Mame Libasse Diop, chargé du centenaire de Cambérène : «Cambérène subit une agression culturelle…»

Quelle particularité revêt la célébration du 134e anniversaire de l’Appel de Seydina Limamou Laye ?

La manifestation se passera dans le contexte du centenaire de Cambé­rène. Cambérène est la capitale religieuse des layènes. Car étant créé en 1886 et déplacé en 1814 en son lieu actuel par le fils aîné de Salatu­wasalam. Cambé­rène a 100 ans en 2014. L’Appel est articulé autour d’un thème central qu’est la «zakat». Il y a une Commission scientifique de l’Appel qui est pilotée par le fils du khalife, Baye Gnine Thiaw. Et qui a choisi ce thème. Ils sont en train d’y travailler. L’Appel coïncide avec la célébration de la Journée mondiale du  tabac. Seydina Limamou avait interdit l’utilisation du tabac à Cambérène. 

Au-delà des festivités, quels objectifs visez-vous ?

Sur le plan des valeurs, le centenaire de Cambérène est placé sous la direction du retour des valeurs. Parce qu’on est en face d’un monde qui est en mutation. Les enseignements de Seydina Limamou perpétués par Seydina Issa s’articulent autour de la droiture, de l’hygiène, de la spiritualité, du bon comportement. Aujour­d’hui, il y a une déperdition parce que c’est lié à l’ouverture et à la poussée démographique. Cambérène n’est plus le Cambérène de 1814. C’est la raison pour laquelle, nous jeunes de Cambérène travaillons en ce sens pour qu’il y ait un retour vers les valeurs. Ces valeurs positives. A l’époque tu voyais un layène marcher, tu te dis que celui-là est un   layène. Ça se lisait sur son habillement. Sa façon de parler, sa façon de marcher, son comportement. Aujourd’hui, il y a un métissage. Il y a une agression culturelle. Il y a les médias, les télés, l’internet qui rentrent dans les foyers. Ce qui  fait qu’il  y a une influence négative sur le comportement des jeunes. Et là ça se comprend. Nous sommes à la fin des temps. Il y a cette globalisation et cette mondialisation. C’est normal que les comportements changent. C’est la raison pour laquelle, nous prônons le retour aux valeurs. Il faut que l’on s’ouvre mais  qu’on s’ancre dans nos valeurs. Ce n’est pas facile mais on est en train d’y travailler. A cause de la vie qui est difficile, les parents sont en train de démissionner. Bien qu’étant un statut de ville religieuse. Nous avons les mêmes problèmes que les autres localités. Il y a le chômage, il y a une poussée démographique, nos revenus sont maigres. Cela a une influence plus ou moins négative sur l’éducation.

Sur quoi comptez-vous vous appuyer pour concrétiser ce retour vers les valeurs prônées par le Mahdi ?

On est en train d’y travailler en élaborant un programme. Nous avons des programmes de célébration. Mais également des thés-débats, des causeries. Et nous avons fait un plaidoyer en direction des leaders religieux, d’opinion. Les autorités religieuses, dans leur cadre de concertation, peuvent rappeler aux jeunes, aux adultes, l’enseignement du saint maître pour le retour des valeurs. L’autre élément est que nous sommes en train de travailler avec la commune au niveau de la commission de l’éducation pour qu’au moins les conseils pédagogiques prennent en compte les enseignements de Seydina Limamou Laye en les amorçant dans les classes avec les enfants. Là aussi, c’est un élément pour influencer le comportement de ces jeunes.

  • Écrit par  Amadou MBODJI

amadoumbodji@lequotidien.sn

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