoir une richesse de 100 millions de francs Cfa, conformément à la Constitution qui dispose que tout Sénégalais doit profiter pleinement des ressources du pays». Mais aussi, estime-t-il, «chaque famille devrait disposer de 18,5 millions sur les réserves brutes de mines et 77,5 millions sur les réserves brutes de pétrole et de gaz, soit 100 millions par famille».

Gackou sur le statut du chef de l’opposition : «Je n’ai aucune prétention à revendiquer ce titre, mais…»

Le président de la République a indiqué lors de son entretien avec le site Azactu.net qu’il n’est pas responsable du retard de la matérialisation du statut du chef de l’opposition. Face à la presse hier, le leader du Front pour la défense du Sénégal/ (Fds/Mankoo wattu Senegaal) a rétorqué qu’il fallait au préalable fixer les règles qui régissent ce titre. «Il va falloir que la classe politique s’accorde sur cela, soit c’est le candidat qui vient derrière le Président à la suite d’une élection présidentielle, soit c’est le plus grand parti de l’opposition parlementaire», a répondu El Hadji Malick Gackou, interpellé également sur sa position par rapport à ce titre. «Je n’ai aucune prétention à revendiquer le statut du chef de l’opposition parce que nous n’avons pas d’agrégat pour pouvoir matérialiser cela. J’ai beaucoup de respect pour tous les membres de l’opposition du Sénégal qui se battent pour leur pays avec patriotisme, engagement et détermination», a-t-il dit. Le président du Grand parti (Gp) de conclure : «Je souhaite que le Bon Dieu, par sa magnanimité, et les Sénégalais puissent nous faire confiance afin de faire du Grand parti le premier parti du Sénégal lors des prochaines élections.»

bgdiop@lequotidien.sn
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