Massacre des «Junglers» de Jammeh, comment Martin Kyere a échappé à l’horreur

Plus de cinquante migrants originaires de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest ont été exécutés sommairement par une unité paramilitaire contrôlée par l’ex-président gambien Yahya Jammeh.  Le Ghanéen  Martin Kyere est le seul survivant de ce massacre qui a fait 55 victimes, tous des migrants qui ont quitté le Sénégal pour se rendre en Europe. Face à la presse, cet après-midi, il a expliqué comment ils se sont retrouvés dans cette situation et comment il a fait pour échapper à cette boucherie orchestrée par les «Junglers» de Jammeh.

« Nous devions partir en Europe, on nous avait dit que c’est un americain qui organisait le voyage, alors on s’est préparés pendant deux mois avant de prendre une embarcation pour rejoindre le bateau avec lequel on devait voyager,  notre intention n’a jamais été de rejoindre Banjul mais l’Europe. Nous rejoignions un bateau de passeurs avec lequel vous avions perdu le contact à cause du réseau qui était mauvais . Vers quatre heures et demie du matin, nous avons envoyé six hommes à Banjul pour joindre le capitaine. Ils ont été immédiatement poursuivis par la police. On nous a prévenu et nous avons accosté à Barra, tout près, vers cinq ou six heures du matin. Là, 25 ou 30 policiers armés nous ont arrêtés et conduits au poste de police. C’est à ce moment que ces policiers et soldats sont venus nous chercher en pointant leurs armes sur nous. Quand ils nous ont emmenés au poste de police, ils ont contrôlé nos identités, vérifié tous les papiers que nous avions sur nous. Certains d’entre nous ont été tabassés, ont perdu leurs dents, étaient attachés les mains dans le dos à moitié nu. Il y avait beaucoup de sang. On nous a pris tout notre argent. Moi, j’avais 1 500 dollars rassemblés par des amis et des membres de la famille pour partir en Europe.

Tout ce que nous savions c’est que nous étions entre les mains de la police et qu’ils avaient le contrôle sur nous. On parle de 200 policiers, militaires ou forces de sécurité. Nous ne connaissions pas la Gambie, nous ne pouvions identifier personne. Au début, on nous a juste fait écrire nos noms. On a pris nos identités, nos empreintes et nos dépositions. Nous avons passé une semaine en détention, à 10 dans une cellule. Dans la mienne, il y avait Lamine Tunkara, un Gambien. Nous dormions sur le sol et on nous dormions sur le sol et on nous donnait à manger chaque après-midi. Nous n’étions jamais interrogés. Nous n’avions aucune idée de ce dont on nous suspectait, il n’y avait aucun signe. Nous pensions qu’on nous détenait simplement parce que nous étions des migrants, ça semblait logique. Après une semaine de détention, nous avons été emmenés au milieu de la nuit. Quinze personnes, dont deux Sénégalais. Nous avons voyagé à bord d’un pick-up blanc, encadrés par trois soldats avec des ceintures de balles en bandoulières et des coutelas. À cet instant, ils nous ont dit que nous allions être libérés.

Mais, rapidement, ils ont enlevé nos chemises et nous ont attachés les mains dans le dos. À un moment, un homme s’est plaint de ses liens qui étaient trop serrés. Un soldat a sorti son coutelas et l’a frappé au niveau de la colonne vertébrale. Le sang a jailli. Un autre homme a pris un coup de machette dans l’épaule, jusqu’à avoir son bras en partie détaché, il y avait beaucoup de sang.

Le pick-up était en route, et on savait qu’on allait mourir, alors on a essayé de défaire nos liens. Je suis parvenu à libérer mes mains. Quand nous sommes arrivés dans j’ai sauté dans des buissons. Les soldats me tiraient dessus, mais j’ai couru sans regarder en arrière. J’ai réussi à me cacher. Un peu plus tard j’ai entendu quelqu’un crier “Que Dieu nous sauve”. Il y a eu de nouveaux coups de feu, puis plus rien. Le pick-up est repassé, il était vide. Il est parti vers la droite, je suis parti vers la gauche. J’ai marché trois jours dans la forêt, puis j’ai trouvé un village. Dés qu’ils m’ont aperçu, ils ont fui parce j’étais habillé en sous vêtement, c’est après que j’ai expliqué ce qui s’est passé à un vieux qui n’a donné du lait et du riz. C’est après que j’ai su que j’étais en Casamance au Sénégal  ».

 

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